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Bonjour et merci pour ta réponse. Le fait de conduire une voiture avec une boite automatique t'aide reellement à te concenter sur le reste? Et si je peux me permettre, pourquoi il te faut absolument un co-pilote pour prendre le volant? Aurais- tu comme moi une phobie de conduire et réussi à la vaincre ? Merci d'avance
Oui la boîte automatique m'aide réellement car j'ai tendance à oublier à quelle vitesse je suis et je suis souvent obligée de regarder sinon
de plus cela me permet en général d'être plus attentive à ma vitesse et à ce qu'il se passe autour de moi
J'ai besoin d'un co-pilote car je suis effectivement phobique, quoique pas spécifiquement phobique du volant... lorsque la situation sur la route se complique un peu, je n'arrive plus à suivre, à comprendre se qui se passe devant moi, j'ai alors besoin des yeux et de la voix d'une personne à côté de moi...
Ceci dit, je ne pensais pas être capable de conduire un jour, et en fait j'y arrive : sur des trajets de campagne, je pense pouvoir affirmer que je pourrais m'habituer à les faire seule...
Je me suis inscrit sur ce forum et je poste ce message car je cherche de l’aide. Les problèmes que je ressent me rendent fou et dangereux. J’ai décidé de faire un nouveau sujet car les autres topics sont anciens et ne correspondent pas totalement à ma situation.
Je panique sur l’autoroute et la voie rapide et ça me rend dangereux, j’ai peur d’entraîner la mort de ma femme et de mes enfants. Et même quand je ne conduis pas cette idée m’obsède et désormais je suis également paniqué même quand je ne conduis pas car je ne fais que penser à ma dangerosité sur la route.
J’ai eu le permis en 2012 et pendant 3 ans je roulais normalement sur autoroute. A partir de 2014 je sentais une appréhension apparaître lorsque je roulais sur autoroute. En 2015 alors que je devais faire Metz-Nantes avec mes sœurs à bord, étant le seul conducteur, j’ai eu une attaque de panique qui m’a forcé à m’arrêter et je n’ai pas pu accomplir le trajet. Pendant cette crise j’avais de multiples impressions : impression que je vais mourir dans les instants qui suivent en entraînant mes sœurs avec moi, impossibilité de sortir de l’autoroute, impression de tomber dans le ciel, impression de m’endormir au volant, impression de perdre le contrôle … Cette crise n’est pas venue toute seule, car je ressentais une appréhension étrange avant même le commencer à conduire.
A partir de ce jour j’ai été incapable de conduire sur l’autoroute, et même sur les voies rapides limitées à 110. Cela a duré 3 ans. En 2018, anticipant le fait d’être obligé de conduire de nouveau sur l’autoroute, j’ai réussi à me forcer à reconduire sur l’autoroute. A ce moment-là je ne disais rien à ma femme. Je ne connaissais pas le nom à l’époque, mais j’improvisais moi-même des exercices qui ressemblaient à ce qu’on peut faire en TCC.
J’ai réussi à faire plusieurs voyages sur l’autoroute étalés sur quelques mois. Les voyages se passaient de façons variables, mais je n’arrivais pas dans un état de panique. J’ai commencé à cette époque à faire une fixation sur les éoliennes qui se trouvent au bord des autoroutes, car un grand nombre de ces constructions étaient apparues à ce moment-là. Alors que je faisais un voyage Caen-Nantes, j’ai eu une nouvelle attaque de panique similaire à la précédente, au moment où nous passions des éoliennes à côtés desquelles j’étais déjà passé à l’aller. Cette fois-ci ma femme était dans la voiture, j’ai dû lui expliquer ce qu’il se passait. Ma femme ne pouvant conduire, j’ai cette fois-ci pu terminer le voyage sur autoroute avec tout de même une certaine appréhension.
Depuis ce jour, je suis incapable de rouler sur autoroute car je me mets immédiatement à paniquer. Idem pour passer les ponts comme le pont de Cheviré à Nantes. Je n’ai qu’une seule envie : m’arrêter pour sortir, car j’ai l’impression que je vais entraîner la mort de mes passagers.
Nous devons souvent faire le trajet Caen-Nantes et inversement. Désormais c’est ma femme qui conduit sur l’autoroute, et moi je prend le relais sur la voie rapide pendant 1H. Mais désormais ces problèmes me touchent également sur la voie rapide. Je ne suis jamais serein tout du long, je suis toujours dans un état d’anxiété important voire de panique. Depuis 3 ans que nous fonctionnons comme ça, il y a des fois où le trajet se passait bien, et d’autres où j’étais dans un état de peur importante mais j’essayais de ne pas le montrer. Parfois ma femme ne peut pas rouler sur l’autoroute car elle est trop fatiguée ; je prends alors le relais sur des petites routes. J’ai même fait des voyages complets sur départementale, ce qui n’arrange pas ma situation comme vous allez le voir après.
En plus des éoliennes et des impressions précédentes, j’ai développé une fixation sur les poids lourds. Je suis extrêmement anxieux et même paniqué lorsque je double un poids lourd, j’ai l’impression que ma voiture devient légère et que je risque d’en perdre le contrôle. Quand il y a un véhicule trop proche derrière moi, camion ou non, je me mets à paniquer. Ces paniques me préoccupent grandement car je me mets à avoir peur d’être tellement paniqué que je me mettrais à freiner, et le camion de derrière me percuterait. J’ai l’impression que mes paniques sont de plus en plus fortes et j’ai peur de ne pas réussir à les gérer.
Au cours d’un voyage Caen-Nantes j’ai eu une expérience désagréable sur la voie rapide : en état d’anxiété moyenne, la nuit, je double deux camions 44 tonnes situés l’un derrière l’autre. A peine ai-je doublé le premier que celui-ci se déporte derrière moi dans ma voie pour doubler le camion de devant qui roule plus lentement. J’étais donc dans la voie de gauche, avec un poids-lourd à ma droite, et un autre derrière moi. Je suis entré dans un état de panique, l’un des plus forts que j’ai ressentis. Pendant une ou deux secondes j’avais l’impression d’être bloqué, désemparé, et d’être sur le point d’entraîner la mort de ma femme et de mes filles. J’avais l’impression de ne voir qu’une seule issue mais de ne pas être capable de l’atteindre. Puis j’ai mis pied au plancher, j’ai accéléré pour me rabattre à droite devant l’autre camion, en touchant le tableau de bord de ma main droite et en émettant une sorte de râle qui a réveillé ma femme qui se demandait ce qui se passait. Une fois remis sur la voie de droite et après avoir doublé les deux camions, la panique a disparu. Pendant ce voyage, notre fille était en train de voyager à l’arrière de la voiture.
Depuis ce jour je suis terrorisé à l’idée de revivre cette scène. J’ai l’impression que mes paniques sont de plus en plus fortes et qu’un jour je serais complètement désemparé et n’arriverais pas à m’en sortir. J’ai l’impression qu’un jour j’aurais des camions autour de moi et je vais freiner net dans ma panique entraînant un carambolage. J’ai l’impression que je vais tuer ma famille et je ne pense qu’à ça chaque jour. Parfois je regarde ma fille et je me dis qu’elle n’a pas de chance de m’avoir comme père car elle n’est pas en sécurité avec moi.
L’été dernier j’ai eu des RDV avec un psy pour mettre en œuvre une TCC mais j’ai l’impression que ça ne donne rien. On m’a expliqué que certaines de mes appréhensions correspondent à des phobies d’impulsions. Les expositions progressives ne fonctionnent pas, j’ai l’impression qu’au fil du temps mon anxiété et mes paniques augmentent alors que je fais davantage d’expositions. J’avais déjà remarqué avant que mon état sur la route dépend de la fixation que je fais en amont sur le voyage. Autrefois je pouvais y penser les jours qui précédent le voyage. Puis la semaine. Puis les deux semaines qui précèdent. Maintenant, je ne pense plus qu’à ça 24H/24. Ca commence même à impacter mon travail car je ne pense qu’à ça au travail.
Ma femme est enceinte de notre deuxième enfant et puisqu’on ne voyage pas avant le terme, j’ai décidé d’utiliser la période de 4 mois qu’il me reste pour faire le plus d’expositions possible. Mais comme je vous l’ai dit j’ai l’impression que cela se détériore. Nous allons revenir sur Nantes en février et maintenant je vois cette date comme la date butoir où je vais avoir un accident.
Ma femme est au courant de mes problèmes, mais ces derniers s’intensifient depuis le mois de février et je ne lui ai pas parlé de ça en particulier. Par le passé elle a déjà accepté à ce que je fasse le trajet sur des petites routes, mais ce n’est pas idéal car je commence là aussi à devenir anxieux H24. Car même sur les petites routes départementales il y a des poids lourds partout. Je pense avoir effectué deux dépassements dangereux au cours d’un de ces voyages, à chaque fois avec ma fille à l’arrière, et je suis désormais paniqué à l’idée d’avoir un accident sur ces routes qui sont de base plus dangereuses que les autoroutes. Je me suis promis de ne plus doubler quoi que ce soit sur ces routes, mais maintenant je suis anxieux à l’idée de ne pas suivre ma propre règle et d’entraîner la mort de ma fille.
J’essaye de cacher mon état dans la vie tout les jours mais je pense à ça H24. Je me sens dangereux et honteux. Et je cache mes problèmes. L’autre jour j’ai eu mes beaux-parents au téléphone qui me disent qu’ils aimeraient bien que je revienne plus souvent et qui veulent qu’on fasse Caen-Nantes immédiatement après la naissance du bébé pour qu’ils le voient. Au travail j’entend mes collègues se raconter leurs week-ends où ils ont fait des mini séjours « pas loin, seulement 300km sur l’autoroute » et qui me demandent moi-même où je suis allé.
J’ai compris que mon état sur la route dépend du temps que je passe à appréhender le voyage. Moins j’appréhende, mieux ça se passe. Mais désormais je ne fais qu’appréhender le prochain voyage même si la date n’est pas programmée, et j’ai l’impression que mes enfants et ma femme vont périr à cause de moi. Je n’arrive plus à penser à autre chose. Ces paniques sont trop fortes. Je me force à faire des expositions très souvent mais des fois ça se passe bien, et des fois je panique et dois m’arrêter. Et ça coûte cher.
Je ne sais pas quoi faire. Mon objectif est de trouver le moyen dans un premier temps de m’enlever ces idées noires de ma tête de façon à ce qu’elles ne soient là qu’au moment où je roule, car je veux au moins avoir une vie de tous les jours normale avec ma fille et ma femme. Je suis aussi persuadé qu’en étant plus serein dans la vie de tous les jours, mon anxiété sur la route sera moins forte. Mais je n’y parviens pas. Ces derniers jours ma femme me demande souvent « ça va ?» car elle doit se rendre compte de quelque chose, mais je ne lui ai pas encore parlé de mes paniques qui augmentent. Elle sait juste que je fais très souvent des expositions sur la voie rapide.
Avec mes RDV en TCC et ce que j’ai lu sur internet, je me reconnais dans les textes qui parlent de phobies d’impulsion (confirmé par mon psy), et aussi en ce qui concerne l’anxiété généralisée. Car je suis aussi anxieux sur d’autres sujets, nombreux : sujets de santé, à un moment je pensais que ma maison avait un défaut de construction et cela m’obsédait, je m’imagine des scénarios sur à peu près tout, etc … Depuis que je suis né on me dit que je suis anxieux. Quand j’étais enfant je vivais en Moselle dans une zone désindustrialisée où subsistaient encore des hauts fourneaux et des centrales électriques, mon anxiété à l’époque était de m’en approcher car ces très grands bâtiments m’intimidaient. Mais ces anxiétés ne sont en rien comparables à ce que je ressens en voiture aujourd’hui, et surtout elles ne risquent pas d’entraîner la mort de ma famille.
J’ai l’impression d’avoir un parasite dans ma tête qui me souffle ces anxiétés qui se transforment en panique. J’en suis arrivé à un point où j’envisage l’idée de prendre des médicaments contre l’anxiété, ce que je n’envisageais pas avant. Je veux trouver un moyen de réduire ces paniques pour assurer la sécurité de ma famille. Mais il se trouve que ma femme prend elle-même de la paroxétine, elle ne sait pas dire si le traitement fonctionne réellement, et en plus de ça j’ai lu que ces médicaments ont une myriade d’effets secondaires. Je ne veux pas que ce qu’il reste de ma vie soit pourrie par ces médicaments et je ne veux pas perdre ma femme à cause de ça.
Voilà je vous remercie d’avoir lu ce très long texte. Je ne me suis jamais senti aussi mal et j’ai l’impression que des gens vont mourir par ma faute. Je dois encore faire un Caen-Nantes ce week-end, je serais seul en voiture et je suis assez serein, je ne pense pas à ce voyage car mon esprit est obsédé par celui qui je devrais faire en février avec ma femme et mes deux enfants. Parfois je me dis qu’ils seraient plus en sécurité sans moi.