Chak Chak et la Vacuité

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Miet
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Chak Chak et la Vacuité

Message par Miet » samedi 12 janvier 2019 12:43

chaky,

Bon, j'ai tout relu à de nombreuses reprises.
J'entends ta souffrance extrême et me sens un peu démunie à te répondre.
Alors je vais parler un peu de moi, ça peut paraître égocentrique mais c'est ce que je connais de mieux après tout et faire le parallèle m'aide à t'aider.

J'ai souffert de mon passé pendant 26 ans. Nos histoires ne sont pas comparables, c'est certain, et pourtant nous avons des points communs :
Celui de ne pas être satisfaite de sa vie et de se faire bouffer par ses traumas ; celui d'avoir souffert d'agressions de l'intime au point de ne plus savoir quoi faire de son corps ou comment faire avec lui puisqu'il nous encombre ou pire nous degoute ; celui de ne pas trouver de moyen de communiquer à sa famille quels sont nos besoins (et comme tu l'écris, encore faut-il que nous sachions quels sont ils, ces besoins) ; celui de détester le monde dans lequel on vit, de se sentir en décalage, et plus encore de se détester soi (le surmoi féroce que j'ai évoqué hier). Je pourrais encore continuer la liste...

Ma solution n'est pas universelle, j'en ai bien conscience. Mais j'ai trouvé un semblant d'équilibre, même si en ce moment il est de plus en plus bancal, c'est une autre histoire. Et surtout, j'ai fait la paix avec moi-même. Ça n'a pas été simple.

Tu parles de la force de l'écriture. C'est vraiment ça, mais peut être que ça nécessite un accompagnement ? (ce que je crois tu tentes de faire par ta thérapie actuelle par correspondance).

Tu le sais, j'ai passé 5 mois enfermée en clinique, obédience psychanalytique. Je ne pouvais pas parler. Verrouillée. Alors j'ai écrit, et j'ai été lue. Des pages et des pages, 2 moleskines, des dizaines de pages en Word à chaque entretien (2 par semaine avec la psychologue). Je n'ai pas eu tant de retours que ça, pas ceux que j'attendais, ça ne me soulageait pas en tout cas. Mais j'ai retraversé toute mon histoire pendant ces cinq mois, bouffée par l'angoisse au point d'en faire des délires. Et... je me suis libérée de ces étaux qui me pourrissaient la vie depuis trop longtemps.

J'ai mis des mots sur mon histoire, et je me suis aperçue qu'il me restait tant à vivre (inenvisageable auparavant tant mes pulsions de mort étaient vives), et qu'il fallait que j'accepte mon passé pour pouvoir aller de l'avant. Ça semble magique comme ça, mais je sais que c'est très dur, et tu es plus âgée que moi donc tu t'es torturée plus longtemps aussi... Je ne sais pas comment il faut faire (et puis je n'aime pas les "il faut"). Je sais juste ce que moi j'ai fait, et le bénéfice que j'en ai retiré.

La CNV m'a fait du bien aussi, a "fini" (ce n'est jamais terminé puisque je suis vivante et que je dois donc m'adapter chaque jour) de me réconcilier avec moi même. M'a permis de faire le point sur ce qui était indispensable pour moi et ce que je pouvais mettre de côté. Sans ça je n'aurais jamais pu envisager une nouvelle histoire avec mon compagnon. Je te le dis puisque je lis que tu ne comprends pas ce qu'il fait avec toi, et que ça te fait souffrir puisque tu voudrais son bonheur par dessus tout (plus que le tien).

Mon chéri a traversé les épreuves à mes côtés. L'anorexie et la boulimie, la dépression, les tentatives de suicide (une dizaine pendant notre vie commune). Je me demandais - me le demande parfois encore - comment il pouvait rester avec moi alors que je me détruisais à ce point, que je nous détruisais. Comment il avait pu supporter mon corps à 13 d'IMC (cadaverique) et que ça faisait 2 ans que je ne le laissais pas me toucher. Il m'a tout simplement parlé d'amour inconditionnel. Il m'aimait moi, d'un amour fou, pas la maladie qui me touchait mais il voyait au delà et gardait espoir, toujours. C'était SON choix, comme ton chéri à choisi de vivre à tes côtés, de revivre avec toi en connaissance de causes. Je sais qu'on se sent merdique d'infliger ça aux êtres qui nous sont les plus chers, mais il faut garder à l'esprit qu'ils savent ce qu'ils font. Et qu'ils sont d'accord. Même si ça peut les révolter. Qu'ils ont choisi de vivre à nos côtés pour ce que nous sommes. Et que nous leur devons de respecter ce choix. Même si on ne le comprend pas.

J'entends tes envies d'en finir. Elles sont fortes, et je les ai partagées, tu le sais, tu as été témoin de mon désespoir. Je n'ai encore une fois pas de solution. Je n'ai expérimenté que les passages à l'acte, ma façon d'avancer, par à coups. Je voudrais croire qu'il y a d'autres façons de faire. Je ne sais pas. J'ai eu la chance de me rater à chaque fois (alors soit j'étais pas assez déterminée, soit je suis vraiment une vraie m.erde) et surtout d'en sortir indemne. J'espère que tu ne te feras pas de mal... Que tu t'accrocheras. Mais je connais ta peine, cette douleur indicible qu'on croit pouvoir résoudre en s'otant la vie.

J'espère qu'il reste une lueur. Et que tu accepteras de poser des mots avec moi pour alléger ton fardeau. Je ne suis pas grand chose, pas psychologue, mais témoin seulement. Puissent mes quelques mots apaiser ta peine...

Je t'embrasse.
:console:
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chak
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Message par chak » dimanche 13 janvier 2019 1:13

merci miet pour ton message :bisouss: , j'ai passé un peu de temps aujourd'hui à formuler un message de réponse, mais les aléas se sont mis entre lui et moi.
donc, je m'y remets ce soir, tout le monde est au dodo, j'en profite…
à tout à l'heure :bisouss: :offre:

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chak
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Message par chak » dimanche 13 janvier 2019 4:11

reprenons !

merci beaucoup miet pour ta réponse très complète, tes lectures et ta compréhension, et pour ce temps et cette délicatesse que tu m'offres, merci :zenzen: :love1:

------

ce que tu dis sur ton chéri m'aide énormément, car c'est un véritable poids pour moi et ça me met toujours dans une grande tristesse.
c'est dur de se laisser aimer de cet amour dont tu parles, difficile à comprendre et à accepter.
car je peux être parfois tellement dure, méchante, cruelle… avec lui comme avec moi d'ailleurs…
c'est SON choix, oui, tout comme c'est le mien d'avoir choisi de vivre avec lui.
c'est vrai qu'il y a cette notion de respect, je dois respecter son choix, même si ça me semble déraisonné…
il sait ce qu'il fait.
et il m'apporte beaucoup, il est ma balance en quelque sorte.
probablement que d'un autre côté, je lui apporte quelque chose aussi…
et ce que tu as écrit entre parenthèses : je voudrais son bonheur plus que le mien… (il me dit ça aussi lui d'ailleurs… :pense: )
il est vrai qu'il faudrait que je puisse traiter le mien pour mieux satisfaire le sien…

après, construire une vie de couple, même au bout de plusieurs années, c'est toujours difficile.
parce que comme tu l'as dit, il faut s'adapter chaque jour.

par exemple, tu as toi cette souffrance en ce moment, cette dualité qu'il faut que tu résolves, cette nouveauté à laquelle tu dois t'adapter et qui te fait peur, qui t'angoisse, la mise au monde d'un petit être vivant.
ça n'est pas là, mais c'est un projet, et c'est un projet de couple, et de vie.
et puis en plus, il y a des choses qui n'ont pas fonctionné comme prévu, ce qui rend le tout plus stressant encore… et te laisse le temps de ressasser dans ta tête et de te créer de nouvelles peurs… (pardon si je me trompe… je transpose peut-être un peu…).

enfin, il m'arrive un peu cette chose-là, mais pas avec le même sujet.
mais pareil, un projet de couple et de vie, une nouveauté, des imprévus constants depuis plusieurs mois, voire années, une réadaptation des faits à chaque nouveau paramètre qui s'ajoute…
à la fin, ça devient épuisant, stressant et on se demande si on a vraiment fait le bon choix.
de mon côté, c'est ça en tous cas.
je me dis que j'ai foiré plein de trucs, qu'on n'est pas à la hauteur, que ce qui nous attend est monstrueux, qu'on ne sait même pas comment on va faire, se débrouiller, matériellement et tout le reste…
j'ai peur qu'on s'épuise, qu'on se blesse, que ça soit grave, qu'il meurt, j'ai peur de plein de trucs qui ne sont pas raisonnés ni rationnels, je fais des crises d'angoisse, je panique, je n'ai plus confiance en rien… bref…

alors, soit je choisis en partie de me laisser guider par lui, par ses prises de décision, parce qu'il sait un peu mieux gérer, ayant moins de craintes vis-à-vis de l'inconnu, et parce que que ce choix, à l'origine, on l'a fait ensemble, d'un commun accord !!! et puis aussi, quand on prend le temps de discuter, d'exposer les choses, parfois, ça me rassure et me calme pendant un temps.

mais sinon c'est la cocotte-minute qui explose…
et quand c'est ça, c'est hard, parce qu'en gros, c'est… comment dire… comme si je lui balançais son incompétence à s'occuper de moi en pleine poire (voire son incompétence tout court…), je le culpabilise en quelque sorte, parce que je suis en insécurité et qu'il en est responsable :newblush: :sad:
c'est affreux… mais ce sont des choses que je ressens parfois… pendant mes moments de panique et que je suis capable de lui dire… :sad:

enfin bref…
j'ai du mal à gérer… je me dévalorise et le dévalorise… et c'est fatiguant…
et tout ça est irrationnel.
parce que les choix que nous faisons, nous les faisons ensemble, en toute lucidité…
c'est moi qui perds les pédales à un moment donné et qui craque, qui perds toute cette lucidité.
et je fais tout foirer…
comment m'avait dit mon amie déjà ?…………………
ah oui, l'auto-sabotage systématique de tout et tout le temps…
le non-droit au bonheur… le refus inconscient…
je m'emprisonne.
enfin, je ne sais pas s'il s'agit de ça… mais ça peut faire sens… j'y pense en l'écrivant…


-------

s'ôter la vie… n'est pas une mince affaire.
j'y pense depuis l'âge de mes 12 ans, j'ai traumatisé ma mère avec ça, elle s'en souvient, car j'allais à une espèce de porte-fenêtre de l'étage de la maison qui n'avait ni balcon ni barrière, et je lui gueulais que j'allais sauter…
c'est pas nouveau.
pendant longtemps ce qui m'en empêchait était la "construction" de mes petits frères. je les aimais plus que tout, et j'avais tellement les boules que mes parents les détruise que je m'imposais comme la grande sœur protectrice, comme bouclier pour les aider à pas foirer leur vie.
mais aujourd'hui…
ils sont grands, adultes, avec femme, enfants, maison, chiens et tout ce que tu veux… ils ont fait leur vie.
ils n'ont plus "besoin de moi"…
mon autre garde-fou, ce sont mes 2 amies qui ont mis le paquet, et malgré tout, ont raté leurs suicides (qu'elles m'ont racontés).
c'est pour moi un grand trauma.
l'une est totalement défigurée (son corps aussi), mais elle est valide, l'autre a le corps à moitié fait de métal et a de lourds problèmes neurologiques, elle est en grande partie invalide.
bien qu'en soi ce soit un miracle qu'elles aient vécu, leurs séquelles sont considérables (d'où ma peur panique à l'époque pour toi), et vivre avec ça… c'est la croix qu'elles porteront jusqu'au bout.
je sais ce qu'il ne faut pas faire si on veut s'ôter la vie (ma mère est médecin, j'ai eu des clefs…).
mais ce qu'il faut faire… il y a aussi un risque… quoi que l'on fasse, car franchement, il n'y avait aucun espoir qu'elles s'en sortent vivantes… et elles ne sont pas les seules…
j'avais vu un mec (sur un programme TV) qui s'était poignardé, je ne sais plus, une 50aine de fois… un miraculé aussi, qui est en fauteuil roulant maintenant…
tout cela, ça me fait peur, je ne pourrai pas me rater, il faut bien s'organiser.
et je n'ai pas, jusqu'à aujourd'hui, eu la tête suffisamment froide pour le faire.
des fois, je me dis que tant que j'écris et que je communique, que je cuisine et que je suis gourmande, et que j'aime les êtres vivants, et que j'ai cette petite lueur d'espoir, je ne passerai pas le pas, je ne resterai qu'avec l'envie récurrente… mais des fois, je ne sais pas trop… il en faut peu pour basculer et faire une connerie irréversible…
enfin… c'est un peu (pardon du parallèle :newblush: ) comme dardevil et son impossibilité à tuer quelqu'un, car sa foi est plus forte que son envie de tuer, même si parfois il va à la limite.
enfin, voilà, je n'en parle pas beaucoup de ce sujet, mais c'est sorti, et je le laisse parce que ça a son importance, ça fait aussi partie de moi et de mes côtés sombres.
j'espère que ça ne te blesse pas que j'en parle.


---------

je te remercie pour tout ce que tu dis de l'écriture, ton explication de ce que tu as vécu, de ce qu'il s'est passé en toi et en dehors de toi grâce à l'écriture, je trouve ça très riche.
ça t'a été imposé en quelque sorte, et tu étais encadrée (d'une certaine manière… hardcore… mais bel et bien enfermée et sans autre choix…).
un travail de titan en 5 mois !

là-dessus, pour moi, c'est l'inverse, totale roues libres… depuis 35 ans pour "extérioriser" en quelque sorte, et seule.
je n'ai jamais montré mes écrits à qui que ce soit, sauf ici, depuis 2012, sur le forum, mais comme tu as pu constater, j'efface au fur et à mesure, tout comme je ne supporte pas de me relire.
mes écrits sont des cris, comme s'ils devaient être éphémères.
ils sont une force car ils agissent comme un tampon entre soi et la réalité ou les autres, quand on ne sait pas dealer avec cela, ou d'une manière incorrecte ou incomplète.

sur le forum, j'ai reçu des réponses, très importantes, qui m'ont permis d'avancer.
je fais tout effacer, mais je garde quand même beaucoup de réponses, capitales pour moi.

de l'écriture à la libération, ou de l'écriture à l'édition…
comme tu dis, il faut un accompagnement, un retour régulier et qui ait du poids.
le thérapeute avec qui je travaille analyse mes écrits.
oui, c'est un travail par correspondance, j'écris à la main et lui envoie mes lettres par la poste.
j'ai choisi cela car c'était ce qui se rapprochait le plus de mes cahiers, et donc, je m'y sentais plus vraie, sans triche.
j'aimerais un jour que cette écriture soit une véritable libération comme tu as pu le vivre.
et pour l'instant, ça ne me soulage pas, ou alors de manière trop éphémère.

quant à l'édition, lui et d'autres auparavant m'en ont parlé, bien que lui m'ait précisé que nous n'en étions pas là… ce que j'ai apprécié, car je ne suis pas mûre du tout.
(surtout que je viens du monde de l'édition et de l'imprimerie… ce qui me rendrait d'autant plus exigeante s'il devait y avoir édition un jour). il faut savoir organiser les mots, et mettre les émotions aux bons endroits.
je n'en suis pas à ce stade du tout, je n'écris pas pour être lue.
je n'utilise encore cette matière que comme défouloir pour avancer, pas pour créer et pour offrir, pour partager.

mais notre échange sur ce sujet me donne de l'espoir.
et puis cette thérapie (qui pour l'instant n'avance pas car je n'arrive pas à écrire quoi que ce soit…), est aussi une source d'espoir.
c'est juste qu'il a des méthodes… que j'ai besoin de comprendre parfois.
car je ne vois pas toujours où ça mène, alors que pourtant, j'ai eu déjà de belles surprises !
il faut que je garde confiance absolument… j'ai trop fait foirer de trucs dans ma vie, trop de sabotage justement…
il ne faudrait pas que l'écriture soit un nouvel auto-sabotage, surtout pas.
donc, il va falloir que je me remette au travail sérieusement et avec plus de constance… parce que là, je commence à déborder un peu trop… :newblush:


-----

bon, miet, je vais m'arrêter là…
j'ai à la fois l'impression d'avoir trop écrit et à la fois d'avoir écrit du vent…
grrrrr…
ça fait plusieurs jours que je ne suis pas sortie de chez moi, que je traine dans une grosse combinaison de moumoute blanche informe (mais qui tient chaud) affreuse, et sale ! (et ça se voit trop bien sur le blanc)
il faudrait que demain, je fasse au moins une lessive et que je change nos draps.
que je fasse n'importe quoi, mais que je me bouge… et que je mette des vrais habits, parce que là, à part faire hurler de rire mon chéri à chaque fois (ce qui devient agaçant… mais je comprends… je me vois pas et j'ai du mal à imaginer, m'enfin, quand même, je connais ma pelure…).
bref, les légumes attendent (bien que j'ai fait une soupe et un gratin ce soir, avec les légumes que j'ai été cueillir hier… finalement, je suis sortie et j'ai fait un ou deux trucs…), et puis il faut que je m'occupe de mes poulettes aussi, surtout qu'on a eu une grande tristesse tout récemment… mais enfin…
bref…
on va essayer…

et tout comme toi la CNV, moi, ça a été le yoga.
j'ai appris qu'une des profs avait recommencé à donner des cours y'a un moment (mais comme j'ai pas FB, ben j'étais pas au courant) et bref, faudrait que je recommence, c'est tous les mardis, le soir.
c'est un impératif pour me canaliser et pour un peu de mieux-être, et pour me faire sortir de mon trou et voir du monde aussi…

je t'embrasse très fort, merci encore d'avoir créé cet espace pour moi, je ne me sentais pas de le faire, et merci d'y avoir posé tes mots :offre:
ça me fait beaucoup de bien.
j'irai ici, lire et poser, ou dans ma galerie, juste poser…
merci ma toute belle, je t'embrasse fort, courage à toi :ham1: :ours1: :coeur9:

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Miet
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Chak Chak et la Vacuité

Message par Miet » vendredi 18 janvier 2019 12:53

Il y a tellement à dire que je n'arrive pas à ordonner ma pensée et à te répondre, j'en suis désolée.

Je suis en tout cas très heureuse pour toi du déclic que tu as eu dont tu parles dans ta galerie. Et oui, le pouvoir de l'écriture ! Si ça a un impact sur ta relation avec ton chéri, c'est encore plus positif. Lui as tu déjà demandé pourquoi il restait malgré tes sabotages ? Moi c'est une question que j'ai osé poser, et comme je t'avais dit, la réponse m'a permis d'accepter son amour, de respecter son choix.

Je sais que la séparation nous a fait du bien. Est-ce que c'est quelque chose que tu as aussi observé avec ton chéri ?
On a emménagé ensemble, j'avais 20 ans, lui 21, j'avais vécu un an en coloc auparavant après mon départ de chez ma mère a mes 18 ans, puis quelques mois seule en cité u dans une ville où je ne connaissais personne, échec cuisant, j'ai finalement passé l'année à moitié chez ma mère, à moitié chez ses parents. Donc bon, très peu vécue seule, on a construit notre vie d'adulte et notre vie de couple simultanément. Moi, ma vie d'adulte, je l'ai rejetée avec l'anorexie. Il a été témoins de tout ça, mes 2 ans d'hospitalisation, les TS...

Je crois qu'on avait besoin de construire nos vies l'un sans l'autre un temps pour mieux se retrouver plus tard. Notre relation n'a plus rien à voir : beaucoup plus équilibrée, beaucoup plus de communication, y compris dans notre sexualité (même si je n'ai pas de libido, j'ai du faire beaucoup d'efforts pour les essais bébés, donc il a fallu retrouver ses marques...), beaucoup de partages (de nos pensées, des tâches ménagères...). Je ne regrette pas du tout qu'on se soit séparée. J'avais besoin de vivre seule pour comprendre à quel point la vie avec lui me manquait.

Quant au projet de couple, oui pour nous c'est la PMA, avec ses difficultés inhérentes, pour vous c'est je crois le projet d'achat de terrain. Veux tu en parler ici ? Tu ne l'évoques qu'à demi mots.
J'ai vécu ça aussi, de faire porter sa propre souffrance à l'autre, c'est terrible pour soi comme pour le compagnon, pour le couple. Quelque chose qui a beaucoup changé chez nous, c'est qu'on reprend systématiquement une dispute après coup, une fois calmé, chacun explique ce qui l'a fait bouillir, exprime ses émotions, ses besoins, et on arrive à faire redescendre la pression. C'est la plus part du temps une incompréhension mutuelle. C'est dur de faire le premier pas (puis je trouve que c'est plus souvent moi que lui que le fais), mais c'est tellement bénéfique !

-----
Sur ce que tu écris sur le suicide.
J'ai eu tellement de mises en danger sans conséquence que je me croyais invincible, pourtant j'en ai fais des passages en soins intensifs, mais toujours sans séquelle, sortie après 2 ou 3 jours, et j'étais inconsciente donc pas angoissée par la mort. Il n'y a que la dernière fois où j'ai vraiment cru que j'allais mourir dans d'affreuses souffrances, et où j'ai paniqué. Après 120 grammes de paracetamol, je n'avais aucune chance de m'en sortir...Parfois je regrette de ne pas avoir attendu quelques heures de plus avant d'aller aux urgences, mais je ne me doutais pas que mon foie était à ce point atteint, je pensais qu'ils me garderaient juste pour la nuit pour me réhydrater. Parfois aussi je regrette de ne pas avoir été greffée, ce qui est stupide et me pétrit de honte. Mais je me dis que j'aurais eu une trace, une conséquence, un mal physique pour légitimer ma souffrance psychique. En vrai, à l'hôpital, ça me paniquait de me dire que quelqu'un avait perdu sa vie pour me sauver et que j'allais devoir vivre avec le foie d'un mort toute ma vie alors que j'étais la seule responsable de mon état. La culpabilité était terrible et je ne me sentais pas légitime pour en parler aux soignants. Et puis la perspective de l'encephalopathie me terrorisait aussi, perdre connaissance ou devenir timbrée à cause d'une atteinte au cerveau... Bon, ben rien de tout ça, j'ai été sauvée, fin de l'histoire. J'en suis heureuse, mais frustrée quelque part, il y a une part de moi qui se dit que je ne suis pas allée assez loin (comme pour l'anorexie).

Je m'arrête là !
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Chak Chak et la Vacuité

Message par chak » dimanche 27 janvier 2019 5:06

bonsoir ma p'tite miet :love1:

merci de ton message et pardon du temps que je mets à répondre (et je voudrais aussi répondre dans ton salon, ton topic, le topic de l'écriture, répondre à ton message de galerie…) :newblush: :sue:

------

l'écriture a-t-elle (ou a-t-elle eu) un impact sur ma relation de couple ?
oui, c'est absolument indéniable.
déjà, quand je m'énerve, je le fais sur le papier (je tente de le faire en tous cas, des fois je rate et ça part à l'oral… et c'est pas terrible… :newblush: ) car je sais bien que ma colère est fausse et mal dirigée, donc, c'est une première soupape.

là, après ce déclic que j'ai eu l'autre jour, il y a certaines choses qui se sont révélées… et du coup… on va dire que mes colères (matinales pour la plupart), se calment… ouf !!!!

oui, je lui ai déjà demandé pourquoi il restait malgré mes sabotages… et sa réponse était toujours la même, je suppose, comme celle de ton chéri.
le truc, c'est que je ne comprenais pas qu'on puisse m'aimer… puisque je n'ai pas d'exemple depuis la naissance… la référence étant normalement celle des parents… que je n'ai pour ainsi dire pas eu… ou alors, en violences… violence étant pour moi synonyme d'amour… donc, pas l'amour que me propose mon chéri… que donc je ne comprends pas… bref… je me mords la queue :sue:

bon, les choses vont un peu changer maintenant… je suis partie sur un autre angle de vue… même s'il faut que ça se mette en place.
mais là au moins, je viens de comprendre et d'accepter son amour… en quelque sorte.
purée…

sinon, oui, notre séparation aussi nous a fait du bien à tous les deux, beaucoup de bien même je dirais.
pas sur le coup… parce que nous nous aimions et que la séparation nous a totalement déprimés… mais on a appris à se recentrer, à se connaitre soi un peu plus, à constater nos faiblesses, nos défauts, nos erreurs, et aussi tout ce qu'on faisait bien (oui, quand même :smile2: ).
mais comme vous, nous nous sommes connus à 20 ans (pour moi, lui, 24)…
par contre, de mon côté, avant, j'avais toujours été seule.
indépendante et autonome dès 17 ans, petit appart, petit salaire, grosse bosseuse, ne perdant pas de temps…
avec une montagne de problèmes de violences par contre. pas visibles… intérieures plutôt.
entre les violences des autres et mon auto-sabotage… qui parfois étaient assez hard…
et c'est là, quand on a pris un appart ensemble qu'il m'a dit (et que je l'entendais pour la première fois), "si tu veux qu'on vive ensemble, il va falloir que tu me parles, je veux savoir avec qui je vis, qui est la personne que j'ai choisi d'aimer"… youpi ! moi qui ne parlais pas… du tout… de moi…
mais bref…
c'est donc en connaissance de cause qu'il m'a choisi, car je ne lui ai jamais menti… malgré les horreurs que je m'infligeais (ou que l'on m'a infligées…).

je pense aussi que quand on s'est remis ensemble, 4 ans plus tard (je ne sais pas combien de temps votre séparation a durée), il y a certaines chose que l'on voyait différemment, des certitudes aussi…
bon après, j'ai tout saboté au bout de même pas 2 mois… :sad:
la première année a été un peu chaotique…
on peut dire que depuis qu'on est dans le sud, 9 ans donc, ça va beaucoup mieux.
mais on trouve nos marques, et je crois qu'il y a plus de compréhension, plus d'échange.
après, au niveau sexuel… ben à cause de cette première année… c'est un peu le drame quoi… et là… j'avoue que j'ai pas encore d'issue… je n'y arrive pas…
il faudrait que je fasse le même travail de déconstruction de mes vérités, de mon murs de protection bien solide que je me suis construit… comme pour mes parents… et ma vie bancale… que je démolisse tout ça, toutes ces structures fausses et paralysantes.
il faut que je bosse ! il faut que j'y arrive ! :box:

de toute façon, je ne me vois pas avec une autre personne que lui.
seule éventuellement, mais pas quelqu'un d'autre.
enfin bref… vaut mieux pas que je pense à ça… mes constructions bancales ne me permettent justement pas d'y penser de manière saine… ça me fait vite partir dans des délires… bref… :sue:

sinon, oui, si je pars dans des délires de colère… en général, on revient dessus et on en reparle un peu plus tard.
en général, c'est moi qui fait le premier pas… vu que c'est moi la responsable…
et oui, c'est apaisant.
après, il a quand même des séquelles de mon comportement passé… et j'aimerais maintenant, en douceur, lui montrer que j'ai changé, que je change.
on en parle aussi.

----------

parler de terrain…
oui…
c'est vrai que je n'aime pas en parler… mais bon… faudrait que je lâche là…
parce que comme j'ai été indépendante très jeune, avec mes petits sous, j'ai vite compris qu'il fallait que j'ai mon appart pour être tout à fait tranquille… (trop de galères avec des proprios salauds et irrespectueux… en plus du reste…)
et donc, j'ai vite été critiquée, comme la capitaliste de base… la proprio… trop jeune… fille de bourge… y'en a qui ont de la chance… bref…
donc, oui, c'est un thème que je n'aime pas.
pour moi, mon autonomie était ma survie, contre mes parents destructeurs, contre tous ces gens qui m'ont détruite.
n'avoir besoin de personne et savoir que je pouvais compter sur moi, au moins à quelques niveaux…
même si je le faisais mal, je le faisais du mieux que je pouvais.
du coup, la "propriété" tout comme "l'argent" sont devenues 2 choses dont je ne parlais jamais… parce que je tentais de faire attention… je n'avais aucune bouée, aucun filet, je le savais… mais peu de gens comprenaient… eux savaient qu'ils pouvaient toujours avoir du soutien d'un côté ou de l'autre… pas moi !!!
j'ai géré tout ça, mon travail de forcenée, mon argent, et mon appart.
et puis tout un tas d'activités autour… sports, assos, voyages…

bref.
donc, notre projet, oui, c'est d'avoir un terrain pour nous poser.
mais tout est hyper compliqué…
l'immobilier est compliqué de toute façon…
ça fait des années qu'on galère…
j'ai galéré pour vendre mon appart… 2 ans !!! on m'avait dit que ça prendrait 2 mois AU PIRE DU PIRE ! tu parles ! :marteau6:
on a galéré pour trouver un endroit… 6 ans qu'on cherche… qu'on trouve… qu'on n'a pas l'argent… puis quand on a enfin l'argent… y'a pu…
et parce qu'on tient, parce qu'on y croit… on a fini par trouver… y'a 1 an.
on a galéré, on a fait des kilomètres, on a poireauté des heures dans des bureaux, on a payé une avocate qui s'est payé notre tête…
et on a eu que des emmerdes, et jusqu'au moment de signer, un voisin s'y est opposé 3 jours avant la siganture…
2 fois la vente a été reportée, puis annulée…
6 mois de discussions avec le voisin… diplomatie de ouf pour arriver à un compromis avec lui… un super mafieux multi-propriétaire… qui soudoie tout le monde… et qui t'appelle "fils" quand il a ce qu'il veut… l'horreur !
on lutte, on n'arrête pas de lutter… dans le calme et la diplomatie parce qu'on n'a pas le choix… mais c'est épuisant.
sachant aussi que tout ça, on ne le fait pas dans notre langue… c'est hard !
on veut juste se poser bordel, c'est tout, planter nos arbres et être tranquilles !

et puis il y a eu des circonstances débiles qui sont arrivées pendant nos années de recherche de terrain aussi.
mes salauds de parents qui s'achètent un bien à 500 mètre de chez nous y'a bientôt 4 ans… alors qu'on n'a aucune relation et qu'ils nous méprisent (particulièrement mon chéri)… ils ont abusé de moi encore une fois… parce que je suis en manque d'eux et qu'ils savent que je ferai tout ce qu'ils demandent tellement j'ai besoin d'avoir des parents.
j'ai trouvé un super plan pour eux à un prix dérisoire (moi, j'avais pas d'argent à ce moment là à cause des galères de mon appart qui se vendait pas…) j'ai bossé 2 ans 1/2 à la reconstruction de leur maison…
rien, aucune reconnaissance, nada… pas même 1 centime… juste des ordres…
ils y viennent comme des princes maintenant que tout est fini… ils y font venir leurs amis… ils y invitent des gens qu'on leur a fait connaitre ici… ils se font mousser parce que leur maison est belle…
pas une fois ils ont pensé à nous… ils nous ont volé l'herbe sous nos pieds… et ne nous mentionnent jamais… malgré les heures qu'on a passé à bosser…
ils ne connaissent rien à ce pays, ni personne… ils n'y ont aucune attache… et ça ne les intéresse même pas… des princes… pas mieux…
bref… (j'ai pas tout à fait fini encore avec eux hein ! j'ai eu mon déclic… mais ça suffit pas… mais j'y suis presque !)
et puis, il y a eu aussi l'arrivée soudaine de tas de nouvelles communautés étrangères qui ont acheté des terrains à tour de bras… juste avant que j'ai l'argent de la vente de mon appart…
les prix ont triplé en 2 ans…
on s'est retrouvé vraiment comme 2 gros c0ns en fait…
toujours baisés…

sans compter cette maison qu'on habite en location depuis 2014… mise en vente 1 an après notre arrivée (elle était abandonnée, on a tout nettoyé le terrain, réparé la maison… puis ils l'ont mis en vente… cool !)
heureusement, elle est tellement chère que malgré les visites…
malgré les visites… on a quand même l'épée de damoclès…
et finalement… ayé ! on dirait bien qu'il y a des acquéreurs… et je me doute bien qu'on sera les derniers à l'apprendre… :dry:
et ça tombe pas super super bien… parce qu'on aurait aimé y rester le temps de…
1 an de plus par exemple…

mais bref…
on a donc signé mardi, ce mardi, le 22… 2 jours avant mon anniv… on a fait 6 heures de route en moto, dans le froid… pour ce fameux terrain… qui n'a ni eau, ni électricité, ni rien de rien… même pas un seul arbre, puisqu'on va revendre au voisin la partie où ils sont…
c'est le deal… signé devant notaire…

en vrai, j'étais très amère… très très amère… de tout… y compris des terrains que les autres ont acquis et qu'on va visiter… amère et un peu envieuse il faut bien l'avouer…
mais là… curieusement… on dirait que depuis quelques jours, j'en ai plus rien à foutre.
même si on dirait pas, vu le ton de tout ce qui précède…
mais j'avais besoin de lâcher tout ce lest je pense… :pense:

en fait, j'ai envie de me focaliser sur ça… sur ce qu'on a réussi malgré tout à avoir.
je me dis que c'est pas rien… qu'on est tenaces et quand même plein d'espoir… et que plein de gens n'ont pas cette chance.
bon, ils n'ont pas non plus tous eu autant de malchance que moi… m'enfin, c'est un autre débat…
et puis, je n'ai plus non plus envie de parler de chance et de malchance d'ailleurs…
je sais pas… comme si j'arrivais à voir qu'il y aura des solutions quoi qu'il arrive (on occupera la maison de mes parents par exemple… parce que j'en ai plus rien à foutre d'eux non plus…)
envie de me focaliser sur mon couple, mes animaux, et tout ce qui nous attend.
je n'ai plus envie de faire d'effort pour personne, en tous cas, pas celles qui ne m'apportent rien à part des tracas.
je pense que des tracas, j'en aurai assez avec ce qui vient…

ben voilà, j'ai réussi à le faire ce pavé sur le terrain… :rire1:
même si parler d'immobilier pourrait me prendre des journées entières… tellement ça a fait partie de ma vie…
purée de p'tits pois !!!!
miet, tu me fais causer !!! :ohnon:
et moi qui pensais aller me coucher tout à l'heure… avant le film…

---------

concernant le suicide, il y a un passage que je note : "légitimer ta souffrance"
comme tous mes traumas sont invisibles… je ne comprends que trop bien ce ressenti…
même quand les violences que j'ai reçues étaient physiques, je n'avais pas de lésions apparentes…
je suis une "classée sans suite"… dans des tas de cas qui n'ont parfois rien à voir les uns avec les autres… toujours ce que j'appelais cette fameuse "malchance".
parfois, c'est insupportable à assumer.
et à la fois, c'est vrai, on en ressent une grande honte… de nos pensées qui accompagnent…
la frustration, l'envie…
mais bon, je crois miet, que c'est normal et qu'il ne faut pas culpabiliser.
c'est presque "sain" de ne pas trouver ça "normal" ce qui nous est arrivé en fait.
et du coup, nos pensées ont quelque chose de légitime.
il faut juste apprendre à les accepter…
se dire que ça s'est passé comme ça pour nous…
et que, quelque part, on est encore là pour en parler, pour échanger, pour tenter d'avancer…





je t'embrasse ma miet :bisouss: :love1: :bisouss:
merci de ton message :zenzen:



et s'il y a des âmes qui passent par là et lisent, je vous salue et vous envoie toute ma tendresse :chap: :offre:


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Chak Chak et la Vacuité

Message par Miet » jeudi 14 février 2019 12:04

Cette fois c'est moi qui aura mis du temps à te répondre :sue:

Je suis contente que tu aies pu parler du terrain, j'espère que ça t'aura fait un peu de bien de lâcher ici, et moi ça m'aide à mieux comprendre ce qui t'encombre, ce qui te pèse.

C'est un long combat que tu as du mener et que tu mènes encore, et je lis beaucoup d'injustice et ça me révolte.

Mais vous avez signé, même si ce n'est ni le terrain de vos rêves, ni le deal idéal, c'est peut être le début de quelque chose d'autre. Même s'il y a tout à faire et que peut être, ça te donne le vertige. (moi ça me le donnerait en tout cas si j'étais à ta place, mais contrairement à toi, je n'ai aucune expérience immobilière, et la propriété n'est pour l'instant pas un souhait, ou alors en "location-accession" chez un bailleur social mais on n'a dans ce cas pas tellement de choix et ça ne sera jamais complètement la maison de mes rêves...)

Tes parents ont abusé de ta gentillesse ou de ta recherche d'amour, c'est clair. Peut être espéraient-ils ainsi te laisser leur maison en héritage ? Mais même ça, ça ne justifie pas qu'ils profitent de toi ni qu'ils agissent maintenant comme des princes. Et je comprendd qu'il te soit difficile de faire le deuil de la relation que tu aurais souhaité avoir avec eux, s'ils sont si prêts et présents dans ta vie malgré toi (d'où ta fugue en janvier et la longue discussion que tu as eu avec eux ? - et qu'ils ne semblent pas avoir intégrée -)

---------
Je fais encore du chemin avec le début de ma psychothérapie, je l'ai vue hier pour la troisième fois pour évoquer (enfin un peu plus quand même que juste évoquer, vu que j'ai parlé non stop pendant 1h15 et que je suis sortie de là épuisée et vidée) les traumatismes liés à mes hospitalisations. Elle m'a, après mon long laïus, dit que la maltraitance hospitalière, qu'elle a confirmé, était commune aux victimes, qui restaient incomprise par les soignants et que ça entraînait une escalade de violence de part et d'autre (j'ai quand même mis le feu à l'unité, ce qui est un acte violent de ma part ; en contrepartie de quoi je me suis retrouvée en chambre d'isolement comme je l'ai déjà raconté sur le forum) Violence contre violence.

----------
J'espère que tu trouveras l'élan de reprendre l'écriture pour ton psy, mais je comprends que le "blast" que tu as eu en janvier, cette révélation, te soit difficile à poser sur le papier. Quand tu l'auras fait, tu auras sans doute franchi une nouvelle étape d'acceptation de cette nouvelle vérité, et je crois que ça doit te donner de l'espoir. Et tu auras alors aussi l'éclairage de ton thérapeute sur ce que tu as compris de toi, c'est précieux !

Je t'embrasse fort, merci de ces échanges privilégiés. :zenzen:
Utilisez les rapports si vous désirez que l'on efface/édite/verrouille/déverrouille l'un de vos messages/sujets/salons ; ou pour prévenir la modération d'un message hors charte. Merci de votre aide !

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chak
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Chak Chak et la Vacuité

Message par chak » lundi 15 juillet 2019 4:13

coucou ma p'tite miet :bisouss:
rhaaa, tu vois, je reviens dans le coin ! :wink2:

tout d'abord, je voulais répondre à ta question sur ton salon :

effectivement, on a notre terrain, acheté en janvier, après une année de galères terribles et stressantes (dont 2 annulations de la vente).
on n'y vit pas parce qu'il n'y a pas les conditions.
mais bon, comme il y a tout à faire… ben on avance, lentement mais surement… on n'a pas 20 ans :wink2:

le puits est fait.
on avait fait venir une sourcière qui avait trouvé quelques endroits favorables.
on a fait creuser là où elle avait indiqué 7m… et horreur… pas d'eau… :bigpeur: donc on a creusé jusqu'à trouver de l'eau, on a du aller jusqu'à 10m pour qu'il commence à y avoir des infiltrations…
l'eau arrive extrêmement lentement… en même temps, ici, c'est aride, et bien comme il faut ! on manque grave d'eau et il ne pleut pas depuis 3 ans (ou des petits crachins sur des petites périodes… ce qui ne suffit pas)… et ça me fout la trouille.
mais bon, comme tout le monde nous dit que si l'eau arrive, même lentement, à cette saison, ben c'est gagné, alors… je les crois !
pour le moment, on a 2m d'eau, depuis début juin, donc, on va dire qu'on gagne 1m par mois (c'est vrai que c'est cool tiens, j'avais jamais calculé comme ça… :pense: je dois être trop impatiente… :newblush: ).

sinon, du côté du voisin qui avait fait annuler la vente et qui s'y opposait, on n'a pas de nouvelles… nous étions sensés lui en revendre une partie, la partie basse, agricole.
on espère, vu qu'on va faire des construction sans demander de permis, qu'il ne va pas nous dénoncer à un moment donné… mais bon, on s'attend déjà à ça quoi qu'il arrive… donc on verra.

mon chéri est en train de construire un abri tout en bois pour tout ce qui est matériaux de chantier.
puis il s'occupe aussi d'aplanir et de préparer un espace qui accueillera un camping-car qu'on est en train d'acheter… 4 tonnes le bidule, quand même, c'est pas rien !

voilà, sinon, on a planté des arbres, fait des chemins d'accès au terrain et aussi à la maison.

c'est beau, ça prend forme tout doucement :love1:

cet été, gros chantier d'une construction en bois qui sera dans un premier temps l'entrepôt (terme que l'idiot n'aime pas… :rire1: ) qui recevra tous les meubles et le fatras qu'on a dans notre maison, et qu'on transformera par la suite en semi-habitation et semi-atelier.

et puis, l'an prochain, quand on aura de l'eau et de l'électricité, on commencera la maison, qui elle, sera en pisé (terre et cailloux compressés), une construction très typique d'ici, avec des murs de 60cm d'épaisseur pour garder la fraicheur. gros chantier, et difficile aussi.

personnellement, je suis un peu distante de tout ça.
ça m'angoisse… tout m'angoisse !
je ne vais quasiment jamais sur le terrain, mon chéri fait tout, et tout seul en plus…
mais je n'y arrive pas.
j'ai tenté en sophrologie un "ancrage", sur place, c'était bien, ça s'est bien passé, mais bon, ça ne m'y fait pas aller plus.
on verra…
en attendant, lui est tellement excité et heureux que ça ne le dérange pas plus que ça.
puis quand il rentre, le repas est prêt, ça sent bon, il a juste à se prendre une bonne douche chaude, mettre les pieds sous la table et aller se reposer :wink2:

----------------------------------

et toi… depuis février (ton dernier message ici)… aussi beaucoup de mouvements !
j'ai lu par bribes dans ton salon, ta ténacité et ton courage, ta patience aussi :offre:
chaque projet nécessite une bonne dose de tout ça on dirait !…
c'est épuisant mais on est toujours debout ma p'tite miet, n'est-ce pas ? malgré ce chantier de vies décousues et compliquées :sue:

as tu le sentiment d'avancer côté thérapies, émotions, souvenirs et troubles comportementaux ?
t'aimes-tu ? t'acceptes-tu ? acceptes-tu ton passé et tout ce qu'il a de douloureux ?
as-tu le sentiment d'avancer sur ton chemin ?

on m'a fait découvrir en février les vidéos d'une dame que j'ai beaucoup aimé, spécialiste en traumatologie et neurosciences.
c'est super intéressant, je ne sais plus si j'en ai parlé dans ma galerie à ce moment là ?
m'enfin, pour faire vite, je te fais un résumé :
le trauma est ce qui arrive.
le traumatisme est ce que l'on met en place pour se protéger.
le trauma est ponctuel.
le traumatisme est sensé survenir juste après un trauma et avoir une durée plus ou moins courte, mais s'il nous manque des informations, il peut durer une vie.

par exemple : une alarme à feu dans un appart (=nous), s'il sent de la fumée (=trauma), il se met en marche (=traumatisme). on vérifie ce qu'il y a et on l'éteint.
s'il y a un bug quelconque (un insecte coincé dedans par exemple = manque d'information), il va sonner en continu sans qu'il ait une vraie bonne raison de se mettre en marche, et pour trouver le bug, ça va être compliqué, ça va prendre du temps… et en plus, ça rend dingue ! et bien ça, c'est nous… en état d'alerte permanent alors qu'à priori, il n'y a pas lieu de l'être (=traumatisme mal géré, mal soigné, mal traité…)

j'ai trouvé ça intéressant… elle dit plein d'autres trucs encore.
aussi sur la manière de traiter les vieux traumatismes et les mise en alerte qu'on s'est construites… et qui à priori, n'ont pas lieu d'être sur toute une vie.

voilà… moi, j'en suis encore un peu là…
j'ai compris beaucoup de choses, mais mes traumas m'ont façonnée, ont façonné ma manière d'être, de penser, d'agir. ces constructions sont difficiles à déconstruire…

je pense à ça parce que tu as aussi subit des traumas importants dont tu n'es peut-être pas tout à fait remise / guérie (?).
est-ce que tu as pu continuer un peu l'écriture ?

moi de mon côté, bouhhh… calme plat…
j'ai beaucoup de mal à me concentrer, pour diverses raison/excuses…

la thérapie avance comme un escargot…
je tarde et procrastine à chaque courrier…
mon thérapeute est patient…
et mes projets d'écriture n'avancent pas.

j'ai repris depuis quelque temps un rythme de vie mauvais (dodo, alimentation et addictions), je n'en suis pas satisfaite, mais je ne m'y oppose pas tant qu'avant, je ne culpabilise pas tant qu'avant… et je prends ça comme une avancée.

voilà :smile:
je vais m'arrêter là, je vais aller au lit, ou du moins, tenter…
une bonne partie de ce message aurait pu aller en galerie… mais bon, c'est là… :wink2:

je t'embrasse fort miet, courage à toi, penses à tout ce chemin que tu as parcouru, à toutes tes réussites, tes avancée, à ton courage dans tant de situations.
tu es une personne magnifique.
plein de pensées tendres pour toi :bisouss: :love1: :love1: :love1: :love1: :offre: :sun:

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Chak Chak et la Vacuité

Message par chak » samedi 03 août 2019 3:49

la nuit
quand tous les yeux sont fermés et toutes les âmes se promènent dans d'autres mondes
je me promène moi aussi
dans le silence et dans le calme
je profite de ces moments doux
personne ne me sollicite, personne n'a besoin de moi
je ne "dois" pas
je me repose
enfin
en paix
je fais le point aussi
des désagréments, de mes faiblesses
je pose
à plat
ce que je ne comprends pas
ce monde dans lequel j'évolue aujourd'hui
tous ces changements
d'époques, de valeurs, de comportements humains
je ne comprends pas
j'ai raté une étape
j'ai raté des évolutions
j'étais où ?
je faisais quoi ?
est-ce donc allé si vite ?
que je ne me suis rendue compte de rien ?
ou est-ce intrinsèque à moi-même ?
moi et ma bulle
petits papillons colorés mais si éphémères, que je réinvente à chaque fois d'une autre manière
je rêve
que les gens soient souriants et heureux
qu'il n'y ait rien de plus simple qu'un échange
un échange de regards, de visages sereins
pas trop de mots
de la douceur
de l'attention
des attentions
respecter l'être, regarder les mouvements, ressentir les émotions
partage du temps
profiter pleinement de l'autre
bienveillant
je rêve
c'est tout
je me rends compte que non
trop de mots
trop d'égo
l'argent parle
l'argent pollue
l'argent tue
d'échanges il n'y a pas
de conditions masquées il y a
tout est contrats sous-entendus
profit
on profite des rêveurs
ils n'y voient que du feu
mascarade
drague, séduction, envoutement
avec un but précis
pomper l'énergie vitale de l'idiot qui ne vit pas à son époque
moi
les écrans
les écrans
les écrans
partout, toujours
écran qui fait écran
entre toi et moi
il y a ce mur
si petit, si bien étudié
il passe inaperçu
quel génie !
quel crime !

humain, tu me manques !

et les vieux meurent
ceux que j'aime
ils meurent
ces fous si vivants
si vivants
si vivants
ne partez pas, je vous en supplie, ne partez pas !
attendez encore un peu
il reste encore quelques humains, je vous assure.
ne partez pas !

je ne sais même plus qui je suis
je suis tellement confuse
je ne devrais pas
je devrais savoir
mais je suis dans une bulle que je renouvelle chaque instant
est-ce le déni ?
ou est-ce l'espoir ?
l'espoir je pense, sinon, je ne serais pas si triste

le coq chante, il est 3h du matin
sacré gentleman celui-là
monde animal, monde végétal
monde sensé, cruel, beau, logique, intense, passionnant…
il y a peu, l'humain en faisait partie
on se perd
pour des broutilles
vraiment
nouveau cycle
je ne pensais pas que c'était si rapide
je suis quand même contente de parfois faire partie de l'au-delà
on remercie l'univers


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