Bonjour,
Je vais tenter de répondre en t'apportant les quelques connaissances que j'ai :
Concernant les médicaments : Les deux grandes familles de psychotropes utilisées en majorité (pour ne pas parler des neuroleptiques) sont les anxiolytiques et les antidépresseurs.
Les premiers servent à calmer les angoisses, les paniques ou plus simplement le stress.
Les seconds servent généralement à réactiver le système neuro-végétatif en agissant sur les neurotransmetteurs. Ils sont censés donner la "pêche". Mais certains d'entre eux (ceux empêchant la recapture de la sérotonine (ISRS)) sont connus et utilisés pour calmer les grandes angoisses et crises de panique.
Concernant la psychanalyse :
Il existe de nombreux types de thérapie : psychothérapie de soutien, psychothérapie cognitivo-comportementaliste, psychothérapie à consonance analytique, et, ce qui n'est pas obligatoirement considéré comme une thérapie : la psychanalyse.
La psychanalyse se fait dans un cadre strict, strict car les techniques sont plus pointues qu'on ne l'imagine.
L'analysant (car l'on ne parle plus de patient, mais d'analysant (du moins chez les analystes lacaniens)) s'allonge (généralement au bout de 2 ou 3 séances d'introduction) sur un divan, canapé...
L'analyste lui, est assis, la plupart du temps derrière l'analysant, afin de pouvoir écouter ce dernier, observer ses réactions, et ne pas l'influencer en montrant ses éventuelles réactions.
L'analyste ne dort pas contrairement à ce que l'on peut parfois penser (ce qui n'empêche pas le cas de certains mauvais psychothérapeutes s'endormant mais il ne faut pas confondre) : il se place en "écoute flottante". C'est un système assez complexe où les deux inconscients se mélangent presque, où les mots de l'analysant percutent l'inconscient de l'analyste et font sens.
L'analyste parle peu, mais ceci dépend en fait de ce dernier, car même si l'on retrouve quelques similitudes dans les différentes écoles (freudienne, lacanienne, kleinienne, etc...) il existe autant de psychanalyses que de psychanalystes.
Ensuite, beaucoup de choses arrivent : interprétation des rêves, interprétation des lapsus, des actes manqués, des paroles, acting-out parfois, et bien entendu le célèbre transfert, qui est indissociable de l'analyse, parce qu'il fait partie du travail analytique, et doit avoir lieu, qu'il s'agisse d'un transfert positif, mais aussi d'un transfert négatif (aimer son ou sa psychanalyste, l'apprécier, ou lui en vouloir, ne pas l'aimer, tout ceci est bénéfique et doit être raconté sur le divan, car cela a du sens, et ce sens, l'analysant doit le comprendre).
La psychanalyse n'est pas remboursée. Il faut payer de sa poche. Cela peut être vu comme un frein. Cela peut être un frein réel d'ailleurs.
En fait, l'analyste doit s'adapter aux rentrées d'argent de l'analysant, et lui proposer un tarif en rapport avec ses revenus.
Mais il est crucial de ne pas être remboursé. D'ailleurs les psychanalystes demandent aux enfants de leur amener un tout petit quelque-chose, un caillou, un bonbon.
J'ai pu personnellement voir que l'on ne s'implique pas de la même manière lorsque l'on paye, et lorsque l'on ne paye pas (remboursé). Dans ce deuxième cas, l'on aura la faiblesse de décommander un rendez-vous parce que l'on ne se sent pas bien. Alors que lorsque l'on paye, puisque toute séance ratée est due, et bien l'on s'implique à 120%. Et si l'on a un véritable empêchement, le psychanalyste, prévenu en temps et en heure ne posera aucun problème.
Maintenant, l'analyse est-elle bonne pour tout le monde ?
Je ne le pense pas.
Solutionne t-elle tout ?
Non.
Correspond-elle à tout le monde ?
Indéniablement non.
Je dirais qu'il faut essayer pour savoir.
Qu'est ce que l'analyse m'a apporté ?
Des centaines de fois je suis arrivé en me demandant ce que j'allais raconter. A peine allongé, et après quelques secondes de vide, les mots sortaient. Les mots et les maux. Des angoisses, des histoires, des souvenirs, des blocages. Et je ressortais en ayant décortiqué une pelote de laine qui m'étouffait, et je ressentais une légèreté qui m'apportait une certaine euphorie.
Mais ceci est mon expérience, et chacun doit vivre la sienne.
