Bonjour,
Je vois que cette rubrique n'a pas été visitée depuis un moment. Alors je viens y faire un tour car, si je me retrouve parmi vous aujourd'hui, c'est en partie à cause des acouphènes. Je me suis réveillée, il y a plusieurs années de cela, un matin comme tous les autres sauf que... ils étaient là. Je n'avais rien fait de particulier la veille, n'ai pas subi de traumatisme sonore, bref ! Ils étaient là... J'ai d'abord pensé que c'était temporaire, que ce sifflement dans mon oreille droite allait partir. Mais la journée a passé, puis les semaines, toujours là... J'ai cru devenir folle. La journée, les bruits ambiants couvraient en partie ces horribles bruits mais le soir... Lorsque j'essayais de m'endormir, je n'entendais que cela. Alors, je fondais en larmes, assise dans mon lit, et je me collais mon gros réveil sur l'oreille pour ne plus entendre ce pshhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh. Puis, à bout de force, je remettais la télé jusqu'à ce que je m'écroule de sommeil, parfois à 3 ou 4 heures du matin. J'étais épuisée, à bout de nerfs.
Alors bien sûr, consultations. Généraliste d'abord, ORL ensuite, scanner du rocher (piste éventuelle en raison d'un accident avec fracture du crâne et trauma crânien durant mon adolescence) puis le verdict : INCURABLE ! Il faut apprendre à vivre avec. On nous aide à dormir avec du Rivotril, à supporter notre angoisse avec des anxiolytiques. Il est impossible de décrire ce que vit réellement un acouphénique. C'est un enfer où chacun d'entre nous est enfermé seul et pour la plupart d'entre nous, jusqu'à la fin de nos jours. Aucun traitement, aucun espoir, aucune compréhension de l'entourage et aucune compassion du côté des médecins. Généralistes, spécialistes, ils sont impuissants alors ils s'en foutent. Mon propre médecin m'a dit : "au fond, les acouphènes, c'est pas si terrible, c'est surtout inconfortable...". S'entendre dire cela alors que depuis des semaines, on ne pense qu'à en finir, qu'on ne tient que pour ses enfants, sa famille.
Puis, les plus chanceux (les moins atteints) finissent par s'habituer. Jusqu'au jour où, sans raison, l'intensité augmente et le problème devient bilatéral. Alors, c'est la rechute. De nouveau les consultations inutiles et pour finir, on vous annonce que le seul remède qui vous soulageait et vous permettait d'aller dormir sereinement (le Rivotril) ne vous sera plus délivré car réservé aux épileptiques !!! J'ai même vu un guérisseur (acouphénique lui-même) mais cela n'a rien donné.
Les concerts, le cinéma, les feux d'artifice, les soirées bruyantes, tout cela est proscrit pour moi car je le paye cher les jours suivants.
Je pourrais m'étendre encore pendant des pages sur ce sujet car ma colère est grande. Bref ! Voilà ma complainte du jour. Je sais qu'il y a bien pire dans la vie mais bon... ça fait du bien d'en parler.
