par PierreVar » Mardi 29 Mai 2012 2:28
Bonjour à tous,
J'avoue que j'ai du mal à comprendre les subtilités des textes réglementaires, ce qui m'amène à poser les questions suivantes, certains d'entre vous sont beaucoup plus à l'aise que moi avec le domaine juridique et son application :
Même si l'administration, ou disons plutôt : l'administration d'emploi, le comité médical départemental, toutes autres autorités publiques concernées ainsi que les experts mandatés par celles-ci, reconnaissent qu'il y a une invalidité incompatible avec l'activité professionnelle, mais si le taux n'atteint pas 60 % et que l'on est relativement jeune (45-50 ans) avec peu d'annuités, on peut se retrouver réformé sans jouissance immédiate de la pension, aussi faible soit-elle ? Donc sans revenus, ce qui obligerait à demander pour vivre l'allocation pour adulte handicapé (encore un combat, où dans le domaine psy, on peut s'attendre à la suspicion de l'administration et de ses experts).
Dans le lien sur les affections fourni par Bennou, où l'on constate que les maladies psychiatriques ont des taux d'une faiblesse inimaginable, pour chaque type de maladie (psy), on peut lire cette phrase :
"Il convient de différencier clairement, en ce qui concerne trouble X ou Y (par exemple les troubles anxieux, les troubles phobiques, etc.), les troubles névrotiques individualisés et les symptômes névrotiques, ou d’allure névrotique, repérables au sein du tableau d’un autre troubles, dépressif par exemple. Seuls les premiers sont à prendre ne compte dans la présente section. Les seconds sont inclus dans le trouble principal qui est évalué globalement."
Ce qu'il me semble comprendre :
En cas de dépression chronique (dysphorie, dysthymie, ou quel que soit le nom que lui donnent les spécialistes) avec des phases aigües (phases de très grande dépression causant des arrêts de travail), associée à une anxiété chronique avec attaques de panique, une phobie sociale, et des troubles obsessionnels compulsifs, ce sont ces derniers qui peuvent se voir accorder, en théorie, le taux d'invalidité le plus élevé, soit 50 %, donc c'est le taux maximal que l'on peut atteindre si la pathologie principale reconnue est d'ordre obsessionnel, même s'il me semble (mais je ne suis pas médecin), que la pathologie la plus dangereuse pour le patient est la dépression vu le risque de passage à l'acte suicidaire.
Or, les pourcentages d'invalidité ne s'ajoutent pas simplement de façon arithmétique.
Comment atteindre ces 60 % fatidiques "sur la papier". Je dis "sur le papier" par contraste avec la réalité vécue, où n'importe quel médecin qui se respecte et respecte le serment d'Hippocrate accorderait pour l'ensemble des symptômes mentionnés ci-dessus au moins 80 % d'invalidité.
Or, vu les restrictions impitoyables des taux, même si vous êtes pris au sérieux par les experts (en supposant, car bien sûr nous sommes tous des escrocs qui ne veulent plus travailler, n'est-ce-pas ?), ils ne peuvent tout simplement pas vous accorder le taux global qu'ils estimeraient peut-être nécessaire.
D'autre part, est-ce que l'addiction aux médicaments psycho-actifs, certes prescrits dans le but de soigner, peut se voir prise en compte ? Les anxiolytiques sont extrêmement addictifs, avec un danger réel pour la santé physique en cas de sevrage même progressif, mais si on suit cette logique, nous tous qui sommes inscrits sur ce forum pourrions invoquer une addiction involontaire à des substances légales. Après tout, le chapitre concerné s'appelle "Troubles liés à l’utilisation de substances psycho-actives (alcool, opiacés, cocaïne, stimulants, etc.) et autres conduites addictives." Notez bien "et cetera", qui ne limite donc pas la liste à l'alcool et aux drogues illicites.
Alors, peut-on raisonnablement avancer l'argument du remède qui tout en ayant des effets positifs d'un côté, génère de l'invalidité du point de vue de l'addiction ?
Merci d'avance de m'indiquer si j'ai compris correctement, ou ce que j'ai compris de travers, et n'hésitez pas à m'expliquer comme si j'avais dix ans, car hélas mon cerveau ne fonctionne plus comme avant mon accident vasculaire cérébral il y a 6 ans et demi.
Et ça, c'est encore un autre chapitre, je vais en parler maintenant car cela concerne une question d'importance : comment évalue-t-on (si on l'évalue) un taux d'invalidité pour une douleur chronique ?
Alors que j'ai récemment vu un des neurologues qui m'a traité à l'époque de l'AVC, pour avoir son point de vue sur une névralgie cervico-brachiale (NCB) dont je souffre depuis fin janvier 2012, pour laquelle je suis déjà suivi par un rhumatologue, j'en ai profité pour parler de mes soucis psychiatriques, et il m'a répondu, concernant le ralentissement intellectuel et l'aggravation des problèmes psy autrefois "gérables", que ce n'était pas étonnant, car (je le cite) "le processeur marche un peu plus lentement", et la zone lésée est dans l'hémisphère cérébral gauche, dominant chez moi étant droitier, et que les troubles dépressifs étaient souvent une suite des AVC. Or, il me considère sans séquelles car j'avais rapidement récupéré des troubles de la parole et de l'anesthésie de plusieurs zones de la partie droite du corps dont le visage. Sans séquelles, car il me compare à d'autres patients. Bien sûr, je ne vais pas me plaindre de l'évolution qu'a eu l'AVC à l'époque, pour moi-même et par respect pour les patients ayant dû réapprendre à parler, se servir d'un bras et d'une jambe inertes, et autres troubles, mais je ne comprends pas cette réticence à reconnaître officiellement qu'il y a des séquelles, même non visibles. C'est parce que je suis susceptible de mentir, je suppose, comme pour les douleurs névralgiques, je ne dors presque plus, je me demande comment je tiens debout, mais ces douleurs, si jamais elles ne disparaissent pas (dans une NCB, 10 % de risque qu'elles restent chroniques), comment est-ce que je les prouve (bien sûr, j'espère en guérir, mais je ne connais pas le futur) ? Et bien, je ne les prouve pas, c'est sur parole.
Désolé d'être aussi long, mais je voulais évoquer le problème de la crédibilité vis-à -vis du corps médical.