Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
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- cheval-bleme78
- Messages : 65
- Enregistré le : mardi 30 janvier 2007 11:13
Je ne sais pas si cela peut être une chance que d'avoir été en état dépressif. Je comprends le raisonnement qui veut qu'après un gros coup dur surmonté l'on puisse reprendre du poil de la bête, devenir soi-même pour bien mourir. Mais je ne suis pas certain que cela se fasse automatiquement. Faut peut-être concentrer davantage les ressources qu'on a pu laisser sur le côté au cours des difficultés affrontées. A titre personnel, j'pense avoir éprouvé un gros vide après ces dernières. Et voilà que de nouvelles arrivent déjà! Cependant, j'continue quand même à considérer qu'on ne peut pas faire semblant de ne pas savoir, d'être ignorant de soi même quand ça ne va pas (surtout quand ça ne va pas!). Donc la dépression est sûrement instructive, mais on se passerait aisément de ses enseignements au quotidien, surtout quand on a l'impression d'apprendre la même chose....
- mélancolie
- Messages : 87
- Enregistré le : mardi 18 septembre 2007 12:07
dans le mot chance il y a une connotation de bonheur, de joie.
malheureusement, dans la dépression, c'est loin d'être le cas.
tout en comprenant le message que l'on veut faire passer à travers ce mot, il ne me parait pas approprié dans ce cas.
qu'on puisse en retirer un bénéfice, oui. positivité, relativité, philosophie. du moins c'est ce que disent ceux qui s'en sont sortis.
ne plus voir les choses de la même façon, être plus attentif à soi, et donc aux autres, pouvoir envisager l'avenir.
mais il y a des personnes qui sont heureuses sans être passées par la maladie. alors, je suis toujours pas d'accord.
malheureusement, dans la dépression, c'est loin d'être le cas.
tout en comprenant le message que l'on veut faire passer à travers ce mot, il ne me parait pas approprié dans ce cas.
qu'on puisse en retirer un bénéfice, oui. positivité, relativité, philosophie. du moins c'est ce que disent ceux qui s'en sont sortis.
ne plus voir les choses de la même façon, être plus attentif à soi, et donc aux autres, pouvoir envisager l'avenir.
mais il y a des personnes qui sont heureuses sans être passées par la maladie. alors, je suis toujours pas d'accord.
- barbapapa
- Messages : 206
- Enregistré le : vendredi 03 août 2007 11:45
j'ai voté, mais je ne livrerai pas ma réponse: en même temps il ya 100% pour un avis
quand on est dedans, difficile d'imaginer que la dépression est une chance
ma soeur a réussi à positiver cette expérience douloureuse
en ce qui me concerne, j'ai replongé, donc le doute s'est installé
j'espère vraiment en sortir, mais de toute manière je ne peux que regretter d'avoir été dépressif, et de l'être à nouveau
je n'ai pas attendu d'être dépressif pour me remettre en question
la dépression a été destructrice à beaucoup de niveaux, et je traine cette malheureuse expérience comme un boulet
quand on est dedans, difficile d'imaginer que la dépression est une chance
ma soeur a réussi à positiver cette expérience douloureuse
en ce qui me concerne, j'ai replongé, donc le doute s'est installé
j'espère vraiment en sortir, mais de toute manière je ne peux que regretter d'avoir été dépressif, et de l'être à nouveau
je n'ai pas attendu d'être dépressif pour me remettre en question
la dépression a été destructrice à beaucoup de niveaux, et je traine cette malheureuse expérience comme un boulet
- petit elfe
- Messages : 14
- Enregistré le : mardi 09 octobre 2007 21:17
- ella222
- Messages : 47
- Enregistré le : samedi 21 novembre 2009 20:01
La Dépression : une maladie ou une chance
bon au risque d'être incomprise ici, moi j'essaie de voir la dépression comme une chance. Mais je conçois bien que l'on pourrait s'en passer de cette "chance" vu ce qu'elle nous fait souffrir. Je vois à travers ce forum qu'il y a plein de formes différentes de dépression et de causes différentes et que même s'il y a des dépressions qui n'ont pas de cause apparente (parents aimants, pas de difficultés sociales majeures..), c'est globalement le synonyme de vie difficile et malchanceuse. Pour ma part, j'ai réfléchi à cette vision de la dépression (chance/opportunité,c'est d'ailleurs comme ça que me l'aprésenté mon médecin) et elle me parle. Moi, ce qui me fait souffrir, c'est que je ne suis pas en accord avec moi-même, je ne suis pas celle que je voudrais être. J'espère donc ,et j'y travaille, que quand j'en serais capable (encore faut-il ne pas couler et ô combien je comprends que cela puisse arriver...) je serais plus en accord avec moi, plus épanouie et plus heureuse. Pour moi je crois que cela doit passer par la sexualité, je suis en fait encore une petite fille qui fait ce que l'on attend d'elle. Certes les choses tiennent souvent à si peu je trouve mais j'ai envie de me "réengager dans ma vie" comme je le lis parfois. Rien n'est figé,il y a des choses que l'on ne pourra pas changer (dans une plus ou mois forte mesure selon les gens) mais ne cédons pas au fatalisme. J'y crois en tout cas. Reste à voir si je suis toujours du même avis dans 6 mois...
Modifié en dernier par ella222 le mardi 16 février 2010 12:16, modifié 1 fois.
- Lolaa
- Messages : 304
- Enregistré le : mercredi 25 novembre 2009 23:12
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Moi je le vois pas du tout comme une chance.
je ne vois pas ou est la chance dans cette maladie
je dirais plutot que c'est une expérience, qui nous fait comprendre ce que ressente aussi ceux qui en souffre
mais une expérience douloureuse
qui peut nous laisser au bord du chemin
je ne vois pas ou est la chance dans cette maladie
je dirais plutot que c'est une expérience, qui nous fait comprendre ce que ressente aussi ceux qui en souffre
mais une expérience douloureuse
qui peut nous laisser au bord du chemin
- christic
- Messages : 299
- Enregistré le : lundi 02 juillet 2007 16:58
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Une belle saloperie !
-
tilly
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
t'es dépressif? quelle chance tu as!!..
A part peut-être le plaisir de s'en sortir (pour ceux qui s'en sortent), je ne vois pas trop en quoi la dépression pourrait être une chance!.. C'est un fléau plus qu'autre chose
Il est vrai que cela peut apporter une sensibilité particulière, mais parler de chance, j'suis pas d'accord
A part peut-être le plaisir de s'en sortir (pour ceux qui s'en sortent), je ne vois pas trop en quoi la dépression pourrait être une chance!.. C'est un fléau plus qu'autre chose
Il est vrai que cela peut apporter une sensibilité particulière, mais parler de chance, j'suis pas d'accord
- Serguei
- Messages : 242
- Enregistré le : lundi 19 octobre 2009 14:39
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Pour ma part, quand je vois les gens d'ici qui souffrent, j'appelerais pas ca de la chance du tout...
- Evane
- Messages : 120
- Enregistré le : jeudi 31 décembre 2009 1:00
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Une chance d'avoir une idée différente du Monde, des sociétés, des humains, peut-être.
- alival
- Messages : 123
- Enregistré le : mardi 02 février 2010 23:59
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
J'ai longtemps cru que mon divorce était une catastrophe totale, quelque chose dont je ne me remettrais jamais. J'estime aujourd'hui que c'est une chance car il m'a permis de m'ouvrir a un monde que je ne connaissais pas, de me cultiver, de réfléchir au sort des personnes seules, aux problèmes psychologiques et financiers des parents solos, de connaître une deuxième vie...etc
Alors pourquoi pas la même reflexion avec la depression...Je ne parlerais pas de chance bien entendu, mais d'expérience de la vie...
Alors pourquoi pas la même reflexion avec la depression...Je ne parlerais pas de chance bien entendu, mais d'expérience de la vie...
- Luuna
- Messages : 1655
- Enregistré le : samedi 09 février 2008 0:08
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
J'ai été interpellée par cette question polémique et j'ai bien aimé lire vos idées, avis, réactions . Merci de les avoir partagés.
Pour ma part je suis tentée de dire que personnellement ma dépression est une chance de grandir, murir et de m'ouvrir. J'aurais pu vivre ma vie sans questions, sans flamme et sans passions, une vie moyenne par résignation et fatalisme, passée à ressasser ma malchance de victime, des autres, des circonstances, des pertes d'êtres chers.
Mais je suis tombée dans cette souffrance, ce refus de mon être de se contenter de cette vie, cette révolte contre le passé dans une volonté d'affranchissement et de changement.
Je ne dis pas que c'est facile tous les jours mais je le vois comme une renaissance.
Ça me rappelle toujours le nettoyage des prés. Les prés abandonnés sont envahis de ronces, mauvaises herbes, épines. On peut les laisser comme ça, certes ils sont là mais ils ne sont pas utiles. Il faut alors tailler dans le vif et brûler les herbes pour obtenir un terrain plus sain.
C'est douloureux mais je préfère en passer par là que de m'enfoncer dans l'insensibilité par confort. La douleur signifie qu'on est vivant. Le jour où je perds ma sensibilité, aux joies et aux peines, je me serai perdue.
Pour ma part je suis tentée de dire que personnellement ma dépression est une chance de grandir, murir et de m'ouvrir. J'aurais pu vivre ma vie sans questions, sans flamme et sans passions, une vie moyenne par résignation et fatalisme, passée à ressasser ma malchance de victime, des autres, des circonstances, des pertes d'êtres chers.
Mais je suis tombée dans cette souffrance, ce refus de mon être de se contenter de cette vie, cette révolte contre le passé dans une volonté d'affranchissement et de changement.
Je ne dis pas que c'est facile tous les jours mais je le vois comme une renaissance.
Ça me rappelle toujours le nettoyage des prés. Les prés abandonnés sont envahis de ronces, mauvaises herbes, épines. On peut les laisser comme ça, certes ils sont là mais ils ne sont pas utiles. Il faut alors tailler dans le vif et brûler les herbes pour obtenir un terrain plus sain.
C'est douloureux mais je préfère en passer par là que de m'enfoncer dans l'insensibilité par confort. La douleur signifie qu'on est vivant. Le jour où je perds ma sensibilité, aux joies et aux peines, je me serai perdue.
- Mélina
- Messages : 440
- Enregistré le : mardi 01 février 2011 21:08
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Je ne voterai pas. Je ne voterai pas tout simplement parce que c'est le type de questions que je me pose trop souvent, des questions qui au premier abord me semble une voie vers la guérison, et qui ne sont que l'expression de ma propre aliénation, de ma propre incapacité à creuser du côté de l'immédiat, du présent, de mes émotions. Ces questions qui ne font que représenter, répliquer, signifier ma propre aliénation.
Cette question me semble tomber à côté de l'alternative réelle, une façon de contourner le problème.
La dépression n'est ni une chance, ni une malchance. C'est une maladie.
Oui, le mal nous dit ce qu'il faut soigner. Oui, en attendant de trouver, éventuellement ("by chance" ?!), on a mal.
D'un côté, la honte de la maladie. De l'autre, l'opportunité de mieux se connaître, et partant, de s'accepter.
Se dire que la dépression est une chance me fait penser à la résilience: ce concept si dangereux, parce que, galvaudé et schématisé, il a pu conduire certains d'entre nous à mettre en place un personnage qui semble s'en être sorti, tandis qu'au fond, ils ne ressentent que ruines. Je ne jette la pierre à personne, j'en suis moi-même une grande spécialiste.
J'entends bien que dire que c'est une chance, c'est d'abord une façon de dire que la dépression est le signe d'un problème, ce signe nous indique le chemin pour résoudre ce problème. Et c'est vrai.
La dépression est une maladie d'adaptation. Il y a un endroit en chaque dépressif où les choses ne collent pas: il y a inadéquation entre ce que je vis et ce que je voudrais vivre, ce que je suis capable de vivre, mais je n'ai pas les moyens émotionnels de supporter cette inadaptation.
Cette nécessité d'adaptation est constante, tous les êtres humains la vivent, mais tous n'ont pas les mêmes capacités émotionnelles.
Dire c'est une chance, ou une malchance, pour moi, c'est vouloir mettre un mot "fin" à cette histoire de relation avec nous-mêmes, (avec sous-jacente, l'idée de donner un sens "transcendant" à une douleur, tenter de raisonner la maladie. Volonté de maîtrise sur la maladie, alors qu'être guéri c'est parvenir à "laisser faire").
Chance ou malchance, c''est comme vouloir dire "positif" ou "négatif" "bien" ou "mal" à mes yeux. Noir ou blanc. Circonscrire, séparer, juger. Et ce sont justement ces dichotomies, ce désir de séparer, de maîtriser, de juger, à tout prix, qui conduit le dépressif à ne pas laisser faire le flot des émotions, et à en souffrir.
La dépression n'est pas histoire de jugement, de raison ou de croyance, ces choses-là ne sont que le fruit, les conséquences, l'écume, le déguisement conscient, la partie visible de l'iceberg, en dessous, c'est juste une affaire d'émotions.
La vie est changement perpétuel, constant, la vie ne se soucie pas du bien, du mal, du positif, du négatif, de la chance ou de la malchance. Elle est souffrance, puis joie, l'une, pour la plupart d'entre nous, plus courante que l'autre, parce que notre raison a du mal justement à s"adapter à ce flot qui n'a ni transcendance, ni justification, alors que l'être humain est difficilement capable d'appréhender quelque chose sans se poser la question "à quoi ça sert?".
A mes yeux, être guéri de sa dépression, c'est ne plus avoir besoin de dire si c'est une chance ou une malchance.
Etre guéri, c'est peut-être ne plus avoir besoin de donner un sens, parce que je pense que lorsque nous avons enfin accès à nos émotions et à nous-mêmes, ce besoin se dissipe de lui-même. Cette question de chance ou de malchance devient alors caduque, inutile.
Sais pas si je suis claire... là... Tout ça pour dire que, selon moi, il faut tenter de sortir de ce type d'alternative, tenter de voir les choses sous un tout autre angle, un angle selon lequel cette question ne serait plus pertinente.
Cette question me semble tomber à côté de l'alternative réelle, une façon de contourner le problème.
La dépression n'est ni une chance, ni une malchance. C'est une maladie.
Oui, le mal nous dit ce qu'il faut soigner. Oui, en attendant de trouver, éventuellement ("by chance" ?!), on a mal.
D'un côté, la honte de la maladie. De l'autre, l'opportunité de mieux se connaître, et partant, de s'accepter.
Se dire que la dépression est une chance me fait penser à la résilience: ce concept si dangereux, parce que, galvaudé et schématisé, il a pu conduire certains d'entre nous à mettre en place un personnage qui semble s'en être sorti, tandis qu'au fond, ils ne ressentent que ruines. Je ne jette la pierre à personne, j'en suis moi-même une grande spécialiste.
J'entends bien que dire que c'est une chance, c'est d'abord une façon de dire que la dépression est le signe d'un problème, ce signe nous indique le chemin pour résoudre ce problème. Et c'est vrai.
La dépression est une maladie d'adaptation. Il y a un endroit en chaque dépressif où les choses ne collent pas: il y a inadéquation entre ce que je vis et ce que je voudrais vivre, ce que je suis capable de vivre, mais je n'ai pas les moyens émotionnels de supporter cette inadaptation.
Cette nécessité d'adaptation est constante, tous les êtres humains la vivent, mais tous n'ont pas les mêmes capacités émotionnelles.
Dire c'est une chance, ou une malchance, pour moi, c'est vouloir mettre un mot "fin" à cette histoire de relation avec nous-mêmes, (avec sous-jacente, l'idée de donner un sens "transcendant" à une douleur, tenter de raisonner la maladie. Volonté de maîtrise sur la maladie, alors qu'être guéri c'est parvenir à "laisser faire").
Chance ou malchance, c''est comme vouloir dire "positif" ou "négatif" "bien" ou "mal" à mes yeux. Noir ou blanc. Circonscrire, séparer, juger. Et ce sont justement ces dichotomies, ce désir de séparer, de maîtriser, de juger, à tout prix, qui conduit le dépressif à ne pas laisser faire le flot des émotions, et à en souffrir.
La dépression n'est pas histoire de jugement, de raison ou de croyance, ces choses-là ne sont que le fruit, les conséquences, l'écume, le déguisement conscient, la partie visible de l'iceberg, en dessous, c'est juste une affaire d'émotions.
La vie est changement perpétuel, constant, la vie ne se soucie pas du bien, du mal, du positif, du négatif, de la chance ou de la malchance. Elle est souffrance, puis joie, l'une, pour la plupart d'entre nous, plus courante que l'autre, parce que notre raison a du mal justement à s"adapter à ce flot qui n'a ni transcendance, ni justification, alors que l'être humain est difficilement capable d'appréhender quelque chose sans se poser la question "à quoi ça sert?".
A mes yeux, être guéri de sa dépression, c'est ne plus avoir besoin de dire si c'est une chance ou une malchance.
Etre guéri, c'est peut-être ne plus avoir besoin de donner un sens, parce que je pense que lorsque nous avons enfin accès à nos émotions et à nous-mêmes, ce besoin se dissipe de lui-même. Cette question de chance ou de malchance devient alors caduque, inutile.
Sais pas si je suis claire... là... Tout ça pour dire que, selon moi, il faut tenter de sortir de ce type d'alternative, tenter de voir les choses sous un tout autre angle, un angle selon lequel cette question ne serait plus pertinente.
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Diana
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
J'ai lu ce livre et je comprends ta question. Ce n'est qu'aujourd'hui où je dirais en effet que c'est une chance, réelle, une véritable renaissance. Pour plusieurs raisons qui ne sont valables que pour moi.
Mais Mélina a raison, au fond, c'est une maladie. Surtout quand on y est encore dedans.
Oui, pareil, c'est pourquoi j'ai voté oui.Je ne dis pas que c'est facile tous les jours mais je le vois comme une renaissance.
Ça me rappelle toujours le nettoyage des prés. Les prés abandonnés sont envahis de ronces, mauvaises herbes, épines. On peut les laisser comme ça, certes ils sont là mais ils ne sont pas utiles. Il faut alors tailler dans le vif et brûler les herbes pour obtenir un terrain plus sain.
Mais Mélina a raison, au fond, c'est une maladie. Surtout quand on y est encore dedans.
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vassia
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Mon frère s'est suicidé:il avait donc la chance d'être déprimé.
Un de mes amis a fait de même;même chance donc.
Et moi aussi j'ai la chance d'avoir cette même chance:-fantastique!
Bref,j'en suis heureux.
Je viens de relire des passages de "suicide,[citation retirée : hors charte]" téléchargé un jour de chance.
Un de mes amis a fait de même;même chance donc.
Et moi aussi j'ai la chance d'avoir cette même chance:-fantastique!
Bref,j'en suis heureux.
Je viens de relire des passages de "suicide,[citation retirée : hors charte]" téléchargé un jour de chance.
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l-opulence-2-la-nuit
- Messages : 10
- Enregistré le : mardi 21 juin 2011 15:12
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
La dépression,...nous rend en bout de course plus sensibles ? empathiques ? prêts à profiter de chaque détail du monde ? à comprendre l'importance de la vie ? ... Peut être que c'est un +. Mais au final j'envie plutôt ceux qui, peut être un peu moins sensibles (ce n'est pas une généralité, bien sûr qu'il y a des non dépressifs qui sont sensibles), moins empathiques, moins attentifs aux détails de l'existence...vivent au lieu d'attendre de vivre, vivent sans se poser des questions épuisantes...
Non, une chance, je ne vois pas trop.
Non, une chance, je ne vois pas trop.
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vassia
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Quand votre enfant se sera suicidé,direz-vous qu'il a manqué sa chance??
- Mélina
- Messages : 440
- Enregistré le : mardi 01 février 2011 21:08
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Assez d'accord avec toi, Vassia. Cette question m'avait quelque peu choquée lorsque je l'avais lue. Je comprends bien le cheminement intellectuel qui peut faire émerger une telle interrogation.
Je comprends aussi le besoin de donner du sens à ce qui n'en a pas eu. Et chacun a bien le droit de le faire à sa façon. Aucune n'est plus vraie que l'autre à mes yeux. L'important, c'est que ça marche.
Cependant, non seulement je trouve que cette question pose les choses de façon très schématique et erronée. Mais encore, je la trouve dangereuse. Précisons que je n'adhère à aucune croyance religieuse. Ce qui ne m'empêche d'avoir mes repères, mes croyances, mes valeurs.
La dépression est une maladie,de fait.
Oui, une fois que les choses ont repris du sens, une fois qu'on est sorti de la dépression, il se peut effectivement que certaines personnes aient, au travers de celle-ci, "compris" ou "accepté" certaines choses qu'elles n'avaient pas comprises ou acceptées. Mais cette question est maladroite, elle fait croire à une alternative là où il n'y en a pas.
Est-ce qu'une maladie est une chance? Je ne crois pas. Une maladie est un état qui handicape, qui fait souffrir. La souffrance n'est jamais une chance, quoiqu'on en dise. Et puis "la chance", c'est à mes yeux mettre de la mystique, de la transcendance, là où il n'y en a pas. Un peu comme on a longtemps affirmé que la souffrance de l'accouchement était normale et nécessaire, que ça faisait du bien en soi. C'est toujours mieux de souffrir. Ca galvanise, ça grandit au sens moral, ça colle du sens sur des choses qui n'en ont pas forcément, ça regonfle un petit peu le "moi" tant affaibli par des mois, voire des années de souffrance. Ca colle une vérité là où il n'y en a fondamentalement pas. C'est rassurant.
Donner un sens transcendant à nos émotions dévastatrices, à nos états d'errance. Histoire que tout cela n'ait pas eu lieu "pour rien". Parce que nous avons besoin de croire que les choses ont lieu "pour quelque chose", qu'elles ont un but, un sens, une finalité. Les choses ont une origine, mais je ne crois pas qu'elles aient une finalité compréhensible par l'humain. La vie, ses joies, ses souffrances ne se déploient que pour elles-mêmes et en elles-mêmes, la vie comprend dans son déploiement sa propre limité. Au-delà, le néant. Contingence indépassable, quoi qu'on fasse.
Et puis le côté "méthode Coué" m'agace un peu. Je m'écroule, c'est ma chance. J'ai mal, c'est ma chance. Sans compter la "méritocratie" qui véhicule de façon pernicieuse ses valeurs: si tu as traversé une dépression, et que tu n'as pas su en tirer les fruits, c'est que tu n'as pas su "saisir" ta chance.
Dangereux comme pensée, pour un dépressif, une bonne raison de désespérer davantage: même parmi les dépressifs, s'il ne saisit pas sa chance, il fait partie des cas désespérés et désespérants. Un banni parmi les bannis.
La dépression est une maladie. Dont on guérit dans la très grande majorité des cas. Car la dépression, au sens strict, est dans la plupart des cas une maladie transitoire. Comme tout vécu il peut nous apprendre des choses, une fois qu'il fait partie du passé. Une fois qu'il est véritablement révolu. Mais c'est aussi une maladie dont on meurt. C'est tout ce qu'on peut en dire.
Le moteur de nos existences, ce sont les émotions, l'affection, nos désirs. Sans eux, tracé plat. Ni croyance, ni projet, ni valeur. La dépression est la maladie qui nous rend incapables de les voir, de les connaître, de les ressentir ou de les supporter. En sortir, c'est redevenir capables de le faire, de vivre.
Il y a quelques années, j'ai eu un accident. Je n'ai jamais considéré comme une chance le fait d'avoir réappris à marcher. Je n'ai jamais considéré comme une chance de n'avoir pu le faire pendant plusieurs mois. Je n'ai jamais considéré comme une chance le fait d'avoir dû réapprendre ce que je savais faire avant. Ou alors, ça voudrait dire qu'avant je ne savais pas le faire. Ce qui est faux.
Avant ma dépression, je savais vivre. Avant mon accident, je savais marcher. J'ai des séquelles, des deux. J'apprends à les accepter. J'ai appris des choses, au travers de ces deux vécus. C'est un fait. Le bilan est contradictoire, contrasté, ambivalent, instable. Comme la vie, après tout.
Je comprends aussi le besoin de donner du sens à ce qui n'en a pas eu. Et chacun a bien le droit de le faire à sa façon. Aucune n'est plus vraie que l'autre à mes yeux. L'important, c'est que ça marche.
Cependant, non seulement je trouve que cette question pose les choses de façon très schématique et erronée. Mais encore, je la trouve dangereuse. Précisons que je n'adhère à aucune croyance religieuse. Ce qui ne m'empêche d'avoir mes repères, mes croyances, mes valeurs.
La dépression est une maladie,de fait.
Oui, une fois que les choses ont repris du sens, une fois qu'on est sorti de la dépression, il se peut effectivement que certaines personnes aient, au travers de celle-ci, "compris" ou "accepté" certaines choses qu'elles n'avaient pas comprises ou acceptées. Mais cette question est maladroite, elle fait croire à une alternative là où il n'y en a pas.
Est-ce qu'une maladie est une chance? Je ne crois pas. Une maladie est un état qui handicape, qui fait souffrir. La souffrance n'est jamais une chance, quoiqu'on en dise. Et puis "la chance", c'est à mes yeux mettre de la mystique, de la transcendance, là où il n'y en a pas. Un peu comme on a longtemps affirmé que la souffrance de l'accouchement était normale et nécessaire, que ça faisait du bien en soi. C'est toujours mieux de souffrir. Ca galvanise, ça grandit au sens moral, ça colle du sens sur des choses qui n'en ont pas forcément, ça regonfle un petit peu le "moi" tant affaibli par des mois, voire des années de souffrance. Ca colle une vérité là où il n'y en a fondamentalement pas. C'est rassurant.
Donner un sens transcendant à nos émotions dévastatrices, à nos états d'errance. Histoire que tout cela n'ait pas eu lieu "pour rien". Parce que nous avons besoin de croire que les choses ont lieu "pour quelque chose", qu'elles ont un but, un sens, une finalité. Les choses ont une origine, mais je ne crois pas qu'elles aient une finalité compréhensible par l'humain. La vie, ses joies, ses souffrances ne se déploient que pour elles-mêmes et en elles-mêmes, la vie comprend dans son déploiement sa propre limité. Au-delà, le néant. Contingence indépassable, quoi qu'on fasse.
Et puis le côté "méthode Coué" m'agace un peu. Je m'écroule, c'est ma chance. J'ai mal, c'est ma chance. Sans compter la "méritocratie" qui véhicule de façon pernicieuse ses valeurs: si tu as traversé une dépression, et que tu n'as pas su en tirer les fruits, c'est que tu n'as pas su "saisir" ta chance.
Dangereux comme pensée, pour un dépressif, une bonne raison de désespérer davantage: même parmi les dépressifs, s'il ne saisit pas sa chance, il fait partie des cas désespérés et désespérants. Un banni parmi les bannis.
La dépression est une maladie. Dont on guérit dans la très grande majorité des cas. Car la dépression, au sens strict, est dans la plupart des cas une maladie transitoire. Comme tout vécu il peut nous apprendre des choses, une fois qu'il fait partie du passé. Une fois qu'il est véritablement révolu. Mais c'est aussi une maladie dont on meurt. C'est tout ce qu'on peut en dire.
Le moteur de nos existences, ce sont les émotions, l'affection, nos désirs. Sans eux, tracé plat. Ni croyance, ni projet, ni valeur. La dépression est la maladie qui nous rend incapables de les voir, de les connaître, de les ressentir ou de les supporter. En sortir, c'est redevenir capables de le faire, de vivre.
Il y a quelques années, j'ai eu un accident. Je n'ai jamais considéré comme une chance le fait d'avoir réappris à marcher. Je n'ai jamais considéré comme une chance de n'avoir pu le faire pendant plusieurs mois. Je n'ai jamais considéré comme une chance le fait d'avoir dû réapprendre ce que je savais faire avant. Ou alors, ça voudrait dire qu'avant je ne savais pas le faire. Ce qui est faux.
Avant ma dépression, je savais vivre. Avant mon accident, je savais marcher. J'ai des séquelles, des deux. J'apprends à les accepter. J'ai appris des choses, au travers de ces deux vécus. C'est un fait. Le bilan est contradictoire, contrasté, ambivalent, instable. Comme la vie, après tout.
-
vassia
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
merci,Melina,pour ta belle réflexion.Cependant, non seulement je trouve que cette question pose les choses de façon très schématique et erronée. Mais encore, je la trouve dangereuse.
Une maladie est un état qui handicape, qui fait souffrir. La souffrance n'est jamais une chance, quoiqu'on en dise. Et puis "la chance", c'est à mes yeux mettre de la mystique, de la transcendance, là où il n'y en a pas.
Sans compter la "méritocratie" qui véhicule de façon pernicieuse ses valeurs: si tu as traversé une dépression, et que tu n'as pas su en tirer les fruits, c'est que tu n'as pas su "saisir" ta chance.
Dangereux comme pensée, pour un dépressif, une bonne raison de désespérer davantage: même parmi les dépressifs, s'il ne saisit pas sa chance, il fait partie des cas désespérés et désespérants. Un banni parmi les bannis.
La dépression est une maladie. ......Mais c'est aussi une maladie dont on meurt. C'est tout ce qu'on peut en dire.
J'espère que d'autres en tireront profit.
Quant à moi je n'ai pas osé exprimer ma répugnance pour cette question,et le dégoût qu'elle provoque chez moi,non,je laisse tomber,mais j'insiste auprès de la personne qui l'a posée:peut-elle dire et dira-t-elle après le suicide de son enfant-son garçon de 16 ans disons,ou sa fille,de dix-sept ans- qu'il/elle n'a pas pu saisir sa chance ?
Il me semble important que celui qui entrevoit une notion salvatrice dans la dépression réponde à ma question,non pas à moi bien entendu mais à lui-même.
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vassia
Sondage : La Dépression : une maladie ou une chance
Et puis cela n'a pas d'importance dans la mesure où cela se termine mal la plupart du temps .
C'est une question pour ceux qui n'ont pas d'obsessions suicidaires...
C'est une question pour ceux qui n'ont pas d'obsessions suicidaires...
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