Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
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- JardinZen
- Messages : 67
- Enregistré le : mardi 20 octobre 2009 0:08
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Bonjour,
Je suis fort étonnée, car il y a peu de temps de cela il était question qu'on m'hospitalise et que si les AD sur place ne machaient pas c'était sismothérapie...
Je m'étais renseignée... et effectivement j'avais lu qu'avec les nouvelles méthodes la perte de mémoire était minime (quelques semaines avant la sysmo et pas des années !!!) mais en plus qu'elle revenait graduellement de semaine en semaine pour revenir complètement au bout de quelques mois... D'après les témoignages ce n'est pas la majorité des cas ! Loin de là, puisqu'on a aucun témoignage de personne qui l'ayant vécue auraient retrouvé intégralement sa mémoire au bout du compte ! Et même loin de là !!! Très loin de là !!!
Alors ok si c'est pour sauver la vie de quelqu'un qui est suicidaire depuis longtemps... pourquoi pas.... mais en cas de dépression chronique si ce n'est pas jusqu'aux pensées suicidaires, là je dis non !
Moi c'est la première fois qu'il m'arrivait d'être prête à passer à l'acter... ce n'est pas chronique chez moi, bien que ma dépression mélancolique soit récurrente depuis 7 ans, c'est la première fois que je tombais si bas...
Maintenant je sais que je refuserais la sismo SAUF s'il en est une question de vie ou de mort... car apparemment les gens qui l'ont subie, même s'ils sont encore dépressifs vont tout de même mieux... Mais je crois que je vais réfléchir personnellement à la question, car finalement si c'est pour rester dépressif... est ce que la descente dans le gouffre à en être suicidaire ne peut pas t'elle pas remonter quelque peu toute seule avec le temps, et donc une hospitalisation sous surveillance médicale ne peut-t'elle pas suffire dans certains cas ???
On se moque vraiment de nous alors ! On nous dit qu'on ne perd qu'une petite partie de la mémoire et qu'elle revient et c'est faux !!! Ça me sidère qu'on puisse mentir de cette façon sur des conséquences aussi graves !
Par contre le comment ça se passait je le savais... sauf que j'imaginais que c'était moins impersonnel... mais je suppose que ça doit dépendre de l'équipe médicale là où l'on est !
Mouai mouai mouai... bah en tous cas ça me fera réfléchir par deux fois si on me la propose à nouveau un jour !
Merci de vos témoignages !
Je suis fort étonnée, car il y a peu de temps de cela il était question qu'on m'hospitalise et que si les AD sur place ne machaient pas c'était sismothérapie...
Je m'étais renseignée... et effectivement j'avais lu qu'avec les nouvelles méthodes la perte de mémoire était minime (quelques semaines avant la sysmo et pas des années !!!) mais en plus qu'elle revenait graduellement de semaine en semaine pour revenir complètement au bout de quelques mois... D'après les témoignages ce n'est pas la majorité des cas ! Loin de là, puisqu'on a aucun témoignage de personne qui l'ayant vécue auraient retrouvé intégralement sa mémoire au bout du compte ! Et même loin de là !!! Très loin de là !!!
Alors ok si c'est pour sauver la vie de quelqu'un qui est suicidaire depuis longtemps... pourquoi pas.... mais en cas de dépression chronique si ce n'est pas jusqu'aux pensées suicidaires, là je dis non !
Moi c'est la première fois qu'il m'arrivait d'être prête à passer à l'acter... ce n'est pas chronique chez moi, bien que ma dépression mélancolique soit récurrente depuis 7 ans, c'est la première fois que je tombais si bas...
Maintenant je sais que je refuserais la sismo SAUF s'il en est une question de vie ou de mort... car apparemment les gens qui l'ont subie, même s'ils sont encore dépressifs vont tout de même mieux... Mais je crois que je vais réfléchir personnellement à la question, car finalement si c'est pour rester dépressif... est ce que la descente dans le gouffre à en être suicidaire ne peut pas t'elle pas remonter quelque peu toute seule avec le temps, et donc une hospitalisation sous surveillance médicale ne peut-t'elle pas suffire dans certains cas ???
On se moque vraiment de nous alors ! On nous dit qu'on ne perd qu'une petite partie de la mémoire et qu'elle revient et c'est faux !!! Ça me sidère qu'on puisse mentir de cette façon sur des conséquences aussi graves !
Par contre le comment ça se passait je le savais... sauf que j'imaginais que c'était moins impersonnel... mais je suppose que ça doit dépendre de l'équipe médicale là où l'on est !
Mouai mouai mouai... bah en tous cas ça me fera réfléchir par deux fois si on me la propose à nouveau un jour !
Merci de vos témoignages !
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bp.x
- Messages : 1
- Enregistré le : dimanche 09 mai 2010 21:42
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Bonjour,
Je relance ce sujet car je vais très bientôt avoir droit à ma 1ère cure d’électrochocs, au moins 6 séances en 2 semaines.
Je suis classé dépressif sévère, "anesthésié" selon mon psy, c'est-à-dire sans émotion mais aussi sans angoisse. Je suis d'un fatalisme à toute épreuve. Et surtout, ma personne ne m'intéresse pas.
Cela fait plusieurs dizaines d'années que je suis dépressif mais je ne me fais soigner que depuis un an. J'ai toujours refusé les hospitalisations en section psychiatrique, malgré les tentatives de mon psychiatre.
Aucun antidépresseur ne me faisant le moindre effet, mon psy s'est résigné à me proposer les électrochocs.
J'y vais sans aucune appréhension malgré les différents témoignages lus dans ce forum et ailleurs aussi sur le net.
Il m'arrivera ce qui devra m'arriver, soit le meilleur, soit le pire, ou bien plus probablement n'importe quelle possibilité entre les 2.
Je ne cherche pas de l'aide car ma décision est prise. Je veux juste apporter mon vécu au fur et à mesure du déroulement des "opérations".
Je pense bien sûr à tous les malades qui se posent des questions légitimes sur l'ECT (Electroconvulsivothérapie = électrochocs), mais aussi à tous leurs proches qui, comme dans mon cas, peuvent être encore plus inquiets qu'eux.
À bientôt.
Je relance ce sujet car je vais très bientôt avoir droit à ma 1ère cure d’électrochocs, au moins 6 séances en 2 semaines.
Je suis classé dépressif sévère, "anesthésié" selon mon psy, c'est-à-dire sans émotion mais aussi sans angoisse. Je suis d'un fatalisme à toute épreuve. Et surtout, ma personne ne m'intéresse pas.
Cela fait plusieurs dizaines d'années que je suis dépressif mais je ne me fais soigner que depuis un an. J'ai toujours refusé les hospitalisations en section psychiatrique, malgré les tentatives de mon psychiatre.
Aucun antidépresseur ne me faisant le moindre effet, mon psy s'est résigné à me proposer les électrochocs.
J'y vais sans aucune appréhension malgré les différents témoignages lus dans ce forum et ailleurs aussi sur le net.
Il m'arrivera ce qui devra m'arriver, soit le meilleur, soit le pire, ou bien plus probablement n'importe quelle possibilité entre les 2.
Je ne cherche pas de l'aide car ma décision est prise. Je veux juste apporter mon vécu au fur et à mesure du déroulement des "opérations".
Je pense bien sûr à tous les malades qui se posent des questions légitimes sur l'ECT (Electroconvulsivothérapie = électrochocs), mais aussi à tous leurs proches qui, comme dans mon cas, peuvent être encore plus inquiets qu'eux.
À bientôt.
- Archaos
- Fondateur/Administrateur
- Messages : 17869
- Enregistré le : mardi 06 juin 2006 21:20
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Bienvenue bp.x ,
je te remercie de bien vouloir nous apporter ton témoignage.
Je crois que tu as raison de ne pas fonder ta décision en fonction des témoignages sur le net car ceux qui en ressortent satisfaits ne prennent pas le temps en général de venir témoigner
je te remercie de bien vouloir nous apporter ton témoignage.
Je crois que tu as raison de ne pas fonder ta décision en fonction des témoignages sur le net car ceux qui en ressortent satisfaits ne prennent pas le temps en général de venir témoigner
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Cardinal
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
la page wiki sur le sujet, assez passionante je trouve (notemment avec l'historique)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sismoth%C3%A9rapie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sismoth%C3%A9rapie
- bipolaire26ans
- Messages : 240
- Enregistré le : mercredi 19 mai 2010 20:55
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
après mes 6 séances d'électrochoc dans une clinique privée ici je n'ai rien vu comme effet sur ma dépression a part quelque trou de mémoire y a t'il des personnes pour qui l'électrochoc a marché ?
bises
bises
- Astyan
- Messages : 19
- Enregistré le : mercredi 07 juillet 2010 23:14
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Non mais tu dois être dans les 20% pour qui ça ne marchent pas. Il y'a pas de traitement infaillible malheureusement.
- bipolaire26ans
- Messages : 240
- Enregistré le : mercredi 19 mai 2010 20:55
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
oui ça me désespère parfois j'ai l'impression que rien ne pourra soigner mon état j'ai beau essayer tous ce qu'on me propose
-
Cardinal
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
coucou bipolaire,
d'apres ce que je sais, la sismothérapie n'a pas d'action sur la bipolarité, peut-être que comme ta dépression et ta maniaco-dépression sont lié, cela explique l'échec de ce traitement ?
d'apres ce que je sais, la sismothérapie n'a pas d'action sur la bipolarité, peut-être que comme ta dépression et ta maniaco-dépression sont lié, cela explique l'échec de ce traitement ?
- bipolaire26ans
- Messages : 240
- Enregistré le : mercredi 19 mai 2010 20:55
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
surement le médecin m'a proposé la sismothérapie pour ma dépression car les antidépresseur n'avait aucun effet sur mon état a l'époque j'étais en constante mélancolie mais j'ai décidé d'arrêter ce traitement car j'avais des pertes de mémoire après je trouvais ça très dérangeant
- catpat
- Messages : 106
- Enregistré le : dimanche 11 juillet 2010 14:32
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Eh bien moi aussi j'en ai fait 2 séries dans une clinique privée au début des années 2000 et a part des pertes de mémoire cela ne m'a rien apporté mon psy actuel dit qu'il faut en refaire réguliérement mais je n'y crois plus surtout qu'il m'a diagnostiquée bipolaire récemment.
- krissie
- Messages : 16
- Enregistré le : lundi 09 mai 2011 22:38
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
J'ai demandé à mon psy pour faire des électrochocs, il m'a répondu qu'on ne voudrait pas me le faire. Je suis dépressive mais pas assez... 
- gerard-de-nerval
- Messages : 12
- Enregistré le : dimanche 27 février 2011 18:11
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
mésange a écrit :Bonjour à tous,....
pour moi, le plus grave, ce sont les pertes de mémoire. Ce sont des épisodes entiers de ma vie qui se sont envolés. Exemple, je pensais ne pas connaître mon petit-neveu qui vient d'avoir un an. C'est ma fille, qui m'a montré des photos ou je le tiens dans mes bras, qui m'a prouvé que je le connaissais. Et des exemples dans le genre : avoir assisté à un mariage et ne pas s'en rappeller, n'avoir absolument aucun souvenir des différentes cliniques psychiatriaques ou j'ai séjouné etc... je ne les compte plus. Pas tous les jours mais pas loin, j'ai des preuves de mes pertes de mémoire. Et par contre ça, c'est vraiment difficile à vivre, et je suis tellement fragile psychologiquement qu'à chaque fois, ça suffit à me replonger sérieusement dans la déprime. D'autant que je n'en suis pas sortie. Donc j'estime, moi personnellement, que si cette méthode a pu aider sur certains problèmes, elle en engendre d'autres..
l'idéal serait d'oublier qu'on a oublié.
- medgoround
- Messages : 4
- Enregistré le : mardi 13 septembre 2011 12:45
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Bonjour,
Je me pose des questions sur les standards actuels de pratique des ECT en France.
Cela fait plusieurs années que les machines d'ECT récentes permettent l'emission de courant de trains d’ondes pulsées ultrabrèves (<0.5ms). Plusieurs etudes on montré que l'administration d'ECT avec du courant ultrabref en unilateral (sur le côté droit) permettait de réduire significativement les effets sur la memoire avec un efficacité préservée.
Est ce que quelqu'un qui a fait une serie d'ECT recemment sait quel parametres lui ont été appliqués (bilateral vs unilateral, courant bref (entre 0.5 et 2 ms) vs ultra-bref (<0.5 ms)) ?
Je sais que ça n'est pas evident de s'interesser à cela quand on est dans un état qui justifie une serie d'ECT, mais des patients plus exigeants peuvent, dans leur interet, eventuellement faire evoluer les choses. Non ?
Merci par avance
Mgr.
Je me pose des questions sur les standards actuels de pratique des ECT en France.
Cela fait plusieurs années que les machines d'ECT récentes permettent l'emission de courant de trains d’ondes pulsées ultrabrèves (<0.5ms). Plusieurs etudes on montré que l'administration d'ECT avec du courant ultrabref en unilateral (sur le côté droit) permettait de réduire significativement les effets sur la memoire avec un efficacité préservée.
Est ce que quelqu'un qui a fait une serie d'ECT recemment sait quel parametres lui ont été appliqués (bilateral vs unilateral, courant bref (entre 0.5 et 2 ms) vs ultra-bref (<0.5 ms)) ?
Je sais que ça n'est pas evident de s'interesser à cela quand on est dans un état qui justifie une serie d'ECT, mais des patients plus exigeants peuvent, dans leur interet, eventuellement faire evoluer les choses. Non ?
Merci par avance
Mgr.
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Cardinal
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
un article sur le sujet :
"La vieille dame s'allonge. «Alors, comment vous sentez-vous depuis la dernière fois?» On ne le saura pas. L'anesthésie et le curare font déjà leur effet.
Deux électrodes lui sont appliquées sur un côté du crâne, une serviette est enfoncée dans sa bouche pour protéger ses dents. Le psychiatre presse le bouton. Le «choc» dure deux secondes. Léger spasme: son corps frémit et ses pieds s'agitent légèrement. C'est terminé. Direction la salle de réveil où émergent déjà une poignée de patients. Dans cinq ou dix minutes, elle pourra prendre un petit-déjeuner. Six à quinze séances à raison de deux ou trois par semaines sont nécessaires pour soigner une dépression. Après la cure, pas question d'arrêter totalement les séances. Le patient devra suivre un traitement dit «de maintenance», avec des séances espacées mais régulières.
Des électrochocs? Tout le monde garde à l'esprit LA scène de Vol au-dessus d'un nid de coucou. Jack Nicholson emmené pour subir un traitement-punition, attaché à une table d'opération, une balle en caoutchouc dans la bouche. Les yeux se révulsent, les convulsions obligent les infirmiers à le maintenir solidement.
Certains encore doivent se rappeler d’Antonin Artaud et de la terreur qui étreignait le poète les matins où il devait aller «au choc».
Plus de 70 ans après son invention, le traitement par électrochocs, symbole d’une psychiatrie et de techniques barbares que l’on croyait révolues, est toujours d'actualité, même il n’a plus grand-chose à voir avec ces images fantasmées.
Mais combien d'ECT sont pratiquées chaque année dans notre pays? En 1999, voilà ce que disait la Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR):
«Il est recensé 200.000 actes d'ECT par an en Grande-Bretagne, 100.000 aux États-Unis. En France, il est difficile d'avoir des données chiffrées sur la fréquence d'application de cette thérapeutique. Le nombre d'ECT serait proche de 70.000 par an.»
Depuis, plus rien. Ni la Haute autorité de Santé, ni la Caisse nationale d'assurance maladie ne sont en mesure d'évaluer cette pratique. On la retrouve tout de même au détour du rapport de l'Inspection générale des sociales paru en mai (1) qui analyse les accidents en psychiatrie. Le terme apparaît une fois et sans commentaire.
«On note que dans 29,4% des cas [de chutes], les séjours comportaient un acte de sismothérapie: le malade était transféré en hôpital général ou en clinique pour y recevoir un électrochoc sous anesthésie générale.»
Les électrochocs font en tout cas partie du quotidien du Dr de Carvalho. En une matinée, ce psychiatre, assisté d'un anesthésiste et d'infirmières, peut traiter une vingtaine de patients. Quasiment à la chaîne. Les malades défilent. Certains sont un peu intimidés, d'autres amaigris par la maladie qui les ronge.
Le but: provoquer une crise d'épilepsie
«Quand on arrête les séances, un patient sur deux rechute», admet William de Carvalho. Il faut tout recommencer. Mais pour ce défenseur convaincu des électrochocs, il s'agit du «traitement actuel le plus puissant pour traiter les dépressions graves».
Si l'on oublie souvent que les électrochocs sont encore utilisés dans nos hôpitaux, c'est peut-être parce qu'ils ont changé de nom. Comme pour gommer la barbarie du terme, on parle désormais d'électroconvulsivothérapie (ECT) ou de sismothérapie. Cette dernière appellation est «une absurdité», selon William de Carvalho, coordonnateur du Pôle ECT de la Maison de Santé de Bellevue.
«Cela renvoie à l'idée que l'efficacité du traitement est due à un séisme, à une secousse. C'est une conception passéiste. En réalité, cette technique n'a rien à voir avec le fait d'effrayer le patient pour le réveiller!»
Le but, c'est de provoquer une crise d'épilepsie. C’est en observant les abattoirs de Rome qu'un psychiatre, Ugo Cerletti, a eu l'idée en 1938 d'utiliser l'électricité pour déclencher la crise d'épilepsie. Il avait remarqué qu'avant d'égorger les porcs, les bouchers les rendaient inconscients grâce à un courant électrique qui les faisait convulser.
Que se passe-t-il quand un patient reçoit un électrochoc? «En luttant contre la crise, le corps sécrète une substance antidépressive, dit William de Carvalho. On ne sait pas exactement comment cela fonctionne. Ce qu'on sait, c'est que les électrochocs améliorent la connectivité neuronale.»
Le nom a changé, la pratique aussi. «Aujourd'hui, précise William de Carvalho, on administre une stimulation électrique quantifiable et reproductible.»
Avant les années 1960, les électrochocs se pratiquaient sans anesthésie et on ne demandait pas leur avis aux patients. «A l'époque on tâtonnait, justifie Florence de Mèredieu, auteur d'un livre sur Antonin Artaud et les électrochocs. Ça avait une dimension expérimentale.»
«Avant 1930, les psychiatres n'avaient aucun traitement efficace pour soigner les malades qui croupissaient dans des asiles d'aliénés, argumente Jean-Noël Missa, historien auteur de Naissance de la psychiatrie biologique. Dans ce contexte, les électrochocs ont été perçus comme une véritable révolution.»
Puis des médicaments efficaces apparaissent, l'antipsychiatrie a le vent en poupe et les électrochocs tombent en disgrâce. Ils manquent même de disparaître dans les années 1970. C'est l'époque des films très critiques envers une certaine psychiatrie: Vol au-dessus d'un nid de coucou, bien sûr, mais aussi Family Life de Ken Loach, dans lequel la jeune Janice décline après avoir subi des électrochocs.
Avec l'anesthésie générale, on gagne en confort. De même au début, les convulsions des patients provoquaient souvent de graves fractures. La curarisation qui paralyse les muscles empêche désormais ce genre de complication. Le taux de mortalité –estimé à 2 pour 100.000 séances d'ECT– est comparable à celui lié à une anesthésie générale pour une intervention mineure.
Le principe lui-même n'a pas vraiment changé en soixante-dix ans. La différence, outre ces évolutions, c'est que désormais, on n'utilise plus les ECT pour soigner tout et n'importe quoi. Les indications sont très précises. Les électrochocs sont prescrits pour les dépressions graves de type mélancoliques, certains cas de schizophrénie et la bipolarité lorsque le malade est dans une phase dépressive. Plus d’abus donc (2)...
Selon le Dr Carvalho, ils agissent plus rapidement –au bout de quatre à six semaines, contre huit mois pour les médicaments– et plus efficacement que les antidépresseurs. Il milite pour que le traitement par ECT ne soit pas qu'un dernier recours.
Malgré ces arguments, malgré les progrès techniques, les électrochocs provoquent toujours un certain effroi. «J'ai vu une dame pleurer de peur», raconte Catherine, patiente bipolaire «en maintenance». «J’ai tout de suite été contre, se souvient Annie, 67 ans, elle aussi sous ECT d'entretien. Quand j'ai dit à mon analyste qu'on m'avait proposé des électrochocs, elle a hurlé. Je me suis rangée à son avis. Pour moi, c’était Vol au-dessus d’un nid de coucou. Je me suis dit: on va me décérébrer, me vider de ma substance.» Elle se laisse finalement convaincre: «Les médecins m'ont expliqué qu'il n'y avait pas de saignements dans le cerveau, que les électrochocs ne détruisaient pas les neurones. Et même qu'ils renforcent les connexions.»
Aujourd'hui, celle qui s'«en faisait un monde», a cessé de résister. Annie admet que cela va beaucoup mieux. Quant à Catherine, malade depuis l'adolescence et insensible aux antidépresseurs, elle regrette qu'on ne lui ait pas proposé les électrochocs plus tôt. «Je suis tellement contente, alors que j'étais défaitiste au départ. J'étais dans une phase suicidaire, au bout de quatre semaines de clinique, j'ai repris les rênes. Je n'ai pas arrêté les médicaments et j'ai l'impression que c'est le combiné des deux qui a fonctionné.» Sa maladie revenant par cycle, elle sait bien que la partie n'est pas gagnée. Elle est désormais convaincue d'une chose: «Il faut réhabiliter les ECT.»
Zones d’ombre et black-out
Pourtant, la méthode est toujours controversée. Principal effet secondaire qui cristallise les critiques, les atteintes à la mémoire.
«Antonin Artaud n'a pas arrêté de dire qu'il avait perdu des pans entiers de sa mémoire à cause de la répétition des électrochocs», assure Florence de Mèredieu. «Les effets sur la mémoire sont difficiles à mesurer. Une crise d'épilepsie laisse des troubles. Alors douze... souligne Bernard Odier, psychiatre membre de l'Association de Santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris. On se demande même si les pertes de mémoire n'ont pas un rôle dans l'efficacité des ECT. A la manière d'une ardoise magique!» «Les effets sur la mémoire sont très violents dans les périodes d’ECT intenses, confirme Catherine. Vous ne vous souvenez de rien. Vous pouvez même ne pas vous souvenir d'avoir subi des ECT.» Mais selon le Dr William de Carvalho, «la gêne cesse dès lors qu’on arrête les électrochocs. Quinze jours après, c’est terminé.»
Ce que réfutent de nombreux patients. Certains affirment avoir d'énormes black-out, comme Judith, soignée pour une dépression majeure. Elle raconte: «Mon état s'est amélioré, mais depuis, je suis victime d'amnésie totale concernant plusieurs mois de ma vie (période des ECT)... Je n'ai pas souvenir de mon état, des personnes que j'ai connues alors ni de ce que j'ai pu faire.» Mais difficile de faire la part des choses entre les effets des électrochocs et ceux de la maladie.
Même si dans le milieu psychiatrique son efficacité est désormais admise, certains restent réticents face à cette thérapeutique. «La mémoire, c'est le fondement de l'être humain, de la vie, explique Jocelyne Méchali, psychiatre à la Fondation Bon Sauveur à Albi, qui reconnaît une aversion tout à fait subjective pour les électrochocs.» Selon elle, la supériorité des ECT sur les médicaments n'est pas prouvée. «On pratique toujours des ECT sur des patients qui prennent déjà des antidépresseurs, donc on ne peut pas évaluer leur efficacité réelle. Et puis, dans l'histoire de la psychiatrie, on a vu faire tellement de choses barbares avec des arguments qui paraissaient valables...»
«C'est le meilleur traitement anti-suicide!», fait valoir pour sa part William de Carvalho, qui regrette qu'en raison de ces réticences idéologiques notamment, certains secteurs hospitaliers ne soient toujours pas équipés en ECT. Pour lui, finalement, les pertes de mémoire sont un moindre mal, quand on est face à quelqu'un qui est à deux doigts de se suicider.
«Il ne faut pas oublier que les maladies mentales tuent, souligne Bernard Odier. En 1935, avant les ECT, 35% des malades qui rentraient en hôpital psychiatrique mouraient dans l'année. Aujourd'hui, cette proportion est infime.» En 2009, 421.245 personnes ont été hospitalisées selon le rapport de l'Igas, qui indique par ailleurs que 215 patients sont morts cette année-là dans un service de santé mentale. Bernard Odier nuance: «La psychiatrie est quelque chose de très complexe. Imaginez qu'il a été plus simple de connaître le fonctionnement d'un cœur que celui du cerveau. Nous en sommes au stade où la position raisonnable, c'est l'impossibilité de trancher.»
Un tel traitement ne peut de toute façon pas laisser indifférent. Pour Bernard Odier, «il y a un lien profond entre la mélancolie –cette pathologie dans laquelle on retourne son agressivité contre soi– et le fait que pour traiter cette monstruosité on utilise un traitement qui fait peur». Comme une sorte «d'équilibre des périls...»
Aurore Lartigue
(1) Analyse d’accidents en psychiatrie et propositions pour les éviter, Françoise Lalande et Carole Lepine, Inspection générale des affaires sociales, mai 2011.
(2) En France du moins car en 2009, en Chine, le ministère de la Santé a dû intervenir pour interdire l'usage des électrochocs pour traiter les accros du net! "
http://www.slate.fr/story/43789/electro ... sychiatrie
"La vieille dame s'allonge. «Alors, comment vous sentez-vous depuis la dernière fois?» On ne le saura pas. L'anesthésie et le curare font déjà leur effet.
Deux électrodes lui sont appliquées sur un côté du crâne, une serviette est enfoncée dans sa bouche pour protéger ses dents. Le psychiatre presse le bouton. Le «choc» dure deux secondes. Léger spasme: son corps frémit et ses pieds s'agitent légèrement. C'est terminé. Direction la salle de réveil où émergent déjà une poignée de patients. Dans cinq ou dix minutes, elle pourra prendre un petit-déjeuner. Six à quinze séances à raison de deux ou trois par semaines sont nécessaires pour soigner une dépression. Après la cure, pas question d'arrêter totalement les séances. Le patient devra suivre un traitement dit «de maintenance», avec des séances espacées mais régulières.
Des électrochocs? Tout le monde garde à l'esprit LA scène de Vol au-dessus d'un nid de coucou. Jack Nicholson emmené pour subir un traitement-punition, attaché à une table d'opération, une balle en caoutchouc dans la bouche. Les yeux se révulsent, les convulsions obligent les infirmiers à le maintenir solidement.
Certains encore doivent se rappeler d’Antonin Artaud et de la terreur qui étreignait le poète les matins où il devait aller «au choc».
Plus de 70 ans après son invention, le traitement par électrochocs, symbole d’une psychiatrie et de techniques barbares que l’on croyait révolues, est toujours d'actualité, même il n’a plus grand-chose à voir avec ces images fantasmées.
Mais combien d'ECT sont pratiquées chaque année dans notre pays? En 1999, voilà ce que disait la Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR):
«Il est recensé 200.000 actes d'ECT par an en Grande-Bretagne, 100.000 aux États-Unis. En France, il est difficile d'avoir des données chiffrées sur la fréquence d'application de cette thérapeutique. Le nombre d'ECT serait proche de 70.000 par an.»
Depuis, plus rien. Ni la Haute autorité de Santé, ni la Caisse nationale d'assurance maladie ne sont en mesure d'évaluer cette pratique. On la retrouve tout de même au détour du rapport de l'Inspection générale des sociales paru en mai (1) qui analyse les accidents en psychiatrie. Le terme apparaît une fois et sans commentaire.
«On note que dans 29,4% des cas [de chutes], les séjours comportaient un acte de sismothérapie: le malade était transféré en hôpital général ou en clinique pour y recevoir un électrochoc sous anesthésie générale.»
Les électrochocs font en tout cas partie du quotidien du Dr de Carvalho. En une matinée, ce psychiatre, assisté d'un anesthésiste et d'infirmières, peut traiter une vingtaine de patients. Quasiment à la chaîne. Les malades défilent. Certains sont un peu intimidés, d'autres amaigris par la maladie qui les ronge.
Le but: provoquer une crise d'épilepsie
«Quand on arrête les séances, un patient sur deux rechute», admet William de Carvalho. Il faut tout recommencer. Mais pour ce défenseur convaincu des électrochocs, il s'agit du «traitement actuel le plus puissant pour traiter les dépressions graves».
Si l'on oublie souvent que les électrochocs sont encore utilisés dans nos hôpitaux, c'est peut-être parce qu'ils ont changé de nom. Comme pour gommer la barbarie du terme, on parle désormais d'électroconvulsivothérapie (ECT) ou de sismothérapie. Cette dernière appellation est «une absurdité», selon William de Carvalho, coordonnateur du Pôle ECT de la Maison de Santé de Bellevue.
«Cela renvoie à l'idée que l'efficacité du traitement est due à un séisme, à une secousse. C'est une conception passéiste. En réalité, cette technique n'a rien à voir avec le fait d'effrayer le patient pour le réveiller!»
Le but, c'est de provoquer une crise d'épilepsie. C’est en observant les abattoirs de Rome qu'un psychiatre, Ugo Cerletti, a eu l'idée en 1938 d'utiliser l'électricité pour déclencher la crise d'épilepsie. Il avait remarqué qu'avant d'égorger les porcs, les bouchers les rendaient inconscients grâce à un courant électrique qui les faisait convulser.
Que se passe-t-il quand un patient reçoit un électrochoc? «En luttant contre la crise, le corps sécrète une substance antidépressive, dit William de Carvalho. On ne sait pas exactement comment cela fonctionne. Ce qu'on sait, c'est que les électrochocs améliorent la connectivité neuronale.»
Le nom a changé, la pratique aussi. «Aujourd'hui, précise William de Carvalho, on administre une stimulation électrique quantifiable et reproductible.»
Avant les années 1960, les électrochocs se pratiquaient sans anesthésie et on ne demandait pas leur avis aux patients. «A l'époque on tâtonnait, justifie Florence de Mèredieu, auteur d'un livre sur Antonin Artaud et les électrochocs. Ça avait une dimension expérimentale.»
«Avant 1930, les psychiatres n'avaient aucun traitement efficace pour soigner les malades qui croupissaient dans des asiles d'aliénés, argumente Jean-Noël Missa, historien auteur de Naissance de la psychiatrie biologique. Dans ce contexte, les électrochocs ont été perçus comme une véritable révolution.»
Puis des médicaments efficaces apparaissent, l'antipsychiatrie a le vent en poupe et les électrochocs tombent en disgrâce. Ils manquent même de disparaître dans les années 1970. C'est l'époque des films très critiques envers une certaine psychiatrie: Vol au-dessus d'un nid de coucou, bien sûr, mais aussi Family Life de Ken Loach, dans lequel la jeune Janice décline après avoir subi des électrochocs.
Avec l'anesthésie générale, on gagne en confort. De même au début, les convulsions des patients provoquaient souvent de graves fractures. La curarisation qui paralyse les muscles empêche désormais ce genre de complication. Le taux de mortalité –estimé à 2 pour 100.000 séances d'ECT– est comparable à celui lié à une anesthésie générale pour une intervention mineure.
Le principe lui-même n'a pas vraiment changé en soixante-dix ans. La différence, outre ces évolutions, c'est que désormais, on n'utilise plus les ECT pour soigner tout et n'importe quoi. Les indications sont très précises. Les électrochocs sont prescrits pour les dépressions graves de type mélancoliques, certains cas de schizophrénie et la bipolarité lorsque le malade est dans une phase dépressive. Plus d’abus donc (2)...
Selon le Dr Carvalho, ils agissent plus rapidement –au bout de quatre à six semaines, contre huit mois pour les médicaments– et plus efficacement que les antidépresseurs. Il milite pour que le traitement par ECT ne soit pas qu'un dernier recours.
Malgré ces arguments, malgré les progrès techniques, les électrochocs provoquent toujours un certain effroi. «J'ai vu une dame pleurer de peur», raconte Catherine, patiente bipolaire «en maintenance». «J’ai tout de suite été contre, se souvient Annie, 67 ans, elle aussi sous ECT d'entretien. Quand j'ai dit à mon analyste qu'on m'avait proposé des électrochocs, elle a hurlé. Je me suis rangée à son avis. Pour moi, c’était Vol au-dessus d’un nid de coucou. Je me suis dit: on va me décérébrer, me vider de ma substance.» Elle se laisse finalement convaincre: «Les médecins m'ont expliqué qu'il n'y avait pas de saignements dans le cerveau, que les électrochocs ne détruisaient pas les neurones. Et même qu'ils renforcent les connexions.»
Aujourd'hui, celle qui s'«en faisait un monde», a cessé de résister. Annie admet que cela va beaucoup mieux. Quant à Catherine, malade depuis l'adolescence et insensible aux antidépresseurs, elle regrette qu'on ne lui ait pas proposé les électrochocs plus tôt. «Je suis tellement contente, alors que j'étais défaitiste au départ. J'étais dans une phase suicidaire, au bout de quatre semaines de clinique, j'ai repris les rênes. Je n'ai pas arrêté les médicaments et j'ai l'impression que c'est le combiné des deux qui a fonctionné.» Sa maladie revenant par cycle, elle sait bien que la partie n'est pas gagnée. Elle est désormais convaincue d'une chose: «Il faut réhabiliter les ECT.»
Zones d’ombre et black-out
Pourtant, la méthode est toujours controversée. Principal effet secondaire qui cristallise les critiques, les atteintes à la mémoire.
«Antonin Artaud n'a pas arrêté de dire qu'il avait perdu des pans entiers de sa mémoire à cause de la répétition des électrochocs», assure Florence de Mèredieu. «Les effets sur la mémoire sont difficiles à mesurer. Une crise d'épilepsie laisse des troubles. Alors douze... souligne Bernard Odier, psychiatre membre de l'Association de Santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris. On se demande même si les pertes de mémoire n'ont pas un rôle dans l'efficacité des ECT. A la manière d'une ardoise magique!» «Les effets sur la mémoire sont très violents dans les périodes d’ECT intenses, confirme Catherine. Vous ne vous souvenez de rien. Vous pouvez même ne pas vous souvenir d'avoir subi des ECT.» Mais selon le Dr William de Carvalho, «la gêne cesse dès lors qu’on arrête les électrochocs. Quinze jours après, c’est terminé.»
Ce que réfutent de nombreux patients. Certains affirment avoir d'énormes black-out, comme Judith, soignée pour une dépression majeure. Elle raconte: «Mon état s'est amélioré, mais depuis, je suis victime d'amnésie totale concernant plusieurs mois de ma vie (période des ECT)... Je n'ai pas souvenir de mon état, des personnes que j'ai connues alors ni de ce que j'ai pu faire.» Mais difficile de faire la part des choses entre les effets des électrochocs et ceux de la maladie.
Même si dans le milieu psychiatrique son efficacité est désormais admise, certains restent réticents face à cette thérapeutique. «La mémoire, c'est le fondement de l'être humain, de la vie, explique Jocelyne Méchali, psychiatre à la Fondation Bon Sauveur à Albi, qui reconnaît une aversion tout à fait subjective pour les électrochocs.» Selon elle, la supériorité des ECT sur les médicaments n'est pas prouvée. «On pratique toujours des ECT sur des patients qui prennent déjà des antidépresseurs, donc on ne peut pas évaluer leur efficacité réelle. Et puis, dans l'histoire de la psychiatrie, on a vu faire tellement de choses barbares avec des arguments qui paraissaient valables...»
«C'est le meilleur traitement anti-suicide!», fait valoir pour sa part William de Carvalho, qui regrette qu'en raison de ces réticences idéologiques notamment, certains secteurs hospitaliers ne soient toujours pas équipés en ECT. Pour lui, finalement, les pertes de mémoire sont un moindre mal, quand on est face à quelqu'un qui est à deux doigts de se suicider.
«Il ne faut pas oublier que les maladies mentales tuent, souligne Bernard Odier. En 1935, avant les ECT, 35% des malades qui rentraient en hôpital psychiatrique mouraient dans l'année. Aujourd'hui, cette proportion est infime.» En 2009, 421.245 personnes ont été hospitalisées selon le rapport de l'Igas, qui indique par ailleurs que 215 patients sont morts cette année-là dans un service de santé mentale. Bernard Odier nuance: «La psychiatrie est quelque chose de très complexe. Imaginez qu'il a été plus simple de connaître le fonctionnement d'un cœur que celui du cerveau. Nous en sommes au stade où la position raisonnable, c'est l'impossibilité de trancher.»
Un tel traitement ne peut de toute façon pas laisser indifférent. Pour Bernard Odier, «il y a un lien profond entre la mélancolie –cette pathologie dans laquelle on retourne son agressivité contre soi– et le fait que pour traiter cette monstruosité on utilise un traitement qui fait peur». Comme une sorte «d'équilibre des périls...»
Aurore Lartigue
(1) Analyse d’accidents en psychiatrie et propositions pour les éviter, Françoise Lalande et Carole Lepine, Inspection générale des affaires sociales, mai 2011.
(2) En France du moins car en 2009, en Chine, le ministère de la Santé a dû intervenir pour interdire l'usage des électrochocs pour traiter les accros du net! "
http://www.slate.fr/story/43789/electro ... sychiatrie
- medgoround
- Messages : 4
- Enregistré le : mardi 13 septembre 2011 12:45
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Merci pour cet article interessant.
Une des personne interrogées dans l'article, le Dr Odier, affirme que ce sont les crise d'epilepsies qui sont à l'origine des troubles de la mémoire.
Je croyais pour ma part que c'etait l'electricité utilisée pour provoquer la crise convulsive qui provoquait ces troubles, d'où les recherches effectuées ces dernières années pour limiter au maximum l'electricité employée et pour appliquer celle ci de manière la plus focale possible.
Une des personne interrogées dans l'article, le Dr Odier, affirme que ce sont les crise d'epilepsies qui sont à l'origine des troubles de la mémoire.
Je croyais pour ma part que c'etait l'electricité utilisée pour provoquer la crise convulsive qui provoquait ces troubles, d'où les recherches effectuées ces dernières années pour limiter au maximum l'electricité employée et pour appliquer celle ci de manière la plus focale possible.
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Philosss
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
bipolaire26ans a écrit :après mes 6 séances d'électrochoc dans une clinique privée ici je n'ai rien vu comme effet sur ma dépression a part quelque trou de mémoire y a t'il des personnes pour qui l'électrochoc a marché ?
bises
Oui
J'en ai tiré des bénéfices
oui cela affecte la mémoire
Aucune idée si ça fonctionne pour la bi-polarité mais pour l'état dépressif c'est incontestablement un traitement à envisager et mon hypothèse est que c'est peu proposé aux patients pour 2 raisons:
1- les préjugés
2- coûts élevés assumés par l'état (ici au québec)
2.1 - considérant les couts élevés, les médecins passent au travers l'inventaire de la médication avant de proposer les électrochocs pour les dépressions résistantes à la chimie
Il y a d'autres avenues aussi moins invasives que les électrochocs comme le tms le tmsr sans compter les nouveaux traitements développés par les chercheurs en neuromodulation, et puis l'Implant du stimulateur du nerf vagal et puis....
- gogose
- Messages : 3
- Enregistré le : jeudi 29 décembre 2011 7:05
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
nanou a écrit :merci Archaos...
je reste sur ma position...ça me fait trop peur...j'ai peur de perdre mon passé complètement...déjà qu'il m'en manque de sérieux morceaux...
mais finalement on vit peut-être mieux sans passé...qu'en pensez-vous???
si vous pouviez tt oublier...est ce que ça vous irez mieux???
en réponse à tout ce que je viens de lire, il est normal qu'une telle thérapie donne des angoisses, je n'en suis pas encore à ce stade de traitement mais il est vrai que parfois le passé s'il était oublié , la maladie serait moins présente car être bipolaire vient d'un mal être des circonstances d'un mauvais vécu et de gros chocs émotionnelles. Actuellement je suis sous lithium et traitement homéopathique parfois atarax s'ajoute quand mes angoisses sont graves au point d'un envie d'isolement et de mal de vivre. Ce forum est trés interressant et me donne à peser le pour et le contre dans le cas ou l'on me proposerais la sismothérapie, moi qui est eu tant et tant de prescription médicamenteuse pour réguler mes humeurs de plus en plus instable.
- evaland42
- Messages : 4
- Enregistré le : mardi 31 janvier 2012 9:47
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
comme certains d'entre vous, j'ai perdu la mémoire en tout les cas pleins de souvenir. On me parle de vacances, je m'en souviens pas. Je n'ai pas eu de sismo, mais j'ai vu des gens aller mieux avec. C'est un truc qui me fait peur, mais si c'est la dernière chose à faire, je n'hésiterai pas trop longtemps. Pour la perte des souvenirs, certains traitement en sont la cause, et c'est une horreur d'essayer de se remémorer des instants qui ont du être agréable. J'ai 40 ans, et j'ai l'impression d'avoir des grands trous dans ma vie car je les ai tout simplement oubliés. Et ils sont définitivement perdus 
-
Philosss
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Je te comprends totalement.
On en reste pantois tellement le rappel d'évènements sérieux avec preuves circonscrites dont on ne garde aucun souvenir nous déstabilise. Comme si un pan de notre vie n'existait pas pour nous même malgré les preuves.
Dernièrement, j'ai appris et vu et lu avoir été en suivi avec un spécialiste réputé....et je n'en garde aucun souvenir.
J'observe mes enfants et il m'arrive d'être étonnée de constater qu ils sont si...presqu'adultes quand dans les faits, d'instinct et de souvenir, je suis bloquée au stade de l'histoire avant le dodo, bercer pour endormir et apaiser les réveils nocturnes en frottant le dos. C'est à pleurer et....affolant en fait de ressentir qu'on a perdu des bouts.
Ce qui est déstabilisant aussi c'est l'effet pervers insidieux nous laissant l'impression qu'on ne peut pas se fier à nous même entendu que notre mémoire est affectée. Cela affecte notre confiance en soi et du coup affecte aussi nos comportements, nos paroles, nos interactions avec les autres et par effet miroir, les autres ne peuvent plus se fier à nous.
Mais pour revenir au sujet de la sismothérapie, ce n est pas elle qui est la cause des plus gros dégâts sur la mémoire autant que la dépression elle-même.
J'ai fait des traitements de sismothérapie et si je n'étais pas dans l'obligation d'affronter des situations légales exigeant de moi une totale présence d'esprit (à tout le moins ce qui reste) considérant mon état actuel (rechute) je n'hésiterais pas une seconde à reprendre les traitements de sismothérapie.
Franchement, c'est de loin ce qui m'a fait le plus de bien pour remonter à la surface. Dommage que ce traitement ait si mauvaise presse.
Comment vis tu toi avec cette impression d'être passé à côté de ta propre vie, qu'il t'en manque des bouts?
ps: désolée Archaos d'avoir ajouté la citation mais je tenais à préciser que ma réponse était spécifiquement pour evalande.
On en reste pantois tellement le rappel d'évènements sérieux avec preuves circonscrites dont on ne garde aucun souvenir nous déstabilise. Comme si un pan de notre vie n'existait pas pour nous même malgré les preuves.
Dernièrement, j'ai appris et vu et lu avoir été en suivi avec un spécialiste réputé....et je n'en garde aucun souvenir.
J'observe mes enfants et il m'arrive d'être étonnée de constater qu ils sont si...presqu'adultes quand dans les faits, d'instinct et de souvenir, je suis bloquée au stade de l'histoire avant le dodo, bercer pour endormir et apaiser les réveils nocturnes en frottant le dos. C'est à pleurer et....affolant en fait de ressentir qu'on a perdu des bouts.
Ce qui est déstabilisant aussi c'est l'effet pervers insidieux nous laissant l'impression qu'on ne peut pas se fier à nous même entendu que notre mémoire est affectée. Cela affecte notre confiance en soi et du coup affecte aussi nos comportements, nos paroles, nos interactions avec les autres et par effet miroir, les autres ne peuvent plus se fier à nous.
Mais pour revenir au sujet de la sismothérapie, ce n est pas elle qui est la cause des plus gros dégâts sur la mémoire autant que la dépression elle-même.
J'ai fait des traitements de sismothérapie et si je n'étais pas dans l'obligation d'affronter des situations légales exigeant de moi une totale présence d'esprit (à tout le moins ce qui reste) considérant mon état actuel (rechute) je n'hésiterais pas une seconde à reprendre les traitements de sismothérapie.
Franchement, c'est de loin ce qui m'a fait le plus de bien pour remonter à la surface. Dommage que ce traitement ait si mauvaise presse.
Comment vis tu toi avec cette impression d'être passé à côté de ta propre vie, qu'il t'en manque des bouts?
ps: désolée Archaos d'avoir ajouté la citation mais je tenais à préciser que ma réponse était spécifiquement pour evalande.
- bipomaman
- Messages : 2
- Enregistré le : mardi 10 avril 2012 14:54
Sismothérapie/électrochoc/électronarcose/électroconvulsivothérapie (ECT)
Bonjour,
Je suis en attemte pour des traitements ECT à la fin du mois. Je suis en dépression bipolaire depuis plusieurs mois et je résiste aux anti-dépresseurs, MAOI ... J'ai déjà eu de la sismo il y a 10 ans mais j'ai peu de souvenirs de ces 7 sessions. J'aimerais connaître votre expérience. Aussi j'aimerais savoir s'il y a des personne qui ont de la sismo d'entretien une fois par mois et comment est la vie professionnelle avec les ECT.
Merci
Je suis en attemte pour des traitements ECT à la fin du mois. Je suis en dépression bipolaire depuis plusieurs mois et je résiste aux anti-dépresseurs, MAOI ... J'ai déjà eu de la sismo il y a 10 ans mais j'ai peu de souvenirs de ces 7 sessions. J'aimerais connaître votre expérience. Aussi j'aimerais savoir s'il y a des personne qui ont de la sismo d'entretien une fois par mois et comment est la vie professionnelle avec les ECT.
Merci
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