Tendances aux addictions ~ Humeurs instables et mal-être persistant

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Marie-Lune
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Tendances aux addictions ~ Humeurs instables et mal-être persistant

Message par Marie-Lune » mardi 07 août 2018 14:07

Bonjour à toutes et à tous,

Je ne sais pas trop si je suis dans la bonne section du forum afin d'aborder le sujet qui me préoccupe, à vrai dire j'ai hésité entre plusieurs mais celle-ci m'a semblé la plus adaptée. S'agissant de mon premier post sur le forum (hors présentation), il risque d'être un peu long dans la mesure où je vais avoir besoin de détailler un peu les raisons qui m'amènent ici. Je vais essayer de synthétiser au maximum :smile: .

Pour résumer un peu mon parcours : j'ai à l'adolescence, à partir de mes 13 ans, vécu une série de déceptions/ruptures amicales et amoureuses qui ont exacerbé des difficultés relationnelles (latentes) et auxquelles j'ai réagi par un épisode de dépression majeur, des automutilations et une période d'anorexie restrictive qui a duré 3/4 ans, marquée par une TS alors que j'étais en cours d’hospitalisation. Mes parents alertés par le collège où j'étais alors scolarisée, j'ai rapidement été engagée dans un suivi dans la Maison des adolescents de ma ville, puis en hospitalisation, 3 mois dans une unité psychiatrique, 3 mois en pédiatrie, puis 1 an et demi en pédiatrie puis à la Maison de Solenn (MDS) à Paris. Après mon hospitalisation à la MDS, j'avais acquis une autonomie sur le plan de l'alimentation, bien qu'encore difficile, j'étais néanmoins capable de manger suffisamment et correctement pour reprendre ma scolarité alors interrompue par mon hospitalisation. J'avais également repris confiance en mes compétences sociales, soutenue ensuite au lycée par des ami.e.s fantastiques et une grande bienveillance de la part des personnels de mon lycée qui m'ont aidé à reprendre pied dans la vie et de retrouver ces instants de bonheur dont je ne pensais jamais pouvoir profiter à nouveau. J'ai alors 16/17 ans, et je poursuis un suivi en ambulatoire dans un CATTP (Centre d'Accueil Thérapeutique en Temps Partiel) afin de s'assurer que la reprise se passe bien et de faire le point régulièrement au niveau de mon traitement (je suis alors sous anti-dépresseur depuis environ 2 ans).
Ces trois années de lycée ont été salvatrices et il m'a semblé être sortie d'affaire, sur tous les plans, psychique comme physique. J'ai arrêté les suivis et les traitements dans cette période.

Ont suivis trois années d'études supérieures (en licence) où cependant j'ai eu l'occasion d'être confrontée de nouveau à ce mal-être que je pensais loin de moi et qui a plusieurs égards ont confirmé ma fragilité face à des difficultés relationnelles que je qualifierais de communes, dans le sens où nous sommes tous susceptibles d'y être confronté dans notre vie. Je quitte alors ma ville d'origine pour entrer à la fac, dans un cadre où je ne me suis pas sentie très épanouie d'un point de vue amical, tous les liens que j'ai pu construire m'ont semblé être du "tout venant". En parallèle, j'ai sans doute chercher à compenser un sentiment de solitude (et à profiter de ma vie seule, sans mes parents) en courant après l'amour. J'ai rencontré quelques personnes avec qui l'aventure fût brève, la dernière en date ayant précipité sa fin en Février dernier par la disparition (entendue comme l'absence de nouvelles et non pas un décès) pure et simple de la personne avec qui j'étais alors. Je ne sais toujours pas ce qu'est devenue cette personne aujourd'hui et son souvenir est encore très prégnant dans mon esprit, j'en étais (suis encore ?) très amoureuse.

Ayant obtenu ma licence, cette période se termine et a été marquée par un "retour" à la dépression, bien que plus modérée par rapport à ce que j'avais vécu dans mon adolescence. Les symptômes de la dépression m'ont paru évidents (manque de motivation, perte de confiance en moi et les autres, dévalorisation, idées suicidaires, pleurs, désespoir, etc ...). Au plus mal de cet état et craignant de faire une bêtise, j'ai fait appel aux urgences psychiatriques il y a environ un an et demi et depuis ai repris un suivi auprès de psychiatres et quelques mois après ai complété le suivi avec une prise en charge auprès d'une psychologue en addictologie, dans la mesure où mes consommations d'alcool et de cannabis étaient devenues quotidiennes depuis un an et demi, générant chez moi des inquiétudes.

Aujourd'hui, le suivi est interrompu en raison d'un déménagement lié à ma poursuite d'études - il reprendra à partir de la rentrée - et je suis toujours sous anti-dépresseurs ainsi que sous anxiolytiques en "si besoin". Je suis parvenue à être abstinente à l'alcool depuis 12 jours maintenant, la consommation de cannabis restant quotidienne.
Ce qui me préoccupe depuis quelques temps maintenant, c'est l'instabilité de mon humeur, qui peut passer du "rien ne va" à "tout va bien" dans la même journée, sans qu'il y ait toujours un facteur déclenchant identifiable à ces moments de mal-être. Mes consommations pèsent dans la balance, c'est certain, mais après un an et demi de suivi et de traitement, après le parcours qui a été le mien, j'ai le sentiment de ne pas avancer (bien que rationnellement je sais que j'ai progressé et que mon niveau de souffrance a été bien supérieur auparavant) et que ce qui a été la cause de mon premier épisode dépressif (que j'identifie comme les déceptions relationnelles que j'ai vécues) a toujours un impact aussi fort sur ma santé mentale. Bien que j'aie suffisamment de ressources pour me prendre en charge et sois capable de prendre du recul, les moments où "rien ne va" sont très douloureux, favorisent les ruminations, les idées noires, et me donnent le sentiment d'être en proie en permanence à une souffrance dont je ne comprends pas toujours l'origine ou bien que les moments heureux ne parviennent pas à rendre moins aiguë. Par ailleurs, mes consommations me semblent être une stratégie d'évitement néfaste qui s'inscrit en continuité avec mon anorexie passée et me portent à croire que mon fonctionnement mental m'oriente encore vers l’autodestruction, que j'ai encore pas mal de nœuds à y démêler mais que toutes ces années de suivi n'ont pas semblé m'aider à y parvenir.

Cette situation est source de fatigue et de grandes inquiétudes. Mon déménagement à venir, encore un peu plus loin de mes proches, la construction de nouveaux repères dans un lieu de vie inconnu, la crainte de ne pas parvenir à tisser des liens satisfaisants avec les personnes que je vais rencontrer et de ne pas me plaire dans cette ville nouvelle, ne m'aident pas à envisager ce changement de façon positive (une occasion de renouveau), mais me le font envisager davantage sous l'angle de la perte (perte de repères, perte du dynamisme de la ville que je quitte, éloignement de mes proches, etc ...).

Je m'excuse pour ces longueurs, je ne suis pas la reine du raccourci :sue: .

Je souhaitais savoir si parmi vous, quelqu'un.e avait pu expérimenter ce genre d'état oscillant entre souffrance et "état normal" (être en capacité d'identifier et de profiter des bons moments / ne pas être en souffrance), éventuellement en lien avec des addictions, une dépendance relationnelle, et/ou ce sentiment de ne pas parvenir à avancer malgré un suivi régulier et le soutien apporté par les traitements ?

Je vous remercie d'avance pour votre lecture et pour votre éventuelle réponse.

Très bonne journée à vous :smile: .


clémentine
Messages : 191
Enregistré le : dimanche 08 avril 2012 17:41

Tendances aux addictions ~ Humeurs instables et mal-être persistant

Message par clémentine » samedi 18 août 2018 11:10

Marie-Lune a écrit :
mardi 07 août 2018 14:07
ma fragilité face à des difficultés relationnelles que je qualifierais de communes, dans le sens où nous sommes tous susceptibles d'y être confronté dans notre vie. :smile: .
Hello !
Oui...

Le travail désir-manque (souffrance), besoin je le travaille en psychanalyse et m'intéresse énormément. J'ai aussi eu auparavant 1 thérapie de soutien et une psychothérapie qui m'ont apporté énormément.
Et je me suis étendue aussi, :smile: il est vrai que tes questions me sont extrêmement intéressantes. En réalité, nos problèmes de mal-être concernent tout le monde. L'impression d'écrire un journal où l'amour de soi est en jeu (donc avec les autres) et où tout le monde peut répondre.
Et ici nous sommes dans un forum spécialisé dans la dépression.

J'ai 63 ans.
Pour la longueur, ne t'k pas, c'est que ça te fait du bien tu te délivres tel on peut le faire avec un psy sauf que nous ne sommes pas des psys.
Très dépendante du lien avec le tabac et certains humains. On peut dire que j'ai été très longtemps addict. :fleur:
J'ai eu des accès importants de dépression et un peu d'hypomanies, j'ai reçu le diagnostic de trouble bipolaire il y a très longtemps(dans les années 80) .

Et je commence à bien "contrôler" l' aspect nicotine (par cig. électronique, où j'en prends de temps à autre, en très petites quantité, les cig. étant vraiment trop nocives et me font vomir) et l'aspect relationnel que je travaille.
Un peu comme boire un verre de bon vin rouge ou 1 apéritif de temps à autre, ou 1 gâteau . Aimer, désir de vivre, ne pas me faire de mal.

Je n'ai plus de périodes de dépression-manie depuis 12 ans et j'avance bien dans le travail de la dépendance.
Le seul produit addictif que j'ai vraiment arrêté c'est celui du cannabis auquel je n'ai pas touché depuis près de 30 ans, par choix car c'est dangereux et que je n'en éprouve vraiment aucun besoin, désir ou manque.
Pour les angoisses. Je crois qu'on en garde à dose raisonnable, tous, tout au long de notre vie, enfin, moins. Le truc, c'est de devenir autonome, j'attends encore la séparation d'avec ma psy qui se rapproche.
Quand on est très, même relationnel, dépendant, l'entourage relationnel est à revoir profondément même si la dépendance est inévitable dans une juste mesure alors.
Essaie de voir sur youtube des notions de biologie et l'avancée des neurosciences à ce sujet. :smile:
Bonne suite avec un psy et un addictologue.

Tu crois que tu n'as pas avancé. :rire2: Cependant aurais-tu écris ce témoignage il y a quelques mois ? Je suis prête à parier que non.

:vague: :mur:

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