Après près d'un an d'inactivité, je vous présente une nouvelle débuté ce soir, bien décidé à reprendre l'écriture.
J'attend vos avis
Amour substitutionnel
1
-« Dégage morveux ! On n’a pas besoin de petit mendiant dans ton genre ici ! Sors de mon bar !»
-« Mais m’sieur ! Arrêtez ! Aie… ! »
Du haut de ses 6 ans, Billy Cooper s’écorcha les genoux en tombant brutalement sur le trottoir noirci par de trop nombreux passages de semelles de propreté et de provenance douteuses. Des larmes naissantes s’écoulèrent sur ses joues provoquées à la fois par la douleur et la brutalité gratuite de cet homme dont le fond sombre ne devrait pas entrer en contact avec la sensibilité teintée d’innocence d’un enfant aussi jeune et fragile.
Il se releva non sans peine en frottant ses genoux, sa peau rose était visible à travers les lambeaux de ses vêtements comparables à de misérables haillons dont on espère l’usure à d’innocents jeux enfantins et non une pauvreté embarrassante. Devant lui les néons verdâtres aux clignotements épisodiques et inconstants du bar éclairaient faiblement son visage poupin dans l’obscurité progressive du crépuscule. Ses sanglots hoquetants ne tardèrent plus à se dissiper et il reprit sa marche vers des destinations aussi inconnues qu’indécises.
Sa progression était laborieuse en raison des gens pressés et bourrus qui le bousculait dans leur journée menée tambour battant des premiers rayons ardents du soleil à leur extinction dans la froide nuit progressive. Son regard fut attiré par un bâtiment aux couleurs vives et racoleuses, un autre bar. Il poussa la porte en bousculant son poids contre la porte difficile aux mécaniques usées et hurlantes. Sa cornée et ses bronches furent agressés par des nappes de tabac et autres substances emplissant la pièce, des lumières blafardes éclairaient des visages inquiétants dominés par des yeux tantôt méprisants, tantôt dotés d’une attirance malsaine. Dans un coin, une machine maquillée de traits humains efféminés tentait de vendre ses services matures à un noir vêtu de blanc immaculé visiblement peu enclin à tenter la cybernétique. Accoudé au bar, une femme dont le physique était accusé par le poids des années jeta un regard interloqué au petit être progressant timidement vers un gérant à l’apparence équilibrée entre l’antipathie pure et affichée et un manque de soins personnel.