Sur les conseils de quelqu'un qui se reconnaîtra, je voudrais vous parler et revenir ce soir sur l'intervention que j'ai vécu vendredi dernier : une endoscopie.
J'ai besoin d'y revenir car je l'ai très mal vécue. Je ne sais pas pourquoi.
J'y suis allée sans aucune appréhension, on m'avait promis qu'il n'y aurait aucune aiguille donc j'étais super relaxe.
Je suis arrivée à la clinique, je suis passée à l'accueil, puis en salle d'attente, puis je me suis déshabillée, j'ai enfilé leur satané robe de chirurgie, j'ai enlevé tous mes bijoux etc...
Jusque là, tout se passait bien, j'avais le sourire, tout le monde était sympa. On m'a ensuite conduite au bloc. Déjà, ça fait super bizarre : vous êtes sur un fauteuil roulant, très bien réveillée et vous passez les portes du bloc, tout le monde se pousse pour laisser passer l'infirmière qui pousse votre fauteuil et ils vous regardent tous passer. Vous traversez comme ça le couloir en pensant "mais je devrais pas être là, hou hou, je suis toujours réveillée ! C'est vraiment par là qu'il faut aller ?" Mais je dis rien, je me laisse faire.
L'infirmière m'installe dans le bloc, il y a plein d'instruments bizarre, je connais pas, il fait super froid. Puis elle me laisse là toute seule dans la salle. Je suis gelée, mais je dis toujours rien, j'observe. En plus, pour le moment, je suis intriguée, mais toujours plutôt détendue (pas relaxe, mais presque).
Le toubib est à la bourre, on me fait donc patienter, et je me gèle toujours sans rien dire ...
Puis le toubib arrive, et là, tout bascule. Il me fait ses blagues à deux francs dont j'ai pris l'habitude, me sors un tuyau énorme et me dit qu'il va m'enfoncer ça dans le bid !
Là, j'ai pas le temps de comprendre ce qu'il va se passer qu'on m'enfonce un bout de plastique entre les dent et on me dit "serrez fort". Le temps que je fasse ça, le toubib m'a enfoncé la moitié du tube dans la bouche, il est dans mon oesophage, je le sens qui s'enfonce et je veux qu'il sorte, je veux qu'il s'en aille, je ne supporte pas ce corps étranger en moi, mais il s'enfonce encore plus profondément... Mon corps le rejette, je vomis et vomis encore, je vais suffoquer, mais non, en fait, je respire très bien, mais je pleure, j'ai envie de crier mais je ne peux pas et il s'enfonce encore, je le sens dans mon estomac. Je vomis encore. Mon corps continu de rejeter ce corps étranger.
Pendant ce temps j'entends l'infirmière dire "hannnn !!!" et le médecin répondre "ou lala ! On va prendre des clichés, on a une énorme hernie hiatale, celle ci est costaud ! Vous ne faites pas les choses à moitié mademoiselle !"
Et moi je pense "Enlève moi ce truc de là que je puisse m'enfuir, au secours ! Quelqu'un ? Sortez moi de là ! Dépêchez vous !"
Puis j'entends les mots magiques "voilà, on a terminer, je vais vous retirer la caméra." Et moi je pense "Vite dépêche toi, je vais craquer !" Mon sentiment d'impuissance est énorme à ce moment là !
Tout le long de l'intervention, j'avais une infirmière qui me tenait par derrière, une autre qui me tenait les jambes (je me suis sans doute débattue) et le médecin qui me tenait la tête et ce machin en plastique enfoncé entre mes dents...
J'ai vécu cela, je l'ai compris récemment, j'ai assimilé cela à un viol. Oui, c'est un peu fort, mais j'ai ressenti cela de la même manière...
Je ne sais pas si quelqu'un pourras comprendre ce que j'ai vécu sur cette table d'opération. Mais cela m'a fait du bien de vous décrire cela. Exactement comme cela fait du bien de parler d'un viol... Décidément, la thérapie à l'air d'être identique ...
Ce que j'appréhende le plus, c'est l'opération suivante, qui se passe de la même façon mais sous anesthésie (s'ils arrivent à me piquer ...)
Décidément, je ne suis pas copine avec le corps médical...

Merci de m'avoir lue jusqu'au bout.