Coup de gueule sur la psychiatrie en France

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ami1
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Coup de gueule sur la psychiatrie en France

Message par ami1 » mercredi 13 février 2019 17:32

Bonjour à tous,

je voudrais pousser un coup de gueule sur l'état de la psychiatrie en France.
C'est vraiment le parent pauvre de la médecine alors que tant de vies sont en jeu, tant de gens souffrent (les malades, mais les proches aussi).

Pourquoi si peu de moyens, pourquoi si peu de recherches ? En plus les labos ont tellement d'argent à se faire mais les médicaments évoluent moins vite que la plus lente des limaces. Je suis diagnostiqué par défaut (ce qui ne veut rien dire en médecine) bipolaire parce que le lithium (à dose énorme) m'aurait aidé à sortir d'énormes crises d'angoisses et d'une dépression mélancolique ! Mais je n'ai jamais déclenché les symptômes de bipolarité... A part une grosse dépression peut-être.

On me file une grosse dose de deroxat par-dessus sans explication médicale et voilà que je me retrouve dans un état de fatigue chronique, avec des somnolences et incapable de faire du sport donc bien gros avec effets médocs et sédentarité. C'est pas une vie ça.

Je souhaite vraiment partager avec vous sur ce ressenti par rapport à la psychiatrie et échanger avec vous sur les thérapies, la toute puissance des médicaments chimiques, vos expériences quoi !

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Laynaris
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Coup de gueule sur la psychiatrie en France

Message par Laynaris » vendredi 08 mars 2019 15:48

N'hésite pas à changer de psychiatre ou demander un second avis, et demander des explications sur ton traitement. C'est important, si tu avais une autre maladie grave, tu demanderais aussi des explications / un second avis !

Quant à l'état de la psychiatrie en France, je ne suis pas experte, mais oui, de la bouche même de ma psychiatre, il paraît que c'est une catastrophe.
En tout cas les a priori sur la santé mentale sont encore énormes en France ; c'est un sujet hyper tabou, et ça joue peut-être sur le délaissement de ce secteur.
Je traine de temps à autres sur des forums US et il semble y avoir beaucoup moins de stigmatisation des mentales mentales, et les relations avec les médecins semblent plus franches et moins paternalistes. Bon après eux le problème c'est leur absence de système de santé, ce qui fait qu'ils peuvent se retrouver ruinés par leur traitement, que ce soit médicaments ou psychothérapie !...
En parlant médicaments, je crois que les labos seraient bien contents de trouver de nouvelles molécules vu l'épidémie de dépression dans les pays occidentaux, mais vu qu'on est toujours pas sûrs de savoir comment marchent exactement les médocs actuels qui ont 30ans ou plus... :tourne: (et je crois que pour le lithium c'est le cas aussi ? enfin bon, c'est le cas pour un truc aussi bête que le doliprane : on ne sait pas comment/pourquoi il fait baisser la fièvre, alors on est pas sortis de l'auberge :rire2: )

Pour revenir à ton post, n'hésite pas aussi à tester différentes approches si ce n'est pas déjà fait. Perso j'ai testé plusieurs compléments alimentaires, différentes thérapies, hypnose, méditation... Bon dans mon cas ça ne suffit pas, mais ça peut aider ponctuellement !
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Sheol
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Coup de gueule sur la psychiatrie en France

Message par Sheol » mardi 12 mars 2019 19:28

Tu déplores un manque de moyens en psychiatrie, mais est-ce que la psychiatrie, ce n'est pas en quelque sorte le dernier recours ?
Ne vaudrait-il pas mieux développer toutes les approches alternatives : écoute, prise en charge sociale, psychologique, réseaux de soutien, etc ... ?

Enfin c'est personnel, mais il y a quelques chose qui me gène dans le constat qu'il faudrait palier à certains manque chimiques de l'individu avec donc des compléments chimiques. Bon évidemment, chez les véritables psychotiques et les bipolaires lourds, c'est sans doute indispensable....
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Vitality
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Coup de gueule sur la psychiatrie en France

Message par Vitality » samedi 15 juin 2019 9:27

Bonjour,

Je partage ce sentiment sur la psychiatrie.

En France, les diverses pathologies psys sont prises en charge par le système. Tant mieux et cela d un point de vue financier, ce qui incite à aller consulter, cela est un plus par rapport à d’autres pays où la non-prise en charge est un frein très net pour les malade les plus modestes.

Mais cela étant dit, cela n enleve en rien aux difficultés intrinsèques que cette spécialité rencontre tant son arsenal thérapeutique médicamenteux est pauvre, controversé et dont on n explique pas encore tous les mécanismes d action de certaines molécules qui sont prodiguées au patient.

Les maladies mentales sont nombreuses et le nombre de malades est exponentiel à la hausse. Uniquement pour la dépression et suivant les chiffres de l’OMS, il y aurait 300 millions de personnes dans le monde vivant ce fléau. C est juste énorme et bien que ne se transmettant pas d un individu à un autre (bien que l aspect génétique n’est absolument pas à exclure, dans certains cas il est même prédicteur), un mot qui vient en tête est « épidémie ». Certains diront « mal du siècle ».

Je dirais que la psychiatrie, se sont d un côté les psychiatres, qui de part leur diplômes, sont les seuls habilités à pouvoir poser un diagnostic et à prescrire un médicament.
Et de l autre il y a l industrie pharmaceutique et les différents laboratoires. Ces derniers ne sont pas des philanthropes et ont bien des postures mercantiles optimisées.

Sans aucune certitude, ces laboratoires dont les premiers IRS, comme le prozac, sorti il y a déjà près de 33 ans, n ont toujours pas levé le voile sur leurs mécanismes d action. Arguant toujours des mêmes arguments d un dysfonctionnement de la neuromediation sérotoninergique (mais pas que...). Et l on parle encore de médicaments récents de seconde génération alors qu ils ont plus de 30 ans? C est une notion très discutable.

Disons-le sans ambage, par rapport aux antidépresseurs plus anciens comme les tricycliqies et autres IMAO, ils n apportent pas beaucoup plus, si ce n est moins d effets secondaires invalidants au quotidien. Les IRS sont en revanche bien soutenus par un marketing impérieux et des visiteurs médicaux à la solde des labos, qui achèvent de convaincre les psychiatres de leurs bienfaits. C est aussi très discutable, bien qu un labo pharmaceutique est une entreprise comme une autre, doit donc générer des profits, il y a néanmoins un curseur éthique qui devrait être plus prégnant.

Arrêter de faire croire aux malades, que les andidepresseurs soignent la dépression serait plus honnête intellectuellement, car tous les bons spécialistes s accordent à dire qu au mieux ils en apaisent les symptômes. La maladie dépressive étant naturellement réversible, du moins pour les premiers épisodes, il est dont très facile pour les labos et les psychiatres, de surfer sur la vague d un médicament miracle qui aurait eu une action directe pour combattre la dépression puisque dans 50% des cas, il y aura un résultat positif, le résultat sous placebos est très similaire. Les 50% de personnes ayant connu un premier épisode sans en connaître un second, se laisseront très facilement convaincre que c est le médicament qui les a guéri. Et pourtant, les antidépresseurs qu’ils ont pris n étaient qu a visée symptomatique.

Comment expliquer que certain ayant vécu un épisode dépressif, et n ayant pris aucun médicament psychotrope iront également vers une rémission naturelle (toujours pour le ou les premiers épisodes, pour de multiples épisodes cela est moins vrai).

Il faut essayer de soigner quoi qu’il en soit, car les médicaments psychotropes auront le mérite d apaiser un très grand nombre de symptômes, et d améliorer parfois la qualité de vie des malades.

Il faudrait que l image que les gens sains ont des personnes souffrant de maladies mentales, évolue, bien au-delà la société et le monde du travail. Le simple fait de se balader dans la rue avec un bras dans un plâtre attirera naturellement l empathie. En revanche avec les maladies souvent invisibles, que sont les maladies mentales comme la depression, les gens sont peu enclin à vouloir faire l effort de comprendre. Cela demande une démarche intellectuelle supplémentaire.

Il faudrait également que la psychiatrie soit une spécialité qui retrouve ses lettres de noblesse sur le plan des études, en attirant des étudiants, internes, ayant véritablement choisi cette spécialité, car un grand nombre, mal classés au sortir de la sixième année, choisissent cette spécialité par défaut inhérent à leur classement et non par véritable choix. Cela est aussi une vérité bonne a rappeler, comme il est honnêtement indiscutable de dire que certains étudiants choisissent cette spécialité par conviction profonde, mais ce n est pas la majorité, les meilleurs souhaitant souvent prendre, chirurgie, ophtalmologie, cardiologie, radiologie, ou encore neurologie. La psychiatrie arrivant au 27eme rang (sur 30) des choix des futurs internes suivant le rapport du magazine « l étudiant » en 2017.

Les labos devraient mettre le paquet sur la recherche de nouvelles molécules, car 33 ans après la sortie des premiers IRS, on ne peux plus parler de médicaments nouveaux et novateurs. Les labos doivent mettre le paquet pour comprendre les mécanismes d actions des médicaments qu’ils écoulent sur le marché. 30% des patients ne sont pas répondeurs des traitements pharmacologiques (pour la dépression en tout cas), c est un énorme soucis.

La recherche fondamentale, via les CHU, tous les hôpitaux, instituts de recherche, les groupes d études, la coopération internationale, doivent se poursuivre et se consolider. Les moyens alloués à ces recherches doivent être plus importants.

Pourquoi pas un telethon sur les maladies mentales, pour générer de l argent et encourager la recherche sur ce sujet, puisque il touche autant de personnes.

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Antonio
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Coup de gueule sur la psychiatrie en France

Message par Antonio » samedi 15 juin 2019 13:29

Vitality a écrit :
samedi 15 juin 2019 9:27
Disons-le sans ambage, par rapport aux antidépresseurs plus anciens comme les tricycliqies et autres IMAO, ils n apportent pas beaucoup plus, si ce n est moins d effets secondaires invalidants au quotidien. Les IRS sont en revanche bien soutenus par un marketing impérieux et des visiteurs médicaux à la solde des labos, qui achèvent de convaincre les psychiatres de leurs bienfaits.
Novartis, Roche et Pfizer vont te faire un procès. :rire2:

Le problème est que quand on est, par exemple, dépressif, on doit faire avec ce qui existe et ce qui existe n'a strictement pas évolué depuis des décennies. On voit encore des cas de maltraitance graves dans les hôpitaux psychiatriques. Comment est-il possible qu'on puisse encore prescrire des médicaments des années 50-60 ? Pourquoi les études cliniques sont dirigées par les laboratoires eux-mêmes ?

Pour moi, et cela n'engage que moi, toute la pharmacologie psychiatrique est le plus grand scandale sanitaire mondial.
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Kokwac
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Coup de gueule sur la psychiatrie en France

Message par Kokwac » samedi 15 juin 2019 15:27

Il y a quand même régulièrement de nouvelles molécules qui arrivent sur le marché. Comme la quétiapine, ou le Viibryd, qui sont relativement récents. OK, il peut y avoir des effets secondaires, mais comme tous les médocs, y compris le doliprane.

Là, je viens de changer de traitement, et mon (vieux) psy vient d'arrêter la quétiapine, à laquelle je ne répondais vraisemblablement plus.

J'ai à la place deux vieilles molécules mises au points dans les années 50/60 : Clomipramine et Nozinan.

Je ne me pose pas tellement de questions sur la dangerosité des produits : tout ce que je veux c'est faire disparaître cette put* de souffrance psy qui me tue à petit feu.

Pourtant, je ne suis pas vraiment médoc, j'aime éviter autant que possible... Mais à moment donné, une béquille médicamenteuse peut être secourable.

J'espère juste, un jour, pouvoir vivre à nouveau sans toute cette chimie.
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lise
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Coup de gueule sur la psychiatrie en France

Message par lise » dimanche 16 juin 2019 16:49

Vitality a écrit :
samedi 15 juin 2019 9:27
Il faudrait que l image que les gens sains ont des personnes souffrant de maladies mentales, évolue, bien au-delà la société et le monde du travail. Le simple fait de se balader dans la rue avec un bras dans un plâtre attirera naturellement l empathie. En revanche avec les maladies souvent invisibles, que sont les maladies mentales comme la depression, les gens sont peu enclin à vouloir faire l effort de comprendre. Cela demande une démarche intellectuelle supplémentaire.
A mon avis, croire que les gens sains traitent mieux les malades physiques que les malades mentaux est en partie une illusion.
Pour prendre l'exemple du monde du travail (qui est trop souvent sans pitié) : si vous avez un problème physique et que vous travaillez avec des restrictions, même temporaires, les gens vont commencer par vous plaindre, en effet.
Mais c'est de courte durée : au bout d'un quart d'heure, ils vont oublier vos problèmes, et vous serez obligé de leur rappeler que vous ne pouvez pas faire ceci ou cela à cause de votre problème physique.
Et au bout de quelques jours, ils vous trouveront juste pénible avec vos restrictions, et commenceront à se demander si vous n'exagérez pas votre mal. Et ils commenceront à soupçonner que vous simulez ou que vous êtes un malade imaginaire.

Ce qui me semble le plus dur dans la maladie mentale par rapport aux autres, c'est l'isolement actuel, le délitement du lien social qui touche tout le monde, les gens sains comme les malades. Et quand on est malade, c'est doublement pénible.
Vitality a écrit :
samedi 15 juin 2019 9:27
Arrêter de faire croire aux malades, que les andidepresseurs soignent la dépression serait plus honnête intellectuellement, car tous les bons spécialistes s accordent à dire qu au mieux ils en apaisent les symptômes. La maladie dépressive étant naturellement réversible, du moins pour les premiers épisodes, il est dont très facile pour les labos et les psychiatres, de surfer sur la vague d un médicament miracle qui aurait eu une action directe pour combattre la dépression puisque dans 50% des cas, il y aura un résultat positif, le résultat sous placebos est très similaire. Les 50% de personnes ayant connu un premier épisode sans en connaître un second, se laisseront très facilement convaincre que c est le médicament qui les a guéri. Et pourtant, les antidépresseurs qu’ils ont pris n étaient qu a visée symptomatique.
A ce sujet, je suis plutôt d'accord.
Ce que je trouve le plus gênant dans cette histoire d'antidépresseurs, c'est que le monde médical et les médecins expliquent rarement les effets réels que produisent les antidépresseurs.
Alors que depuis le temps, ils sont bien connus : même si les effets sont très variables selon les patients, on sait que le plus gros de l'effet antidépresseur est une réduction de l'anxiété, qu'ils sont globalement plus sédatifs que stimulants.
Quand on vous prescrit un antidépresseur, il est rare qu'on vous explique l'effet de "lissage des émotions", qui est souvent l'effet (positif et négatif) le plus manifeste :
les émotions sont atténuées, cela permet de faire baisser l'anxiété associée à la dépression.
Expliquer ce que l'antidépresseur est susceptible de produire permettrait aux gens de ne pas trop en attendre : le nom "anti-dépresseur" induit un peu en erreur, comme d'ailleurs "anti-psychotique".
Le terme "neuroleptique" qui était l'appellation initiale des antipsychotiques était bien plus réaliste. De même que l'appellation "tranquillisant majeur".
Je ne pourrais retrouver où j'ai lu cela : quelqu'un expliquait que l'antipsychotique ne supprimait pas ses hallucinations auditives. L'antipsychotique rendait seulement les "voix" plus lointaines, et lui permettait de prendre du recul par rapport à ces voix.
Exactement comme un antidépresseur permet d'éviter d'être submergé par les angoisses et les pensées négatives.
Les antidépresseurs produisent en général un effet de détachement, par l'atténuation des émotions.
Au fond, malgré la diversité d'antidépresseurs et d'antipsychotiques disponibles, il semblerait qu'ils produisent un peu tous le même genre de détachement émotionnel.
Ce qui me parait préoccupant, c'est que les médecins prescrivent des médicaments en espérant que le patient ressente les effets psychopharmacologiques prévus par la molécule : par exemple, si l'antidépresseur est aussi noradrénergique ou dopaminergique, ils pensent qu'en augmentant la dose, l'effet sera plus stimulant.
Mais quand les patients décrivent ce que le médicament produit en réalité, ils s'y intéressent en fait assez peu.
Ils préfèrent croire la théorie plutôt que l'avis forcément subjectif de leurs patients.
Ce qui est un problème puisque c'est le patient qui est concerné.


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