de Mélina » Mardi 07 Février 2012 10:30
Bonjour Caramel,
Oui, pas toujours facile à digérer les infos, je reconnais.
et le plus terrible des médias à cet égard est la télévision avec son pouvoir de dramatisation, sa capacité à charger les informations d'émotion que n'ont pas les autres médias, perçus de façon plus froide, parce qu'ils ne "donnent pas à voir". La télévision met en scène l'information et donne la sensation d'avoir un accès direct au vécu de l'autre. En cela, elle a un pouvoir immense.
Et comme le disait Unlui, il y a un très gros risque d'identification-collusion pour les personnes fragilisées que nous sommes entre nos ressentis et ceux induits par les scènes montrées et les informations données.
Cela dit, la dimension anxiogène des informations jouent pour tout le monde (les journalistes n'annoncent souvent que les mauvaises nouvelles, parce qu' "un train qui arrive à l'heure, c'est pas une info!" -quoique... par moments...-). Lorsque j'étais en formation de journaliste, presque toutes les personnes de ma promotion ont fait à un moment ou un autre une sorte de dépression, plus ou moins importante selon les personnes, par overdose d'informations négatives. Nos formateurs nous ont expliqué que c'était un phénomène très courant chez les apprentis journalistes.
A chaque fois, ils nous conseillaient de rester chez nous une semaine, et de nous couper de toute source d'information.
Après, je dois dire qu'on s'habitue à gérer ce genre de choses. On manie plus facilement l'ironie, on relativise. Même si on n'est jamais à l'abri de se prendre un coup de grisou dans le coeur.
A contrario, je dois dire que cette dimension émotionnelle est aussi quelque chose que beaucoup de journalistes recherchent, pas tellement dans le fait de l'exagérer pour le public, finalement (même si certains médias manipulent volontairement l'information avec un énorme cynisme), que dans le fait de la ressentir. Beaucoup de journalistes aiment travailler sur les sujets où leurs propres émotions sont impliquées. Même si c'est pas toujours très malin quand on veut préserver sa stabilité intérieure... Bref.
J'espère en tout cas que tu as réussi à te vider quelque peu la tête, et à éloigner de toi ces nouvelles anxiogènes. Et que tu restes le plus possible au chaud, à faire des choses qui te font plaisir, ou à ne rien du tout, si tel, justement, est ton plaisir. Je t'embrasse.