Quand Ana devient Hana

Les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA), Prises/Pertes de Poids dans le cadre de la Dépression.
Règles du forum

:fle: Avant d'ouvrir un nouveau sujet dans cette partie du forum, pensez à utiliser Les moteurs de recherche du forum.
:fle: Un point bleu s’affiche devant les messages sans réponse Image
Répondre
Yu l'otarie
Messages : 4
Enregistré le : vendredi 29 avril 2016 0:34

Quand Ana devient Hana

Message par Yu l'otarie » samedi 21 mai 2016 13:53

Il y a une semaine, je me promenais avec une amie du côté de Bastille. Alors que nous nous apprêtions à traverser un passage piéton une vision du passé a surgit pour toutes les deux. Une jeune fille, squelettique se tenait à côté de nous. Je me suis sentie mal, très mal. J'ai cru que j'allais m'évanouir. Je ne pouvais poser mon regard sur elle sans avoir un profond sentiment de malaise «  Elle va mourir …. » .

Depuis des années, je lutte contre l'anorexie. Cela n'a pas toujours était facile. Parfois, ses vieux démons reviennent me hanter. Je suis bien loin de l'époque des 35kg, aujourd'hui je me suis stabilisée à 42 . A une époque, j'étais en surpoids : 60KG pour mon mètre quarante neuf. C'était vers mes 17 ans. C'est à ce moment que j'ai commencé à sombrer. Je ne me sentais pas belle et mal dans ma peau. Avec le recul, je pense que la vision stéréotypée de la femme a joué. J'étais très influençable. Les remarques de mes camarades et de ma famille pourtant anodines me faisaient mal. J'ai commencé par me limité, puis je suis descendue à 400 calories par jour. L'enfer a commencé.
Je ne me contrôlais plus j'éprouvais le besoin de gérer à tout prix mon alimentation. Pour un gramme de trop dans mon assiette je pleurais, j'hurlais. Mes parents étaient désemparés.
La nuit, pour parler des horreurs concrètes de l'anorexie, je me réveillais. La faim m'obnubilait Je tremblais, j'avais mal partout. Ma tête était comme dans un étau. Parfois, même, je saignais du nez.
Je descendais, je prenais une pomme la coupé en quart et en manger un seul. D'autre fois, comme en transe, je me réveillais devant le placard à goûter avec quelques cadavres de twix ou autres.
Au début, j'étais fière de ma perte de poids. 50Kg super ! ; 45 génial ! Mais ça n'était jamais assez…. J'ai commencé à cacher ses pertes en portant des vêtements amples. Cela n'a leurré personne.
Un jour, alors que j'étais en prépa, nous étions à la cantine. Je ne mangeais pas. Un de mes amis m'a attrapé et m'a fait sortir de l'établissement. Il semblait fou de rage. Il m'a emmené chez lui et a découvert mes bras. Il a m'a dit calmement : «  Tu sais, même si vu ton poids ton cercueil sera pas lourd à porter, j'ai pas franchement envie de le faire ».
J'ai eu un déclic. Je ne sais pas pourquoi mais à partir de cet instant j'ai lutté contre cette maladie.
J'ai repris peu à peu du poids et par là même goût à la vie.

Ana devient Hana. Je me souviens avoir longtemps parcouru les sites pro-ana pour trouver des conseils afin de tenir et maigrir plus vite. Même dans mon état leur discours me donnait la gerbe.
Cette personnification de l'anorexie était vomitive et endoctrinante.
Ana de par son A- signifie la privation, la négation. Il me allait trouver son exact contraire pour survire. Hana est alors venu dans mon esprit. Hana veut dire fleur de cerisier. Il ne s'agit pas ici de mort, mais de renaissance. L'exact opposé d'Ana.

Aujourd'hui, je ne cherche plus à maigrir mais à grossir. L'adolescence et son ingratitude s'étant estompée, j'ai désormais mon corps de femme. Hélas pour moi, j'ai hérité de deux morphologies très fines. Ma mère d'origine hongroise a toujours était très fine ( ah ces filles de l'est ….) et mes italiennes de cousines et de tantes côté paternel le sont aussi.
Je sais que 42 kg cela peut paraître peu. Mais j'ai vu beaucoup de médecin et nutritionniste. Ils ont tous été de prime abord choqué en constatant mon poids. Puis ils ont pris la circonférence de mes os, au niveau des poignets et des chevilles et m'ont demandé comment étaient les femmes dans ma famille. Le constat fut sans appel. Je ne suis pas dans la norme niveau taille /poids IMC.
J'ai beau manger comme un cochon je ne grossis plus. L'explication de mes 60kg à 17 ans serait purement hormonal.
Aujourd'hui, je suis prof et j'entends souvent des gamines se plaindre de leur poids. Cela me fait mal au coeur. Certaines, au lycée, m'ont même demandé des conseils …. Je sais que je ne suis pas censée leur répondre mais je ne peux pas m'en empêcher. Je leur dis toujours que cela dépend de la physionomie de chacun, qu'elles ne sont pas grosses, que c'est normal à leur âge. J'essaie de les rassurer sur elle même et fait preuve de beaucoup d'autodérision envers moi même et mes jeans Taille 12 ans. Il en va de même pour mes amies quand elles complexent. La taille de jeans ne veut rien dire. Je suis fine mais pas rachitique, j'ai des formes.

La mode de la minceur extrême me répugne. Quand j'entends parler de Thingape et autres conneries, j'exulte. Il y a de très belle femme ronde. Pour moi, elles n'ont pas à dire qu'elles s'assument ce serait encore se justifier. Encore une fois, tous dépends du gabarit, de la physionomie de chacune.
L'anorexie est un miroir déformé. Elle s'est que fausseté. La croire c'est tomber dans son piège.
Le plus dure aujourd'hui, finalement ce sont les commentaires des gens sur mon poids.
Parfois, j'ai honte d'être mince. J'ai l'impression de froisser certaines personnes juste par ma présence. On me demande quelle est ma taille de jean, je réponds naïvement et les commentaires fusent. «  Mais mettre du 12 ans à ton âge, ça n'est pas normal ! » . J'en suis profondément gênée.
Que devons nous faire à la fin ? Trop ronde, on nous juge, trop fine de même !
Tant que la rondeur n'est pas de l'obésité, tant que la minceur n'est pas de la maigreur, qu'importe la taille ou le poids : ( avérés médicalement dans les deux cas!). Ce ne sont que des données, elles ne nous constituent pas ! Il faut impérativement que les gens cessent de rester campés sur les préjugés et les idées reçues. Cela conduit à bien trop d'extrême !

C'est pourquoi, même si je demeure fragile et que l'anorexie est toujours là tapis dans l'ombre, j'ai choisi l'autodérision.
En tant que professionnel de l’éducation, je me dois également de protéger les enfants. Je trouve qu'hélas trop peu le font. Encore aujourd'hui ces troubles que sont boulimies et anorexies sont mécompris du grand public. Être passée par là m'aide à le voir chez les autres. Ma marge de manœuvre est faible, je ne peux que conseiller et envoyer vers l'infirmière scolaire. Je ne dois pas m'impliquer. Ce serait dangereux. Même si parfois j'ai envie de leur dire qu'elles peuvent s'en sortir, que ça n'est pas une fatalité, que je suis parvenue….. Je ne peux pas. Il s'agirait d'un aveu de faiblesse.
Au delà de tout cela ce qui me pose soucis, c'est ce problème d'identification qu'ont les enfants et les adolescents. J'essaie de la briser mais je n'y parviens pas. Et ça me fait peur quand j'en entends certaines dans les couloirs dirent qu'elles aimeraient me ressembler ….
On en revient encore à ce problème de l'archétype de la femme, de cette femme objeifiée.
Femme mince, avec des formes, femme exigée. Je ne sais plus comment expliquer au gens que cet idéal est stupide. On ne me prends jamais au sérieux. On me rit au nez, me répondant que je ne peux pas comprendre.
Et quand je vois ces filles qui font l'apologie de la minceur, qui prétendent que cela est facile…. Mais bon sang non ! Nous ne sommes qu'une minorité à avoir cette physionomie. Malgré ce que l'on veut nous faire croire, elle n'est PAS la norme !
Preuve en est , trouver des vêtements à ma taille est une galère. On trouve bien plus des 36,38 ou 40 !
Le comportement de notre société est skizophréne d'un côté on exige cette pseudo norme et de l'autre on la fustige, on la traque.

Le pire constat que j'ai pu faire, encore une fois, est chez nos adolescents. Les moqueries concernant le poids sont terribles. Je me rends compte avec le recul de la souffrance qu'elles peuvent engendrées et des dégâts qu'elles peuvent causer. Mais, rien n'est fait pour palier à cela.
Comment faire comprendre aux gens qu'une personne obèse n'y peut pas grand-chose ?
Je me souviens encore d'une amie d'enfance qui déjà a trois ans était en surpoids et l'est toujours aujourd'hui. Elle n'y pouvait rien, elle avait un problème et stockait les graisses de manière démentielle. A partir de la primaire, elle n'est plus beaucoup venue en cours. Elle souffrait trop des regards des parents et des commentaires des enfants. Elle est devenue phobique scolaire.
Rien n'a été fait pour l'aider. Les gens avaient en tête le stéréotype de l'obèse fainéant …..
Les troubles alimentaires ne sont pas toujours déterminés par l'entourage et ce que je viens de développer.Cependant, en agissant sur tous cela on pourrait peut être en empêcher un certains nombres.
Désolée pour ce long message, mais j'en avais besoin. J'ai toujours l'impression quand je parle de cela qu'on ne me prend pas au sérieux. Comme si j'étais malvenue de parler à ce sujet.
J'aimerai que les filles et les garçons en souffrance dû aux troubles alimentaires soient impactés par ce message. Même un tant soit peu. On peut se sortir de cette spirale infernale. On peut dompter ces troubles, vivre avec et apprendre à lutter contre. Je le fais tous les jours. J'ai des rechutes mais jusqu'à lors, j'ai réussi à remonter.

Courage à vous ….


Avatar du membre
Archaos
Fondateur/Administrateur
Messages : 18729
Enregistré le : mardi 06 juin 2006 21:20

Quand Ana devient Hana

Message par Archaos » samedi 21 mai 2016 23:31

Merci pour ton témoignage Hana :zenzen:
Accueillez de temps en temps les nouveaux membres qui prennent la peine de se présenter dans l'entrée.
Une question ? La réponse se trouve probablement ici : Charte , FAQ, Guide du forum.

Avatar du membre
Onagre
Messages : 2357
Enregistré le : dimanche 22 février 2009 21:56

Quand Ana devient Hana

Message par Onagre » dimanche 22 mai 2016 12:54

Je t'ai lue avec beaucoup d'émotion, merci Yu pour ton témoignage :zenzen:
Hello darkness, my old friend...
Salon

Avatar du membre
Détachement
K2r
Messages : 10159
Enregistré le : samedi 12 janvier 2013 15:47
Localisation : Ohm, sweet Ohm

Quand Ana devient Hana

Message par Détachement » samedi 11 juin 2016 10:02

:bye: et Merci Yu pour ton témoignage.
Il m'a touchée et inspirée. Je suis désolée, j'en profite pour m'exprimer aussi. Je me retrouve beaucoup dans ce témoignage. (Désolée, je n'y vais pas de main morte, mais je parlerai de "maîgreur" et de "grosseur" parce que j'en ai assez de devoir me sentir génée et je ne suis pas le genre à y aller avec le dos de la cuiller quand quelque chose m'énerve)
Et cela, bien que je ne sois pas atteinte d'annorexie mentale (ou alors une forme mentale peu ordinaire que j'ignore) je suis "atteinte de maîgreur" ... Subie. Je n'ai jamais voullu être maîgre et je le suis aujourd'hui à cause de problèmes de santé.

De morphologie, j'ai toujours été fine, mais je me souviens que j'avais un imc normal à 17 ans, sûrement dû aux hormones aussi.

Le skin bashing ça existe aussi malheureusement. Merci à toi de le rappeler.

La jalousie est une sorte d'amour-haine qui peut faire bien mal. Je me sens régulièrement humiliée pour mon poids en présence de femmes donc j'évite de manger en leur présence, si je mange quelque chose de gras c'est "fais attention à ta silouette moi j'aimerais te ressembler alors ne te laisse pas aller" je pense très fort "mais qui es-tu ? Ma mère ? Mon corps m'appartiens".
Ou alors je me sens bien seule quand les filles (surtout les "bien faites" selon les standards actuels) parlent de régime ... Donc j'ai peu d'amies féminines. Toutes les discussions tournent autour de leur poids (ou de leur nombril) ou des remarques génées du genre "tu n'es pas très en poids" mais je préfère me faire entendre dire que je suis "maîgre" car c'est ce que je suis malheureusement et hop, on passe à autre chose.

Je ne marquerai ni mon poids ni ma taille pour éviter quoi que ce soit, mais je n'ai pas un poids santé et j'en ai bien conscience car je vois bien mon corps tel qu'il est.
À l'époque, j'ai eu un nutri pour m'aider à gagner du poids ( je rêve du corps de mes 17 ans) mais aussi et surtout car ce poids me met en danger. Il me disait qu'il était très difficile de reprendre du poids. Je n'ai pas pu continuer, faute d'argent mais aussi parce que la secrétaire fine et bien faite se permettait de me poser trop de questions du genre "mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne veux pas maigrir donc tu n'as pas besoin de consulter. Et regarde ta taille, qui de sain d'esprit consulterait pour ça ?". Une secrétaire médicale avec des vrais diplômes aurait plutôt pensé à ma santé, mais passons. Puisque je ne veux pas maîgrir alors ma maîgreur n'est pas mortelle ... Mais oui ...

Je porte également des vêtements amples car je trouve que la maîgreur n'est pas esthétique mais aussi parce que ça froisse les gens ... J'ai l'impression que ma présence est vexante et que je dois me censurer partout (c'est pour ça qu'ici, je me lâche :rire2: ).

Dès que j'entends des jeunes filles avec des corps pimpants de santé déclarant qu'elles veullent perdre 15 kg, j'ai du mal à m'empêcher d'aller leur en parler mais je le fais car je ne suis ni institutrice, ni un professionnel soignant, ni un psy, ni leur mère, ni leur frère, ni rien : je suis personne.
Alors je trouve que ce n'est pas indécent de ta part de tenter de leur répondre, avec objectivité, d'une manière "saine" et de tenter de le faire avec beaucoup de recul.

J'ai déjà essayé d'en parler à ma grande soeur de 32 ans qui est anorexique mentale (pourtant niveau morpho de base, on est fins dans la famille mais lors de l'anorexie, il y a toujours plus à perdre). Et dans ces moments-là, ça me fait mal quand elle dit devant mon mec qu'elle voudrait me ressembler ... Je ne peux rien lui dire. Si elle savait tous les soucis de santé qu'entraînent la maîgreur ... Et combien je me détestais et me répugnais. Et elle me dit que je suis mal placée pour la conseiller car :
1) je n'ai jamais été atteinte d'anorexie mentale donc je ne pourrais pas comprendre et je n'ai pas le droit de parler
2) car je serai plus maîgre qu'elle (c'est faux, on est presque pareilles, elle est à peine plus formée que moi, et j'ai même plus de fesses :rire2: )
Mais tout ça n'a rien à voir. Je me dis finallement que je ne peux peut-être pas la comprendre et qu'elle ne veut peut-être pas que je la comprenne. Elle ne comprend pas que je veuille prendre du poids, pour ma santé (non non non ... quelqu'un de maîgre est "toujours en santé" pfff ... :rire2: ) mais aussi esthétiquement.

Enfin, je n'en peux plus de " tu te fais vomir ?" (Alors que je suis "vomitophobe" :rire1: ) "tu manges que des salades" (alors que je mange souvent des cochonneries justement pour grossir). Toute fille maîgre n'est pas forcément une "fille qui se fait gerber" et toute fille grosse n'est pas forcément une "fille qui se gave".

Outre l'instrumentalisation du corps, c'est le fait d'attribuer des modes de vie et des comportements rien qu'à notre silouette qui me choque. Parce qu'il n'est pas seulement question de nous considérer comme une coquille, il est aussi question de nous attribuer une personne qu'on n'est pas.
Cette société est bien triste.

Si je pouvais conseiller quelque chose, c'est d'éviter de personnifier ses troubles alimentaires (même ses troubles tout court) ça n'a jamais aidé et on ne se définit pas par ça. Cela entretient la personna mais on en oublie sa propre personne.

Pour oublier ces vexations, je suis une reine en autodérision un peu pour faire comprendre à ces personnes-là que j'en aj rien à f**tre et qu'il y a des choses plus intéressantes dans la vie.
Ma maîgreur je la trouvais déjà moche mais je passais au dessus mais là, elle m'est devenue carrément un complexe à cause du "skin bashing". (Et d'ailleurs, je ch.. aussi sur le bashing tout court avec les magazines à la c.. Du genre "regardez les vergetures de cette star").

J'essaie de faire en sorte que ça me passe au dessus.
Pardon du pavé, mais cette société à la c.. m'exaspère ... on ne peut pas laisser les gros et les maîgres en paix ? Leur apporter les soins nécessaires si besoin et basta ? Et changer les couvertures à la c.. des magasines féminins à la c.. (Ah ben mince, ça va ensemble :rire2: et il n'y a pas que les femmes qui sont atteintes de ces troubles malheureusement. J'ai l'impression que les hommes, on les laisse dans leur m... )
C'est vrai que cette schizophrénie de la société c'est lourd, mais ça fait des siècles qu'on se dirige sur un modèle manichéen à la noix. Et c'est complêtement stupide de faire d'un trait physiologique une communauté, un choix de vie, etc.

Bon j'ai peut être été maladroite sur ce sujet, tout ça, tout ça ... Mais je vois bien que ça emmerde tout le monde.

Je voudrais te dire que tu dois continuer à aller vers le mieux être et essayer de te détacher le plus possible de tout cela, on vaux toutes et tous mieux que ça.
Merci de ton témoignage et prend soin de toi :fleur:
"Partenaire quotidien de votre linge"
"Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir" - Sénèque.
Mon salon
Pages de garde 30/10/18

Avatar du membre
Onagre
Messages : 2357
Enregistré le : dimanche 22 février 2009 21:56

Quand Ana devient Hana

Message par Onagre » dimanche 12 juin 2016 11:00

Effectivement le body-shaming est un fléau, et il est bon de rappeler que les personnes maigres sont autant attaquées que les personnes grosses.
C'est effarant cette lubie de "basher" les gens sur n'importe quel prétexte, comme tu dis Déta ça va des vergetures aux cheveux considérés mal coiffés, en passant par le slut-shaming qui m'énerve également au plus haut point.

Chacun devrait être libre de disposer de son propre corps et de sa propre image.
Hello darkness, my old friend...
Salon


Répondre
  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message