Merci à toi Nathalie de m'avoir fait découvrir tant de chansons de Barbara que je ne connaissais pas.

Regarde
Regarde,
Quelque chose a changé,
L'air semble plus léger,
C'est indéfinissable,
Regarde,
Sous ce ciel déchiré,
Tout s'est ensoleillé,
C'est indéfinissable,
Un homme,
Une rose à la main,
A ouvert le chemin,
Vers un autre demain,
Les enfants,
Soleil au fond des yeux,
Le suivent deux par deux,
Le cœur en amoureux,
Regarde,
C'est fanfare et musique,
Tintamarre et magique,
Féerie féerique,
Regarde,
Moins chagrins, moins voûtés,
Tous, ils semblent danser,
Leur vie recommencée,
Regarde,
On pourrait encore y croire,
Il suffit de le vouloir,
Avant qu'il ne soit trop tard,
Regarde,
On en a tellement rêvé,
Que, sur les mur bétonnés,
Poussent des fleurs de papier,
Et l'homme,
Une rose à la main,
Etoile à son destin,
Continue son chemin,
Seul,
Il est devenu des milliers,
Qui marchent, émerveillés,
Dans la lumière éclatée,
Regarde,
On a envie de se parler,
De s'aimer, de se toucher,
Et de tout recommencer,
Regarde,
Plantée dans la grisaille,
Par-delà les murailles,
C'est la fête retrouvée,
Ce soir,
Quelque chose a changé,
L'air semble plus léger,
C'est indéfinissable,
Regarde,
Au ciel de notre histoire,
Une rose, à nos mémoires,
Dessine le mot ESPOIR [/color]

Les insomnies
A voir tant de gens qui dorment et s'endorment à la nuit,
Je finirai, c'est fatal, par pouvoir m'endormir aussi,
A voir tant d'yeux qui se ferment, couchés dans leur lit,
Je finirai par comprendre qu'il faut que je m'endorme aussi,
J'en ai connu de grands, des beaux, des bien bâtis, des gentils,
Qui venaient pour me bercer et combattre mes insomnies,
Mais au matin, je les retrouvais, endormis dans mon lit,
Pendant que je veillais seule, en combattant mes insomnies,
A force de compter les moutons qui sautent dans mon lit,
J'ai un immense troupeau qui se promène dans mes nuits,
Qu'ils aillent brouter ailleurs, par exemple, dans vos prairies,
Labourage et pâturage ne sont pas mes travaux de nuit,
Sans compter les absents qui me reviennent dans mes nuits,
J'ai quelquefois des vivants qui me donnent des insomnies,
Et je gravis mon calvaire, sur les escaliers de la nuit,
J'ai déjà connu l'enfer, connaitrais-je le paradis?
Le paradis, ce serait, pour moi, de m'endormir la nuit,
Mais je rêve que je rêve qu'on a tué mes insomnies,
Et que pâles, en robe blanche, on les a couchées dans un lit,
A tant rêver que j'en rêve, les voilà mes insomnies,
Je rode comme les chats, je glisse comme les souris,
Et Dieu, lui-même, ne sait pas ce que je peux faire de mes nuits,
Mourir ou s'endormir, ce n'est pas du tout la même chose,
Pourtant c'st pareillement se coucher les paupières closes
Une longue nuit, où je les avais tous deux confondus,
Peu s'en fallut, au matin, que je ne me réveille plus,
Mais au ciel de mon lit, y avait les pompiers de Paris,
Au pied de mon lit, les adjudants de la gendarmerie,
O Messieurs dites-moi, ce que vous faites là, je vous prie,
Madame, nous sommes là pour veiller sur vos insomnies,
En un cortège chagrin, viennent mes parents, mes amis,
Gravement, au nom du Père du Fils et puis du Saint-Esprit,
Si après l'heure, c'est plus l'heure, avant, ce ne l'est pas non plus,
Ce n'est pas l'heure en tout cas, mais grand merci d'être venus,
Je les vois déjà rire de leurs fines plaisanteries,
Ceux qui prétendent connaitre un remède à mes insomnies
Un médecin pour mes nuits, j'y avais pensé moi aussi,
C'est contre lui que je couche mes plus belles insomnies,
A voir tant de gens qui dorment et s'endorment à la nuit,
J'aurais fini, c'est fatal, par pouvoir m'endormir aussi,
Mais, si s'endormir c'est mourir, ah laissez-moi mes insomnies,
J'aime mieux vivre en enfer que dormir en paradis,
Si s'endormir c'est mourir, ah laissez-moi mes insomnies,
J'aime mieux vivre en enfer que mourir en paradis

Le mal de vivre
Ça ne prévient pas quand ça arrive,
Ça vient de loin,
Ça c'est promené de rive en rive,
La gueule en coin,
Et puis un matin au réveil,
C'est presque rien,
Mais c'est là, ca vous ensommeille,
Au creux des reins
Le mal de vivre,
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre,
On peut le mettre en bandoulière,
Ou comme un bijou à la main,
Comme une fleur en boutonnière,
Ou juste à la pointe du sein,
C'est pas forcément la misère,
C'est pas Valmi, c'est pas Verdun,
Mais c'est des larmes aux paupières,
Au jour qui meurt, au jour qui vient,
Le mal de vivre,
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre,
Qu'on soit de Rome ou d'Amérique,
Qu'on soit de Londres ou de Pékin,
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique,
Ou de la porte Saint Martin,
On fait tous la même prière,
On fait tous le même chemin,
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire,
Avec son mal au creux des reins
Ils on beau vouloir nous comprendre,
Ceux qui nous viennent les mains nues,
Nous ne voulons plus les entendre,
On ne peut pas, on n'en peut plus,
Et tous seuls dans le silence,
D'une nuit qui n'en finit plus,
Voilà que soudain on y pense,
A ceux qui n'en sont pas revenus,
Du mal de vivre,
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre,
Et sans prévenir, ca arrive,
Ça vient de loin,
Ça c'est promené de rive en rive,
Le rire en coin,
Et puis un matin, au réveil,
C'est presque rien,
Mais c'est là, ça vous émerveille,
Au creux des reins,
La joie de vivre,
La joie de vivre,
Oh, viens la vivre,
Ta joie de vivre...