Je n'assume plus ma prise de poids apres l'anorexie

Les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA), Prises/Pertes de Poids dans le cadre de la Dépression.
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Miet
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Je n'assume plus ma prise de poids apres l'anorexie

Message par Miet » lundi 15 août 2016 19:14

Pourquoi je vais replonger

J'ai fumé. Et je me sens créative. Peut-être à tort, je sais pas.

Je me sens mal dans ce corps engraissé. Je m'en veux terriblement d'avoir repris du poids à la clinique, et je n'ai qu'une idée en tête : le reperdre …

Je veux me laisser bercer par la douce voix de l'anorexie, ne pas me débattre, me laisser couler. On pourrait croire que je connais la suite : perte de poids, faiblesse, crises de boulimie, idées suicidaires, hospitalisation, reprise de poids, dépression.

Mais je ne me laisserai pas faire. Je ne céderai plus. Je vais tenir bon. Perdre du poids une bonne fois pour toute et ne plus jamais le reprendre. Je vise les 48 kg. Comme avant. 16 d'IMC.

Je ne retournerai pas à l'hôpital. Je dois relire ce texte si j'en ai envie pour m'en empêcher. Je ne céderai pas. Je ne reprendrais pas de poids. J'ai au bas mot 12 kg à perdre. C'est largement faisable, j'ai fait pire … Et je sais que jusqu'à 52 kg c'est facile, après ça se corse et il me faudra une volonté de fer pour ne pas relâcher mes efforts, pour ne pas craquer sur les crises de boulimie, qu'il faudra suivre strictement le régime entamé et toutes les sortes de restriction, y compris les sollicitations extérieures de la vie sociale. Ne pas écouter les soignants, rester obstinément dans l'anorexie. Malgré la souffrance …

Je vais commencer l'hopital de jour de Nantes en septembre. Ils vont me suivre de près. Quand ils verront que je perds du poids sans fin, ils vont vouloir m'hospitaliser. Il faudra être forte. Éventuellement accepter, mais ne rien concéder, rester dans la même ligne de conduite malgré leurs efforts pour m'en détourner. C'est moi qui ai raison, je dois rester maigre, je ne dois pas les écouter. Ca a été trop dur la dernière fois que je suis sortie, je ne revivrai pas ça. Même si le groupe 1 est dur à vivre, je devrais rester ferme avec moi-même et ne pas accepter de remanger ou de prendre du poids. Ca ne va pas être facile de leur tenir tête. Il faudra relire ce texte pour rester forte.

Où ça me mène ? Je n'en sais rien, mais j'ai une raison de vivre pour plusieurs mois : perdre du poids ...

(j'ai posté ça dans ma galerie aussi, mais c'est plutot là que ça a sa place ...)
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Message par Miet » jeudi 20 octobre 2016 15:16

Je ne sais pas trop où j'en suis aujourd'hui ...
Je pèse toujours 60 kilos, et les crises de boulimie ont fait leur retour avant même que j'entame une perte de poids.
Je me trouve grasse et dégueulasse, surtout après avoir mangé quand le ventre est tout tendu. J'avale des quantités astronomiques de nourriture, que je ne vomis pas, je me demande sérieusement comment mon poids peut être stable malgré ces crises (de boulimie ? d'hyperphagie ? je ne fais pas bien la différence, je sais juste que je mange bien au delà de ma faim pour ne plus me sentir vide) ...

J'ai commencé l’hôpital de jour, mais ça me remet un peu le nez dans le caca ... L'impression que je n'y suis légitime que si j'ai des TCA. Parfois, je ne sais plus bien faire la différence de ce que je contrôle et de ce qui m'échappe. Les crises de bouffe, c'est juste l'horreur.
J'alterne avec des périodes où je mange un peu moins, mais qui ne durent jamais. Je ne suis pas non plus strictement dans la restriction alimentaire. Je n'arrive simplement pas à trouver un juste milieu. Et ça me fait mal, je ne sais même plus manger ...

Mon corps ne me plait pas. Est-ce qu'il m'a plu à un moment donné ? Est-ce que je ne dois pas plutôt faire un travail sur l'acceptation de ce corps actuel plutôt que de m'évertuer à reperdre du poids ?

J'y travaille à l'hôpital de jour, sur l'atelier couture, à visualiser mon corps sur le mètre de couturière, à voir que j'ai un corps de femme et plus de petite fille mais que c'est normal à 28 ans. Mais malgré ça, l'envie de perdre du poids reste très présente.

Je mange aussi vraiment n'importe comment. Je ne fais plus vraiment de vrais repas. Je mange sans m'arrêter quand je pense avoir faim, peu importe l'heure. Donc là, ma grande résolution, c'est de refaire de la cuisine, passer du temps à la préparation des repas pour me régaler en dehors des crises, manger des quantités plus raisonnables (mais j'ai vraiment besoin d'aide pour ça, je ne sais plus ce qu'est une assiettée normale, c'est dingue quand même), et à heure fixe, manger plus de légumes et moins de féculents (pas pour perdre du poids, mais juste pour faire le plein de nutriments qui me manquent à force de bouffer des pâtes à chaque repas).

Et puis, il faudrait que j'arrive à être claire avec mon infirmière référente de l’hôpital de jour. Arriver à lui dire ce qui est compliqué pour moi. Les derniers rendez-vous, j'ai parlé du retour des crises, mais il faut que je parle de la question du regard que je porte sur mon corps. Je pense que tant que ça sera problématique, je ne serais pas guérie des TCA. 5 ans que ça dure quand même. Et j'en ai ras le bol. Mais pourtant ... j'ai toujours aussi peur de guérir ...
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Message par Miet » mercredi 26 octobre 2016 12:06

Reportage sur l'anorexie diffusé sur Arte. "Chère anorexie"
Pas encore vu, c'est prévu pour cet aprem. Mais je fais confiance à Arte pour traiter ce sujet sans voyeurisme.
Je vous partage le lien :

lien HS.

Je ne sais pas combien de temps il sera visionnable par contre. (on devrait pouvoir le trouver sur youtube par la suite)
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Je n'assume plus ma prise de poids apres l'anorexie

Message par Miet » mardi 28 novembre 2017 12:27

Une étape que je franchis en ce moment : j'arrive à poser un regard critique (et sincère) sur ma période d'anorexie. Pas sur toute les années, mais uniquement sur l'année 2013 que j'ai passé presque exclusivement à l'hôpital entre 13 et 16 d'IMC, anorexie sévère.

J'ai gardé mes dossiers médicaux, et je ne peux m'empêcher de les relire quand j'ai le blues. Je sais pas ce que je cherche, peut-être à me rappeler mes pensées de l'époque (j'écrivais peu à l'hôpital, comme si mon cerveau sous alimenté n'avait même plus la créativité pour survivre), ou bien à me donner une raison de replonger ? Ou de ne pas replonger ?

J'ai vraiment été très loin dans mon anorexie, même si dans un coin de ma tête, il y aura toujours la pensée "je pesais encore trop". Mais je veux dire, loin dans la confrontation avec les soignants, puisqu'elle n'avait pas lieu avec ma famille du fait de mon âge (ou bien que mes parents s'en foutaient, j'en sais rien - je suis mauvaise langue là, ça les a forcément inquiété, mais on vivait loin les uns des autres et j'avais plus ou moins coupé les ponts avec eux, par honte de mon corps que je percevais toujours comme trop gros).

J'avais appris à poser la sonde seule. Mais du coup, je savais aussi l'enlever. Ce que je faisais régulièrement quand j'étais chez moi pour pouvoir faire mes crises. Ce que j'ai fait à l'HP quand je ne me nourrissais presque plus (franchement, quand je relis les comptes rendus d'hospit où les infirmières notent ce que je mange à chaque repas, je me demande comment je pouvais tenir).

Je devais passer une poche de 500 kcal la nuit. Au début ça allait, mais quand j'ai été pesée, j'ai baissé les bras et demandé à l'arrêter. Le psy remplaçant m'a dit que je pouvais arrêter. Puis comme j'ai continué à ne rien manger, je me suis retrouvée en chambre d'isolement avec la sonde dans la journée. Je l'arrachais, ou bien je bidouillais la pompe pour que ça passe moins vite (je ne supportais pas de voir les calories défiler sur la machine). Alors on m'a passé la sonde sous contention ...

La nuit, je passais la poche en 4h. Puis comme ça me saoulait, j'avais envoyé un mail au diet de la nutrition entérale qui m'avait dit ok pour 2h. Donc quand je suis retournée en chambre d'isolement, j'ai aussi voulu la passer sur 2h pour en être débarrassée (on la passait en journée, et j'avais le droit de sortir dans l'unité après le passage de la poche). Mais là, je sais pas, le diet avait du communiquer avec la psychiatre, ça n'apparaît pas dans le dossier médical, et d'un coup on m'a exigé que la poche passe sur 6h, et comme j'arrachais toujours la sonde, je devais passer la poche sous contention. 6h sur un matelas avec rehausseur et contentions mains pieds et ventrales. Le supplice. J'ai trouvé ça très très violent. Mais les soignants devaient trouver que ce que je m'infligeais était violent et qu'eux tentaient juste de me sauver la vie. Mais je ne pouvais pas l'entendre.

Le jour où la psychiatre m'a annoncé que vu mon état de maigreur et le peu de prise alimentaire, on allait devoir me passer 3 poches par jour, en plus avec fibres donc à 750 kcal chacune, ça a été la goutte d'eau. Lors de la première poche à 750 kcal, où je n'étais plus sous contention, j'ai prévenu l'équipe que je n'allais pas y arriver. Je les ai alerté plusieurs fois sur mon mal être, mais ils m'ont laissé seule en chambre d'isolement.

J'ai cassé la nutripompe, ai arraché la sonde, et avec le réhausseur, j'ai explosé le judas de la porte, j'ai recueilli les bouts de verre et je me suis scarifiée. Contentions, piqûres etc. Mais j'ai eu la chance d'avoir une psychiatre intelligente qui m'a sorti de la chambre d'isolement le lendemain, et puisqu'il n'y avait pas d'autre nutripompe dans l'hôpital, m'a laissé tranquille avec ça. Elle a demandé mon transfert dans une unité spécialisée et un séjour de rupture de 10 jours chez ma maman.

J'ai peu de souvenirs du séjour de rupture. J'avais la sonde à domicile je crois. J'ai le souvenir d'une crise de boulimie là-bas sans vomissement provoqué, mais quand ma mère a rebranché la sonde, j'ai tout rendu ... J'aimerai en reparler avec ma maman, mais je n'ai pas non plus envie de la replonger dans ces années de souffrance.

Lors de la réhospitalisation dans le service en attendant la place dans l'unité spécialisée, ça a été l'enfer parce que j'étais en proie à la boulimie. J'avais le droit de sortir du service. J'allais à la boulangerie, je commandais des dizaines et des dizaines de crêpes englouties en cachette chaque après-midi. A la supérette, j'achetais du fromage. Il fallait tout manger d'un coup parce que je ne pouvais rien ramener à l'hôpital, j'avais trop peur de me faire surprendre avec de la nourriture, trop honte de mon comportement pour en parler. J'avais peur aussi qu'on me prive des sorties dans le parc, qui étaient devenues vitales pour moi après ces mois d'enfermement. J'aurai du en parler avec les soignants, mais je n'y arrivais pas.

En plus, je devais assister aux repas alors que j'avais le ventre tout gonflé (je ne me faisais pas vomir, les toilettes collectives étaient vraiment trop dégueux pour ça), où je me gavais de pain le plus discrètement possible. J'ai pris 3kg en 8 jours. Je ne l'ai su qu'a posteriori en lisant mon dossier. J'avais pris conscience de ma maigreur et elle me faisait peur. J'étais dans une chambre seule avec un miroir au dessus du lavabo, alors que jusque là j'avais été dans une chambre à trois ou en chambre d'isolement. J'ai passé une demi-journée à me regarder dans le miroir et à pleurer de ne pas avoir vu plus tôt à quel point j'étais devenue maigre, et horriblement moche. J'avais peur de ne plus pouvoir me faire confiance puisque j'étais devenue aveugle à cette maigreur, et que si mon cerveau avait pu me berner sur ça, comment je pouvais me faire à nouveau confiance ?

J'ai demandé une permission chez moi. Mon copain est venu me chercher et je ne lui ai pas adressé un mot. J'ai fait une crise de boulimie énorme chez moi, je suis aujourd'hui incapable de me rappeler si je me suis faite vomir ou pas. J'ai pris la boite où je rassemblais des médocs, de quoi fumer, et peut-être de quoi refaire une crise à l'hôpital, je ne sais plus. J'ai tenté de me suicider le soir même, intoxication médicamenteuse et phlébotomie. Je ne dois ma survie qu'à l'instinct d'une infirmière qui a avancé sa ronde de nuit d'une heure et qui m'a découverte dans une flaque de sang.

Je sais pas pourquoi j'ai besoin d'écrire tout ça aujourd'hui. Ça me travaille beaucoup ces derniers jours.
Je m'en veux d'avoir traversé tout ça, pourquoi j'ai eu besoin de m'infliger tant de violence ?

Je vis toujours avec cette culpabilité de l'anorexie. Parce que ça ne m'a pas entrainé petit à petit, malgré moi, lors d'un régime qui aurait mal tourné. Non, un soir, j'ai décidé que j'allais perdre du poids en me faisant vomir, après avoir lu une dizaine de bouquins sur l'anorexie, en me disant sciemment, je vais plonger dans l'anorexie. C'était un choix, réfléchi. Et je ne me comprends pas, et je m'en veux terriblement.

La suite m'a échappée, c'est certain. J'ai perdu très vite énormément de poids. J'étais fière de moi que ça marche. Et puis les crises de boulimie sont entrées dans ma vie, et c'est uniquement pour ça que j'ai voulu consulter. Sans ça, je ne serai jamais allée voir un spécialiste pour lui parler de mon anorexie, parce qu'elle ne me posait absolument aucun problème. Mais c'est devenu hors contrôle. Je ne pensais pas du tout, quand j'ai commencé, que j'en arriverai à ces extrêmes.

Et je crois, parmi les choses qui me font souffrir aujourd'hui, en plus de la culpabilité, c'est de n'avoir gardé aucun souvenir de mon corps d'alors. Vu que je ne me voyais pas maigre. Vu que j'étais à l'hôpital en pyjama bleu ample et que je n'avais même pas le repère des fringues pour me voir maigrir. J'ai deux photos de mon visage alors que je devais être à +1 ou 2kg de mon poids le plus bas. On voit le haut de mon torse, mes épaules, une partie de mes bras, et donc mon visage. Je suis maigrissime, mais j'ai mis énormément de temps à le voir, je veux dire, même après, quand j'ai repris du poids et que je regardais les photos sur mon téléphone, je ne m'y voyais pas maigre.

J'avais besoin de poster ça ici, comme un récap' de mes années de cauchemars, pour me souvenir de ne jamais y retourner, bien que la tentation me guette de temps à autre ...
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Lililune
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Je n'assume plus ma prise de poids apres l'anorexie

Message par Lililune » lundi 25 décembre 2017 18:31

Bonjour Miet,
C'est étrange comme ça fait "du bien" de lire quelqu'un qui a traversé beaucoup de difficultés similaires aux miennes.
Je parle évidemment de l'anorexie, de cette reprise de poids que l'on maîtrise tellement mal.. Voire pas du tout en ce qui me concerne.
Je ancienne anorexique, mais nouvelle sur ce forum, enfin, "ancienne" car je n'ai plus le poids d'une anorexique, mais ma relation à la nourriture est toujours, je pense, celle d'une malade. Je profite donc de ce sujet pour me présenter un peu en espérant que l'on pourra échanger un peu et même s'aider, soyons optimistes!
J'ai 28 ans et je suis tombée dans l'anorexie à 24. Je n'étais pas en surpoids, je devais être aux alentours des 60kilos, mais des remarques, de mes amies, puis de ma famille m'ont rendues mal à l'aise avec mon corps. Je suis partie étudier à l'étranger pendant un an, et là, je me suis mise à faire très attention à ce que je mangeais, repas identiques du lundi au vendredi, mais colocataires hallucinaient de me voir manger matin midi et soir la même chose : le trio gagnant, salade, betterave et tranche de pain de mie. Les weekends, festifs, très festifs (erasmus oblige!) étaient consacrés presque uniquement à de grandes beuveries, et c'était pour moi le moment de relachement total, boulimie sur boulimie, je ne pensais qu'à manger, vider les placards de la cuisine, dévaliser les épiceries nocturnes, commander pour douze dans les fast food... J'ai honte rien que d'y repenser, je sais que mon comportement mettait les gens mal à l'aise, ou peut être qu'ils ne le remarquaient pas forcément, je ne sais pas vraiment. En tous cas, je suis tombée dans ce cercle vicieux, privation la semaine, je n'attendais qu'une seule chose, il n'y avait que ça qui me donnait le sourire : penser au weekend d'orgie qui m'attendait. J'ai perdu beaucoup de poids, si je me souviens bien j'étais à 47kilos pour 1m74.
Quand je rentrée en France, j'ai dû habiter seule pour mes études, et là j'ai continué le même schéma, lorsque j'étais seule, je ne mangeais plus rien (pomme ou purée de courgette, parfois les deux, pour le fun!) et je me réservais pour les soirées entre "amis" ou en famille. Et dans ces moments là, ORGIE. Mon entourage a compris que j'étais malade, mais je faisais comme si tout était normal.
Je n'ai jamais eu de crises de boulimie seule, j'étais d'une rigueur parfaite. En fait, et c'est là que je sais être toujours perturbée, je ne peux pas passer un moment entourée de gens sans me gaver. Voir des gens sans être attablée m'est insupportable, je ne peux parler que la bouche pleine. Que ce soit avec des amis (enfin, mon anorexie m'a éloignée de beaucoup d'entre eux), ma famille ou des relations professionnelles, je ne pense qu'à manger.
Quand je suis descendue à 38kilos, j'ai commencé à avoir des problèmes aux articulations, notamment au genou, je ne peux plus courir, et ma mère n'a plus voulu rentrer dans mon jeu, ou j'acceptais de reprendre du poids, ou c'était l'hospitalisation. Je suis restée enfermée chez moi, j'ai recommencé à grossir, je ne sortais plus (donc plus de crises de boulimie, je ne voyais plus personne). Je suis remontée à 49, j'étais bien, mais j'ai fini mes études et j'ai habiter en colocation avec une amie, ma vie sociale a recommencé et mes crises de boulimie avec. Sauf que je ne pouvais plus me priver la semaine, je n'y arrive plus.

Depuis je ne m'arrête plus de grossir. Je suis actuellement à 56kilos, (4 kilos en un mois), à cause de ces crises que je ne sais (peux?) plus compenser.
Je déteste ce corps, Miet je te comprends tellement... je regarde ces photos de ma période "maigre" (il n'y en a pas beaucoup..), et je regrette ces cuisses filiformes, ces bras... Je ne veux pas faire l'apologie de la maigreur, mais je ne m'aime pas, moi, avec ces kilos.

Je me suis décidée à écrire ici, parce que hier, encore, j'ai mangé jusqu'à explosion, je n'ai fait que ça, pour pouvoir me sentir exister au milieu de tout le monde, le soir de Noel, je me suis prise des reflexions sur ma boulimie, mais cela ne m'a pas empêché de manger en continu, jusqu'à 2h du matin, chocolats, puis fromage, puis chocolat à nouveau, puis ces bouts de pain qui trainent sur la table, oh et le reste de saumon là dans la cuisine, pour moi, pour moi!

Voilà, boulimique mais plus anorexique, jusqu'où est-ce que va monter mon poids? Est-ce qu'un jour je pourrais juste apprécier un moment avec des personnes sans m'empiffrer? Juste partager un moment sans être obligée de partager de la bouffe? Mon psychiatre me disait qu'en remangeant normalement, qu'en remontant mon IMC je n'aurais plus de crises.
Faux.
Par contre, vivre seule, isolée, ça oui, ça les supprimerait, mes crises.

J'aimerais me relire mais j'ai peur de tout effacer, je me sens ridicule d'écrire tout ça alors que certains membres de ce forum ont un passé bien plus douloureux que le mien.

Je vais continuer de parcourir ce forum et de vous lire, et je vous souhaite à tous de bonnes fêtes, malgré tout.

rainbow1
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Je n'assume plus ma prise de poids apres l'anorexie

Message par rainbow1 » jeudi 11 janvier 2018 18:11

bonsoir ma belle, je n aurais pas laissé le mois de Janvier passé sans te formuler tous mes meilleurs voeux d amour, de réussite mais surtout une meilleure santé. J e t embrasse bien fort et courage pour ton combat. Bisous tendres :love1: :bisous1:


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