Je t’écrirai tout à l’heure ou dans les jours qui suivent, car il y a pas mal de choses auxquelles j’aimerais répondre
Aujourd’hui, je vais essayer de passer un peu moins de temps devant les écrans
J’espère que tu arriveras à lire les images ^^
Prends soin de toi et que ta journée soit merveilleuse
Et oui, tu l’as très bien dit, même le livre le souligne :
Faire sa crise d’adolescence, hihihi
Sinon, j’ai copier-coller le texte ici :
Qui suis-je ?
Savez-vous affirmer votre
personne ?
— Tu viens ? On va au resto. Tu préfères la pizzeria
ou le chinois ?
— Je ne sais pas, comme tu veux.
Savez-vous choisir, osez-vous avoir des préférences ou
suivez-vous volontiers les désirs d'autrui ? Certaines
personnes ont tant appris à n'avoir ni désir, ni besoin,
qu'elles ne savent même pas ce qui leur plaît davantage.
Sous couvert de privilégier la qualité du lien : « Ce qui te
fait plaisir me fait plaisir », elles dissimulent leur absence
de désir propre. Faire plaisir est l'objectif premier, au prix
de son individualisation.
Dans l'incapacité de dire non, ces hommes et ces
femmes sont « trop gentils ». Terrorisés par le conflit, ils
ne s'opposent pas. Et quelle meilleure façon de ne pas se
confronter que de ne pas avoir d'idée propre.
On entend leurs difficultés à s'affirmer et leur quête
d'approbation dans leur langage, ponctué de : « tu vois »,
« n'est-ce pas », « tu ne trouves pas ? ».
Non, non, non et non.
Dans la vie de chaque être humain en développement, il y a
une période marquée par un non quasi systématique. Entre
dix-huit mois et deux ans, tout enfant traverse cette étape,
marquée par l'opposition et les nombreuses colères.
L'enjeu est d'importance, il s'agit de son individuation.
L'étape du non est incontournable. Elle a une fonction,
elle poursuit un objectif.
Elle peut être très courte si elle est acceptée et
accompagnée positivement par les parents, et donc si elle
atteint son but de permettre à l'enfant de se sentir exister
en tant que personne séparée.
Elle peut durer longtemps, voire toute une vie, si elle est
empêchée, réprimée, dévalorisée.
La période du non est dite de contre-dépendance.
Durant la période de dépendance, le bébé a construit sa
sécurité intérieure. Il a grandi.
Il s'agit maintenant pour lui de sortir de la symbiose.
Il veut devenir une personne séparée.
Il veut exister pour lui-même.
Il veut connaître les frontières de son moi.
Il cherche non pas les limites de ses parents comme
certains veulent le croire, mais ses propres limites.
Il cherche à définir :
Qu'est-ce qui est MOI et
qu'est-ce qui est NON-MOI ?
Pour cela il lui est nécessaire de s'opposer au désir de
ses parents.
Car s'il accomplit quelque acte que ce soit quand ses
parents le lui demandent, il ne peut savoir s'il le fait parce
qu'il en a envie ou parce qu'il est le prolongement du désir
de ses parents.
Suis-je le sujet de mes actes, ou ne suis-je qu'un objet ?
S'il ne se sent pas accepté dans ses refus, dans sa
recherche de lui-même, soit il se bloquera dans
l'opposition systématique, soit il redeviendra le petit
garçon gentil à sa maman, un petit garçon qui ne tentera
plus d'être lui-même parce qu'il aura interprété que c'était
dangereux pour lui, ou pour sa mère, en tout cas pour la
relation.
Dès que l'on traite un enfant en objet, on lui ôte la
possibilité de se vivre sujet.
Pour enraciner notre sentiment de sécurité intérieure,
nous avions besoin des bras de maman, pour construire le
sentiment de confiance en notre personne propre, nous
avons besoin de son regard bienveillant, de son respect et
de permissions adéquates :
« Tu as le droit d'être toi et différent de moi »
Une phrase qui se décline en de multiples permissions :
Tu as le droit de sentir les choses différemment de moi,
d'aimer ce que je n'aime pas et de ne pas aimer ce que
j'aime.
Tu as le droit d'éprouver de la colère, de la tristesse, de la
peur, de la joie, tu as le droit de ressentir ce que tu
ressens.
Tu as le droit d'avoir des besoins et de les exprimer.
Tu as le droit d'avoir des désirs et de les exprimer.
Tu as le droit de penser différemment de moi.
Tu as le droit d'avoir des opinions différentes des miennes.
Et surtout :
Je te regarde.
Je te respecte.
Ce respect inclut le respect de notre corps, de nos
pensées, de nos émotions et sentiments, de nos droits, de
notre territoire, de ce que nous possédons, même si ce
ne sont que nounours déchirés, capsules de bière
collectionnées, vieux papiers, marrons ramassés au
square, coquillages et autres trésors.
Nous traversons une seconde période d'opposition au
moment de l'adolescence.
L'enjeu est une nouvelle fois l'affirmation de son
individualité, sur le plan des valeurs cette fois.
L'adolescent a besoin de se séparer de celles de
ses parents pour trouver les siennes propres.
L'enjeu est :
« Je veux être certain que je pense par moi-même ».
Avoir confiance en sa personne propre signifie avoir
confiance en ses propres sensations, émotions, sentiments
et pensées.
Qui suis-je ?
Je suis MOI !
La réponse ne fait alors aucun doute pour vous.
Vous savez ce que vous voulez.
Vous avez confiance en vos sensations.
Votre goût est sûr.
Vous n'hésitez pas pendant des heures entre deux sacs à main.
Vous savez choisir ce que vous désirez manger au restaurant.
Vous connaissez vos besoins et savez les manifester.
Vous savez exprimer vos émotions.
Vous n'avez besoin de personne pour vous dire que
penser.
L'avis des autres vous indiffère.
Vous avez confiance en votre intuition, cette petite voix qui
vous parle à l'intérieur.
Vos opinions sont claires, vous êtes capable de monter au
créneau pour les défendre.
Pour autant, vous avez suffisamment confiance en vous
pour vous remettre en cause.
Vous acceptez de vous tromper et vos convictions sont
susceptibles d'évoluer en fonction des informations que
vous obtenez...
Vous avez confiance en votre personne.
Quand elle nous fait défaut, cette confiance se
reconstruit en osant braver l'interdit parental d'opposition,
en retrouvant nos émois d'enfant dans un travail
psychothérapeutique et dans son quotidien, en apprenant
à dire non et en faisant des choix.
La plupart des psychothérapies accompagnent leur client
sur ce chemin de la différenciation et dans cette quête :
« Qui suis-je ? »
Parallèlement, pour (re)construire cette confiance, nous
avons à nous découvrir à travers quelques expériences,
celles que nous n'avons pas pu faire enfant.
Nous avons besoin d'affirmer des désirs, des besoins, de
nous tromper, de constater que cela n'a pas tant
d'importance.
Nous avons besoin d'apprendre à passer avant les autres,
bref de traverser la naturelle période d'égoïsme qui
permet de sentir son ego, en discerner les contours,
suffisamment pour être simplement soi par la suite.
Il s'agit finalement de faire sa « crise d'adolescence ».
Il n'est jamais trop tard pour chercher sa personnalité !
Pour restaurer la confiance en vos désirs
et en vos besoins :
Commencez simplement en faisant vos courses.
Entrez dans une boulangerie, regardez attentivement les
pains et... ressortez sans rien acheter.
Dans une pâtisserie, demandez une croissant, puis
ravisez-vous et préférez un palmier... Ah non, finalement,
vous voulez le croissant.
Pour être plus à l'aise, choisissez des commerces
éloignés de votre domicile.
Entraînez une copine (ou un copain si vous êtes un
homme) dans les grands magasins et essayez toutes
sortes de vêtements.
Ne vous limitez pas à ce que vous avez l'habitude de
porter.
Pour vous donner davantage de liberté, interdisez-vous
d'acheter le jour même.
L'objectif est de vous regarder dans toutes sortes
d'accoutrements.
Et si l'habit ne fait pas le moine, il reste qu'on se sent
différente en mini-jupe et chemisier sexy qu'en pantalon
jogging et gros pull tombant.
Explorez ces sensations et regardez comme votre image
change selon les vêtements que vous osez.
Apprenez à vous maquiller, changez de coiffure,
travaillez votre look, non pour singer les autres et
devenir autre que celle que vous êtes, mais pour oser
vous révéler à vous-même.
Au restaurant, sortez du menu !
Prenez trois entrées plutôt qu'une entrée, un plat, un
dessert.
Demandez un changement de garniture.
Modifiez les ingrédients de la pizza...
Faites des expériences.
Osez « embêter » le serveur...
On vous fait une demande ?
Dites non systématiquement puis réfléchissez et donnez
votre réponse.
Prenez la parole trois fois par jour.
Écoutez vos enfants trois fois par jour pendant cinq à sept
minutes.
Lancez un sujet de conversation au moins une fois par jour.
Jugez les comportements de vos parents à votre égard.
De temps en temps, demandez à vos enfants de vous
juger.
Écoutez leur jugement et reconnaissez la part de vérité
qu'il contient.
Vous n'avez pas d'avis ?
Défendez-en un pour l'expérience.
Acceptez et valorisez l'avis de vos enfants, même si ce
n'est pas le vôtre.
Permettez qu'un enfant ait un avis différent de celui de son
frère.
Invitez vos enfants à choisir leurs vêtements dans la
penderie dès l'âge de deux ans.
Autorisez-les à préférer un pull à un autre, même si ce
dernier ne vous plaît pas.
Offrez des choix de nourriture.
Tu préfères tes carottes râpées ou à croquer ?
Souvenez-vous que les goûts des enfants changent
énormément, leurs papilles peuvent réagir différemment
d'un mois sur l'autre.
Ils ont le droit d'aimer un aliment un jour et pas le
lendemain.
Si le goût des adultes est relativement fixe, celui des
enfants est encore très labile.
Le goût n'est pas seulement affaire de « psychologie »,
c'est un sens physique.
Évitez de choisir pour eux leur coiffure.
Décidez de vous passer de vin, d'alcool, de café ou de
viande pendant une période d'un mois.
Attention, il ne s'agit pas de faire un régime.
L'objectif est de créer une différence avec autrui pour
résister à l'influence sociale.
Vouloir maigrir est justement vouloir se conformer à
l'influence sociale, ce serait donc contre-productif ici.
LES MOTS À SE DIRE ET À DIRE
À VOS ENFANTS EN TRANSFORMANT
LES « JE » EN « TU » :
J'ai le droit d'être différent.
J'ai le droit d'avoir un goût personnel.
J'ai le droit d'être en colère.
J'ai le droit d'avoir des désirs et des envies.
J'ai le droit d'avoir mes propres idées.
J'ai le droit de ne pas penser comme tout le monde.
Tu es toi et je suis moi.
Et, ça c’est le livre en entier, il y a juste l’image d’entrée qui n’est pas la même :